Les événements d’Octobre 1934

Le 6 octobre 1934, le président de la Generalitat, Lluís Companys, proclame l’État catalan, qui ne va durer que dix heures. C’est la réaction catalane au nouveau gouvernement présidé par Alejandro Lerroux et aux menaces contre l’autonomie catalane.

La Loi sur les Contrats de Culture provoque un affrontement entre gouvernement espagnol et opposition catalane, ainsi que les fatals événements des 6 et 7 octobre 1934. La Generalitat de Catalogne, qu’elle ait raison ou pas, se laisse entraîner par la situation politique immédiate au lieu de veiller à la légalité républicaine.

Le gouvernement espagnol a approuvé définitivement la Loi sur les Contrats, mais la situation s’aggrave quand Alejandro Lerroux devient président du gouvernement. Le nouvel État commence à proférer une série de menaces très dures contre l’autonomie catalane. Les relations avec le gouvernement catalan empirent encore davantage quand sont nommés trois ministres de la Confederación Española de Derechas Autónomas (CEDA), une organisation politique dirigée par un grand défenseur des intérêts de l’Église, José María Gil-Robles. Les socialistes espagnols et l’Aliança Obrera de Catalunya convoquent alors une grève générale qui va être moins suivie que prévu.

Dans ce climat politique suffocant, le président de la Generalitat de Catalogne, Lluís Companys, manifeste son opposition aux mesures du gouvernement espagnol de Lerroux et proclame, le 6 octobre 1934 à huit heures du soir, l’État Catalan au sein de la République fédérale espagnole. Pendant ce temps, dans les Asturies, une révolte armée éclate et va durer quinze jours, faisant de nombreux morts..

Pour se défendre de l’armée, la Generalitat dispose de 400 mossos d’esquadra et 3 200 gardes d’assaut ; au ministère catalan de l’Intérieur et dans les différents sièges d’Estat Català, il y a environ 3 400 militants armés. La proclamation entraîne l’instauration de l’état de guerre. La police se place sous les ordres du chef de la région militaire, le général Domènec Batet, qui doit affronter des groupes armés dans les rues et des institutions comme le CADCI, ce qui se solde par trois morts.

L’État catalan ne dure que dix heures et prend fin avec l’arrestation de tout le gouvernement catalan et des chefs des Mossos d’Esquadra, à l’exception du ministre de l’Intérieur, Josep Dencàs, qui s’est enfui en France. Tous sont emprisonnés dans le bateau Uruguai. Cette captivité durera jusqu’en février 1936, moment où le Front d’Esquerres de Catalunya remportera les élections générales.

Au cours de ces événements, différentes actions armées sont menées contre quelques églises et clercs tandis que des gens de droite sont arrêtés. Mais la dissolution du gouvernement catalan entraîne notamment l’annulation de la Loi sur les Contrats de Culture, la fermeture du Parlement catalan, la destitution de la plupart des maires et conseillers municipaux de gauche, la suppression du statut d’autonomie et la répression des partis de gauche. Pendant un an et demi, le gouvernement de la Generalitat va être dirigé par l’indépendant Manuel Portela Valladares, le lerrouxiste Joan Pich i Pon, le membre de la CDT et financier Ignasi Villalonga et le membre de la Lliga Fèlix Escalas.