La Bataille de l’Èbre

La Bataille de l’Èbre est le combat le plus intense, de toute la guerre civile, entre les troupes républicaines et nationales. L’affrontement, qui commence le 25 juillet 1938, cause la perte de milliers d’hommes et va décider de l’issue du conflit en faveur des troupes rebelles.

L’offensive d’Aragon entreprise par les troupes du général Francisco Franco en mars et avril 1938, a placé les troupes nationales à droite du Sègre, au nord de la Noguera Pallaresa et au sud de l’Èbre. Du 22 au 31 mai, le camp républicain a mené, infructueusement, une contre-offensive afin d’alléger la pression du secteur national sur le Pays valencien et de reprendre les bassins et les centrales électriques des Pyrénées.

L’affrontement commence le 25 juillet 1938 à minuit et quart, quand l’armée républicaine traverse l’Èbre à différents endroits, entre Mequinensa et Amposta. L’attaque surprend l’armée franquiste, qui est contrainte de se replier. Ce même 25 juillet, Franco ordonne l’ouverture des écluses de plusieurs bassins, provoquant une crue immense qui va entraver pendant trois jours le passage de l’Èbre par les forces républicaines.

Bien que celles-ci disposent de trois brigades internationales, elles ne parviennent pas à prendre Gandesa. Pour cette bataille cruciale, Franco fait appel à un puissant dispositif d’artillerie, aviation et troupes afin d’anéantir l’armée républicaine sur l’Èbre. Les grands combats sont localisés dans les sierras de Pàndols et de Cavalls, à la Fatarella et aux Camposines, sur une ligne de pénétration maximale de l’armée républicaine. Jusqu’au 3 août, les forces républicaines se livrent à des attaques acharnées pour continuer leur avancée. À la mi-août, Franco se déplace en personne sur le théâtre des opérations et installe son commandement au col du Moro.

Le 21 septembre, le président du gouvernement espagnol Juan Negrín est informé des difficultés de la bataille, qui peut conditionner l’issue de la guerre, et le Comité de non-intervention ordonne le retrait des Brigades internationales. Quelques jours plus tard, les gouvernements français et britannique se retirent pour ne pas interférer dans le ‘problème interne’ espagnol, passant ainsi sous silence l’aide militaire italienne et allemande (Légion Condor) apportée au camp franquiste. Derrière tout cela, il y a les accords de Munich et l’échec de la France et de l’Angleterre à arrêter le dictateur Adolphe Hitler.

Quelques combattants étrangers vont rester, mais à la fin octobre, Barcelone dit adieu aux Brigades internationales. Franco retire aussi 10 000 Italiens, mais il va continuer à utiliser l’aviation, l’artillerie, les chars de combat et une division italienne.

La guerre devient une guerre d’usure sur une étendue de terrain bien délimitée. Le 16 novembre 1938, les dernières troupes républicaines, sur la rive droite de l’Èbre, traversent le fleuve par Flix, où elles font exploser le pont en fer, action qui marque la fin du combat. La défaite lors de cette bataille, qui aura duré 115 jours, va permettre aux troupes nationales d’avancer, au cours de la campagne de Catalogne, jusqu’à Barcelone, puis entraîner l’installation définitive du front de guerre à Madrid.