Ventura Pons

Ventura Pons est un scénariste, un producteur et l’un des directeurs de cinéma le plus connu de Catalogne. Il est l’auteur d’un genre de cinéma personnel et caractéristique. Il débute dans l’industrie cinématographique en 1977, et depuis il a tourné 22 films, dirige la maison productrice Els Films de la Rambla et sa filmographie augmente chaque année.

Ventura Pons (Barcelone, 25 juillet 1945) naît dans la Barcelone grise de l’après-guerre. Cependant au cours de son adolescence il peut souvent voyager à Londres, où il s’intéresse aux documentaires britanniques et où il rencontre John Osborne, John Flecher ainsi que d’autres membres de la génération Angry Young Men. Ces cinéastes là sont ses principaux points de références au début de sa carrière cinématographique.

En 1967 il commence sa trajectoire professionnelle dans le monde du théâtre où il dirige plusieurs spectacles pendant une dizaine d’années. L’expérience théâtrale joue une grande importance dans sa facette de directeur cinématographique, spécialement en ce qui concerne la direction artistique, à laquelle il accorde toujours un certain poids.

Pons débute dans le cinéma avec Ocaña, retrat intermitent [Ocaña, portrait intermittent], une vision intimiste du peintre andalou José Pérez Ocaña, un personnage provocateur qui marque la vie de la Rambla et de la Place Royal de Barcelone au cours des années 1970. Tourné en six jours comme un documentaire, le film dépeint la réalité de personnages marginaux et il représente une nouvelle proposition cinématographique, dans un pays qui vit d’importants moments de changements politiques et culturels. Le film est sélectionné par le Festival de Cannes en 1978 et c’est à partir de là que commence une longue trajectoire par les festivals internationaux jusqu’à devenir un film de culte.

En 1981, il dirige El vicari d’Olot [Le Vicaire d’Olot] et en 1985 il fonde la maison de production Els Films de la Rambla avec laquelle il filme La rossa del bar [La blonde du bar] ainsi que le reste de ses films. C’est le début d’une étape pleine à craquer de succès avec des comédies comme Puta misèria [Putain de misère] (1989), Què t’hi jugues, Mari Pili? [Tu paries quoi Mari Pili ?] (1990), Aquesta nit o mai [Ce soir ou jamais] (1992) et Rosita, please (1993). En 1994 c’est la première du film El perquè de tot plegat [Le pourquoi des choses], d’après un scenario basé sur les contes de l’écrivain catalan Quim Monzó.

Monzó est le premier d’une longe liste d’écrivains contemporains avec qui le cinéaste barcelonais maintient une étroite collaboration : il adapte des textes de Josep Maria Benet i Jornet ( Actrius [Actrices], 1996, et Amic amat [Cher ami], 1998) ; de Sergi Belbel ( Carícies [Caresses], 1997, Morir (o no) [Mourir (ou pas)], 1999, et Forasters [Les étrangers], 2008) ; de Lluis-Anton Baulenas  Anita no perd el tren [Anita ne perd pas son train], 2000, Amor idiota [L’amour idiot], 2004, et A la deriva, 2009) ; de Jordi Puntí ( Animals ferits [Les animaux blessés], 2005), de Ferran Torrent (La vida abismal, 2006) et de Lluïsa Cunillé (Barcelona (un mapa) [Barcelone (un plan)], 2007). En plus de tout cela, en 2002 il dirige El gran Gato [Le grand Gato], un musical qui tourne autour de la personne du chanteur argentin et grand promoteur de la rumba catalane le Gato Pérez.

Pons possède un grand nombre de prix et d’hommages, parmi lesquels le  Premi Nacional de Cinema de la Generalitat de Catalunya [le Prix National de la Generalitat de Catalogne], en 1995, la  Medalla d’Or al Mèrit en les Belles Arts [Médaille d’Or du Mérite des Beaux Arts] en 2001 et la Creu de Sant Jordi de la Generalitat de Catalunya [La Croix de Saint George de la Generalitat de Catalogne] en 2006.