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La situation des prisonniers politiques à la balado de fred savard

Depuis le 1er mars dernier, l’ancien animateur de l’émission La Soirée est (encore) jeune à la Première Chaîne de Radio-Canada a lancé sa baladodiffusion dans laquelle lui et différents collaborateurs parlent de l’actualité de manière rigoureuse, satirique et caustique. Il s’agit d’une balado hebdomadaire, dont le nouvel épisode sort le vendredi. Ça parle souvent de l’actualité québécoise, canadienne et américaine, mais il y a certaines chroniques qui va parler de l’actualité internationale.

C’est la cas dans l’épisode du 29 mars dernier dans lequel il y a eu une chronique sur les prisonniers politiques. Il s’agissait d’un des sujets de l’émission parce que Manon Massé, une des co-porte-paroles de Québec Solidaire, devra témoigner dans le cadre des procès contre les prisonniers politiques. Si Manon Massé a été appelée à livrer un témoignage, c’est parce qu’elle était à Barcelone le 1er octobre 2017, le jour du référendum sur l’indépendance de la Catalogne. Elle y était à titre d’observatrice. Ce n’était pas la seule québécoise en Catalogne le jour du vote; les partis et les groupes indépendantistes québécois avaient tous envoyés des représentants en Catalogne pour voir comment se déroulait cet exercice d’auto-détermination.

L’extrait où Fred Savard parle de la Catalogne avec Boris Proulx, qui est un reporter et il a écrit des articles en lien avec la Catalogne, commence à 64:27.

Boris Proulx va faire des parallèles entre la Catalogne et le Québec, notamment parce qu’il s’agit de deux territoires où il y a un mouvement indépendantiste. Les deux peuples ont leur propre langue qui diffère avec la langue du pays.

Le fondement contradictoire de l’unanimité catalane

« Une nation forgée par l’histoire », article tiré des archives de 1977 du journal d’information français, Le Monde diplomatique, éclaire dans toute son ampleur, avec objectivité et exactitude, le jeu d’opposition au cœur de l’histoire catalane. Pierre Vilar, historien français et spécialiste de l’histoire de la Catalogne, y offre une rigoureuse synthèse d’événements politiques, économiques et culturels ayant marqué « le fondement contradictoire de l’unanimité catalane ». En traçant l’esquisse d’une chronologie nationale rythmée par d’intermittentes périodes d’effacement et d’apogée, Vilar soulève une question fondamentale : « Le fait catalan a marqué l’histoire. Il a failli s’effacer. Pourquoi a-t-il revécu ? »

Un certain lyrisme imprègne l’article de Vilar, tandis qu’il retrace les débuts de la structure géographique de la Catalogne, sortie des refuges pyrénéens à travers conquêtes et repeuplements. Avec la volonté d’expansion s’organisent les institutions et députations catalanes, se vivifient les talents littéraires du treizième siècle jusqu’au « siècle d’or », se forge un sentiment non pas étatique mais national. C’est un sentiment de différence qui perdure malgré l’extinction de la Maison de Barcelone en 1410, malgré l’essor du castillan et les luttes politiques du XVe siècle, malgré les multiples tentatives de suppression de la langue catalane et l’inégal développement entre Barcelone et Madrid.

Pour Vilar, l’unanimité catalane est le fruit d’un mouvement d’opposition envers l’Espagne : « dès que l’oppression vient de Madrid, l’unanimité catalane se reforme ». Mais il s’agit aussi d’un enthousiasme national, d’un catalanisme qui se forge une place non seulement au sein de l’Espagne, mais dans les grandes marges de l’histoire, en tant qu’entité politique, économique et culturelle indépendante.

C’est donc histoire et géographie, politique et enjeux linguistiques, qui s’entremêlent dans ces lignes afin d’accentuer le déséquilibre entre « la grande force des Catalans » et le rôle réduit, secondaire, auquel l’Espagne les a relégués au fil des siècles. En passant par les comtes-rois de Barcelone à l’essor des institutions catalanes, en enchaînant avec les premières révoltes ouvrières, le mouvement de la Renaixensa de la langue et la montée culminante de la bourgeoisie catalane, l’article dépeint la résistance de la Catalogne et son autonomie grandissante face à un État qui l’a maintes fois surplombée et éclipsée, sans jamais pouvoir effacer sa trace.

https://www.monde-diplomatique.fr/1977/08/VILAR/34376

Joan Ramis i Ramis

Depuis 1713, Maó, le principal port de la petite île de Menorca, appartient aux Britanniques. C’est là que naît Joan Ramis i Ramis en 1746 ; c’est là aussi qu’il mourra, soixante-douze ans plus tard. Jusqu’à ses dix-neuf ans Joan suit des cours de rhétorique et de philosophie à l’Université de Mallorca. Il passe ensuite son examen de droit à Avignon où il s’initie à la poésie, au théâtre.

Avignon, de nos jours

Sous contrôle français de 1756 à 1763, les Baléares font de nouveau partie de l’Empire britannique. C’est l’époque des Lumières ; Rousseau est en exil ; Kant reçoit chez lui des intellectuels ; le monde est sous l’empire de la Raison.

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paysage de Menorca

De retour à Maó, Joan Ramis est nommé juge du tribunal de la vice-amirauté. C’est à cette époque de sa vie qu’il commence à écrire des pièces de théâtre en catalan. S’il rencontre le succès tout d’abord avec ses pièces Lucrèce, ou Rome libérée (1769) en alexandrins rimés, Arminda (1771) et Rosaura, ou l’amour fidèle (1783), il cesse petit à petit de publier en catalan et écrit surtout des livres d’histoire. Il est un des premiers à faire une étude sur la préhistoire des îles espagnoles (Antigüedades célticas de la isla de Menorca, 1818). Mais ses œuvres historiques, très fouillées, ne sont pas appréciées comme l’était son théâtre.

Il est un des fondateurs de la Societat Maonesa de Cultura. C’est dans sa maison que se réunissent les membres de ce club d’intellectuels minorquins entre 1778 et 1783.

À cause de sa situation dans la Méditerranée, Menorca est sujette à de nombreux changements . Entre 1782 et 1798, l’île demeure sous le contrôle des Espagnols ; puis la Grande-Bretagne récupère Menorca entre 1798 et 1802, période durant laquelle Joan Ramis i Ramis refuse toute charge officielle. À partir de la sécession de Minorque à l’Espagne en 1802, il occupe les postes de « jutge d’impremtes i llibreries, examinador de mestres de primeres lletres ». À sa mort ses livres tombent sans bruit dans le proverbial oubli.

Joan Ramis i Ramis

Alors qu’ailleurs en Europe le XVIIIe siècle symbolise l’ouverture aux idées nouvelles de démocratie et d’égalité, en Catalogne, depuis la défaite de 1714, le Siècle de Lumières est plutôt obscur. Les sciences médicales voient un peu de progrès avec la fondation du Col·legi de Cirurgia de Barcelona en 1760 ;  les quelques érudits qui portent l’idéal de connaissance sont autodidactes et vivent à Barcelone ou à Cervera. Les Baléares sont délaissées par leurs intellectuels, qui fuient les îles pour le continent pour mieux se faire entendre : le philosophe Pou i Puigserver et le géographe Felip Bauzà.

Ce n’est donc qu’à la fin du XIXe siècle que les pièces de théâtre de Joan Ramis i Ramis seront redécouvertes par les écrivains catalans.

https://www.escriptors.cat/autors/ramisj/index.php

https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0054132.xml?s_q=Joan%20Ramis#.UzQ0QIWKXJk

Sur le mouvement intellectuel Il·lustració : https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0033496.xml

 

 

Sant Jordi

La Sant Jordi, une fête en Catalogne qui fait penser à une sorte de Saint Valentin catalane avec des échanges de roses et de livres, est en réalité l’une des célébrations les plus originales et festives de la Catalogne. En effet, d’un coté, c’est une fête populaire qui est célébrée le 23 Avril de chaque année et dont son origine est un mélange  de diverses traditions datant d’époques différentes. C’est une journée qui associe la culture au romantisme car les femmes se doivent de recevoir une rose et les hommes un livre.

D’un autre coté, le 23 Avril n’est pas uniquement la journée des amoureux en Catalogne mais aussi et avant tout une journée qui rend hommage à la légende de Sant Jordi, dont l’origine remonterait à la nuit des temps. D’après la légende, Sant Jordi (Saint Georges) aurait tué un dragon qui menaçait toute la communauté et du même coup il aurait sauvé une princesse des griffes de ce terrifiant dragon. Ainsi, certaines versions nous racontent que du sang du dragon sortit un bouquet de roses rouges que Georges tendit à la princesse. D’où la tradition, qui remonte au Moyen Âge, d’offrir des roses, auxquelles une foire est alors consacrée autour de la Sant Jordi.

Toutefois, au delà de cette légende,  les annales de l’histoire confirment l’existence de ce héros légendaire, Sant Jordi.  Né au cours du IIIe siècle, il fut un militaire au service des ordres de l’empereur Romain, Dioclétien, martyrisé et décapité le 23 Avril 303 par ce dernier pour avoir refusé d’exécuter son ordre de persécuter les chrétiens. Par cet acte de bravoure, un culte lui a été consacré dans le monde chrétien et en Catalogne et en devint le patron au XVe siècle.

La Sant Jordi, c’est aussi un symbole de l’identité catalane devenue, dès 1930, une fête littéraire commémorant la langue et la culture catalanes. Également connu comme le patron des amoureux en Catalogne, cette croyance vient de l’ancienne coutume médiévale qui consista à visiter la chapelle de Sant Jordi du palais de la Generalitat, où se déroulait habituellement une foire aux roses ou « aux amoureux ». Ainsi, avec le temps, la fête des amoureux évolua peu à peu en celle du livre et de la culture catalane pour devenir officiellement la Journée du Livre en 1930.

En général, la journée du 23 Avril coïncide avec de nombreux événements littéraires dont celui de l’anniversaire de la mort de deux génies de la littérature à savoir Shakespeare et Cervantès, tous deux morts le 23 avril 1616. Ce qui expliquerait pourquoi depuis 1995 l’UNESCO a fait de cette journée la  »Journée mondiale du livre et du droit d’auteur ». Chaque 23 avril, la Sant Jordi est célébrée à travers la Catalogne toute entière. Lecture de poésie, représentations de Castells, activités pour les enfants autour de la légende et bien sûr, ventes de livres et de roses résument une telle journée. C’est la fête dans toutes les rues catalanes en ce jour là!

Sources:

http://www.spain.info/fr_CA/reportajes/la_fiesta_sant_jordi.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sant_Jordi

www.catalunyaexperience.fr/sant-jordi

Crédit Photo:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sant_Jordi

Des municipalités font la promotion de la sorcellerie et du tourisme des bandits.

Si vous avez lu l’article sur les sorcières, vous aller apprécier celui-ci.

Il est question de la tradition ainsi que de l’héritage laissé par les sorcières de Catalogne, ces femmes mortes injustement, qui à une époque évoquait peur et malédiction, mais qui maintenant sont synonymes de joie et de festivités!

Les sorcières font partie du folklore catalan et sont encore d’actualité. Certaines municipalités proposent des activités directement liées à cette partie de l’histoire, ainsi qu’à l’univers de bandits. Les sorcières attirent plusieurs touristes chaque années grâce à toute l’histoire et la stimulation de l’imaginaire qu’elles provoquent. À Sant Feliu Sasserra, il existe un musée et une section de collection, dédier à cet univers fantastique, mais qui reste inspiré de faits réels. Il s’agit du centre d’interprétation de la sorcière. La visite guidée se déroule en trois parties : Une visite guidée du centre, ainsi qu’une séance de questions – réponses. La seconde partie consiste à une projection d’un peu plus de 15 minutes traitant de l’histoire, mais également des techniques de tortures utilisées de l’époque. Et la troisième partie est une visite de la ville, son histoire, ainsi que la visite de certains lieux culte où des sorcières ont été exécutées.

Il existe même à Centelles, un festival nommé le repère des sorcières, faisant référence à de vieux proverbes voulant que toutes les femmes de cette région soient des sorcières. Il en va de même pour la municipalité de Cervera, qui elle aussi célèbre les sorcières pour clore la saison estivale. Il est questions de défilés, danses et performances, on y passe tous les éléments de la sorcellerie, tel que des sorcières faisant des potions autours de chaudrons jusqu’aux démons dansant avec les sorcières et ainsi de suite. D’autres municipalités ont pris des initiatives semblables au cours des dernières années, proposant des parcours et des visites de lieux culte en pleine nuit, des visites guidées, ainsi que des représentations théâtrales dans les forêts. Ces festivités sont chose courante en Catalogne comme nous pouvons le constater.

Sources:

Réunion des Sorcières de Cervera près de Barcelona (Catalogne)


https://www.barcelonaesmoltmes.cat
https://www.ara.cat/cultura/Bruixes-bandolers-Sant_Feliu_Sassera-Montseny_0_753524770.html

Violant d’Hongria

À part Ermessende de Carcassonne, il y a eu d’autres femmes qui ont joué des rôles importants dans l’histoire du Royaume de Catalogne-Aragon.

C’est le cas de Violant d’Hongria, née en 1216, à Heztergom, Royaume d’Hongrie. Fille d’André II d’Hongrie et de sa deuxième épouse Yolande de Courtney, elle épousa Jacques I d’Aragon, dit «le Conquérant» en 1235, à l’âge de 19 ans. Ce mariage causa une grande sensation en Europe. On pensait que le mariage entre Jaume et Violant allait apporter des grandes richesses territoriales au croissant Royaume d’Aragon. Par contre, l’endettement de la Couronne d’Hongrie et la difficile situation entre celle-ci et les seigneur féodaux n’a pas permis l’annexion de grands territoires à la Couronne d’Aragon. Par contre, doit-on dire que, lors de leur mariage, la Couronne d’Hongrie otorga au Royaume d’Aragon le pouvoir sur un compté de Flandes, ainsi que quelques territoires de Némours et Bourgogne.

Dès ses premiers jours en tant que Reine d’Aragon, elle joua un rôle primordiale dans la conquête de Valence. Elle joua un rôle important lors de la signature du Traité d’Almirra, lequel délimitait les frontières entre Aragon et Castille, au sud du Règne de Valence. Elle fut aussi une conseillère très importante de son mari, avec lequel eut 10 enfants, dont Pierre le Grand et Jacques II de Majorque.

Cette femme, Reine d’Aragon, Majorque et Valence, Comtesse de Barcelone, seigneur de Montpellier et d’Aumelas, et Vicomtesse de Millau, décède en 1251 à Huesca, Aragon.

 

 

 

Ressources:

https://ca.wikipedia.org/wiki/Violant_d%27Hongria

https://es.wikipedia.org/wiki/Violante_de_Hungr%C3%ADa

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yolande_de_Hongrie_(reine_d%27Aragon)

Bataille de Muret

La bataille de Muret fait partie de la croisade contre les Albigeois qui dura de 1208 à 1248. À cette époque le Pape Inocent III, essai de convaincre le comte Raimon VI de Toulouse en menant une expédition contre les cathares, aussi appelés «Albigeois». Ces Albigeois sont issus d’une secte qui naquit dans le nord de l’Italie. Cette doctrine simple et exigeante, prône le retour à la pureté de l’Évangile et dénonce le luxe et la richesse de l’Église médiévale, elle se diffuse très rapidement dans le Midi toulousain. Le comte refuse alors de prendre les armes contre ses propres sujets. Le Pape Inocent III réussit alors à se trouver des alliés français pour mater les hérétiques. Ce sera la première croisade sur des terres chrétiennes contre des gens adorateur du Christ. Le roi de France Philippe Auguste préfère se tenir en réserve. En bon politicien, il ne veut pas altérer son image dans une guerre contre des gens qui sont formellement ses sujets.

En quoi tout ceci concerne-t-il la couronne d’Aragon et de Catalogne ? Par un jeu d’alliance et de mariage, le roi d’Aragon Pierre II est le beau-frère du comte Raimon VI de Toulouse. Ils sont aussi de fervents catholiques, mais ils craignent non sans raison que les croisés leurs enlèvent leurs droits, leurs terres et leurs coutumes sous prétexte de religion.

Au début de la bataille, le comte et le roi vont assiéger ensemble le petit château de Muret, aux confins de la Garonne et de la Louge. Situé à vingt-cinq kilomètres au sud de Toulouse, il est occupé par une trentaine de chevaliers et quelques fantassins. Simon de Montfort, chevalier opportuniste au service du Pape accourt à leur rescousse avec le gros de ses troupes, soit environs neuf cents hommes et réussira à faire rentrer ses troupes dans le château courant le risque d’être lui-même assiégé.

Pierre II d’Aragon fière de sa victoire de Las Navas de Tolosa sur les musulmans veut absolument une bataille rangée dans laquelle une victoire lui attirerait encore plus de gloire et de prestige et non un siège de plusieurs mois. Simon de Montfort, en habile stratège en sachant pertinemment qu’il ne pourrait supporter un long siège feint la retraite par le sud. Pierre II d’Aragon confiant de sa supériorité numérique et tactique se jeta sur les troupes de Monfort sans attendre les troupes du conte de Toulouse. En effet, celui-ci refusa de poursuivre Simon de Montfort en sachant pertinemment ses intentions et en connaissant ses habiletés stratégiques. La défaite fut totale et humiliante le roi d’Aragon y perdit la vie et plus d’un millier de ses meilleurs chevaliers ainsi que 5000 fantassins. Son fils héritier de 6 ans, Jacques (futur Jacques I, Le Conquérant), fut aussi fait prisonnier, l’armée de Monfort ne perdit qu’une poignée d’hommes. Cette défaite signa véritablement la fin de la présence catalane en Occitanie.

Sources:

 

La conquête de la Nouvelle Catalogne, du Royaume de Valence et de Majorque

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Muret

https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article14223

 

Pere II el Catòlic – Pierre II le Catholique

Nous étions en 1176. Sancha de Castille accouchait de son premier fils  cette année où fut conclue la paix de Tarascon. Alphonse, second du nom,  père de cet enfant et comte de Barcelone, de Besalú, de Gérone, de Roussillon et roi d’Aragon, le nomma Pierre.

La prise de la Castille par les troupes almohades du calife Abu le Victorieux et la conséquente défaite d’Alphonse dit le Noble, neveu du roi d’Aragon, forcèrent le souverain catalan à s’allier d’anciens rivaux pour contrer la progression de l’envahisseur. Afin d’assurer la victoire de ses nouveaux alliés sur les Maures, le roi entreprit un pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Les chemins qui menaient vers la Galice étaient ardus ; peu de temps après son retour de voyage, avant d’atteindre ses quarante ans, Alphonse II succombait à un mal mystérieux. Au jeune Pierre, le testament attribua le royaume d’Aragon et les comtés de Barcelone et de Roussillon.

Très actif dans les premières années de son règne, Pierre II signa entre autre un pacte de non-agression avec Gênes et scella une très éphémère entente avec l’Empereur des Almohades.

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D’un malheureux  mariage avec Marie de Montpellier il obtint le comté fort convoité de Montpellier et deux enfants, une fille prénommée Sancha et un fils, Jacques, qu’on allait surnommer le Conquérant. Dès le second automne, on entama des procédures de divorce auprès d’Innocent III. Sans attendre l’agrément papal, Pierre demanda la main de la reine de Jérusalem, Marie de Montferrat, et proposa d’organiser une croisade pour protéger la Terre Sainte.

Il s’allia en 1204 à Alphonse VIII, roi de Castille qui allait l’aider dans la bataille contre les Almohades, dans les vallées de la Sierra Morena.

Les efforts de paix que Pierre II avait entrepris entre les populeuses familles royales d’Occitanie et de Provence ne durèrent que quelques années, car en 1208 le très saint Innocent III ordonna que fussent lancées des attaques contre les Albigeois. Les cibles de ces attaques – des alliés de Pierre II – demandèrent l’intercession de celui-ci. Pierre assista donc, un froid midi de janvier 1211, à la rencontre entre Simon de Montfort, le représentant des croisés, et le vicomte de Béziers et de Carcassonne. Pour éviter que ne se poursuivît le bain de sang, on convint de marier le fils de Pierre, le petit Jacques, à la fille de Simon de Montfort.

Les troupes de Montfort ne tinrent pas longtemps compte de cette trêve et rattaquèrent Toulouse et les cathares. Pierre II qui était occupé d’autre guerre, tourna son regard sur l’Occitanie et décida de venir en aide au vicomte de Carcassonne. Les troupes de Simon de Montfort surpassèrent celles du comte de Barcelone. Ce dernier succomba à ses blessures le 14 septembre 1213, excommunié par Innocent III.

Les frères hospitaliers de Toulouse qui avaient recueilli la dépouille, durent donc la garder jusqu’à ce qu’Honorius III héritât de la tiare vaticane, en 1217. On permit alors que Pierre fût inhumé dans la cour du monastère qu’avait fondé sa mère trente ans plus tôt.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Las_Navas_de_Tolosa

https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0002461.xml

https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0050109.xml

Guillem de Cabestany

Guillem de Cabestany (ou Cabestanh en occitan) est un troubadour du Roussillon, donc poète de langue occitane. Il aurait vécu (possiblement!) entre 1162 et 1212.

La vie personnelle du personnage est très peu connue : on lui attribue neuf poèmes, dont le plus fameux est «  Lo dous cossire » (Le doux souci).

Tot jorn m’azire

Amors que·us mi defen,

s’ieu ja·l cor vire

ves autra, ni·m desmen.

Tout m’ avetz rire

e donat pessamen ;

pus greu martire

de mi nulhs hom no sen…

(Qu’à jamais me haïsse

Amour qui vous refuse à moi

si jamais je tourne mon cœur

vers une autre ou change d’avis.

Vous m’avez ôté le sourire

et donné le souci ;

il n’est pas d’homme qui ressente

un martyre plus cruel que le mien…)

Malheureusement pour le poète, son intérêt majeur se trouve dans son héritage légendaire, et non dans son existence réelle. La tragédie du cœur mangé par son amante est un récit célèbre qui se diffusera partout en Europe. Plusieurs versions après sa mort amplifieront le mythe du  »màrtir d’amor. », et rajouteront des tournures plus dramatiques à certains épisodes ou reprendront presque exactement la légende. Selon celle-ci, Cabestany serait tombé en amour avec Saurimonda, la femme d’un comte provençal. Furieux, celui-ci aurait tué Cabestany et l’aurait donné à manger à la dame, qui se suicidera ensuite :

« Senyor, m’heu donat tan bona menja que mai més no en menjaré d’altra. » … i ella va córrer cap a un balcó i es deixà caure a baix, i així va morir.

(« Vous m’avez donné un plat si bon que jamais je n’en mangerai d’autre. »  … Et elle courut jusqu’à un balcon et se laissa tomber en bas, et ainsi mourut.)

Ce thème narratif venant sans doute d’Orient fut aussi appliqué à la vie de plusieurs troubadours. Le thème du « cœur mangé » est un motif qui se répète dans les récits d’amour courtois et dans les Vidas des troubadours. Loin d’être seulement des écrivains, ceux et celles-ci étaient aussi des personnages à part entière, auxquels on attribuait légendes et destins tragiques. Les Vidas étaient des textes à prétention biographique, qui se voulaient des classifications, des catégorisations, des auteurs du fine amor. Il y avait là une recherche, une volonté de créer une mémoire culturelle. Au-delà de sa production poétique, Cabestany est donc un exemple de la dramatisation des existences de ces célébrités médiévales, et du travail sur la mémoire qui s’y accomplissait déjà.

Sources :

Vikipedia – Guillem de Cabestany

Enciclopèdia.cat – Guillem de Cabestany

Université de Montpellier – http://disciplines.ac-montpellier.fr/catalan/sites/catalan/files/fichiers/dp/panorama/annexos-2.pdf

Mariella Di Maio – Le cœur mangé : Histoire d’un thème littéraire du Moyen Âge au XIXe siècle, p. 22 à 31

Simon Gaunt et Sarah Kay – The troubadours : An Introduction, p.246-252

 

Isabel de Villena

Né en 1430 à Valence (València), Isabel de Villena est une religieuse puis abbesse du XVème siècle qui fit également figure d’écrivaine protoféministe. Fille illégitime d’Enric de Villena – à la fois poète et marquis de Villena – et de mère inconnue, elle est non seulement de sang noble mais également, grâce aux liens du sang, cousine de la reine Marie de Castille. Baptisée sous le nom Elionor Manuel de Villena, la jeune fille sera éduqué à la cours de Valence sous la tutelle de cette dernière jusqu’en 1445, année où elle professe ses vœux et entre au couvent de la Trinité située sur les bords du fleuve Túria.

Religieusement, Isabel de Villena est une Clarisse, c’est-à-dire une membre de l’Ordre des Pauvres Dames (en Catalan: Orde de Santa Clara). Dévoué à vivre une vie de spiritualité et de contemplation, il apparait bientôt clair pour cette dernière que la meilleure façon de réaliser ce vœu est d’écrire, ce qui la conduit alors à produire différents traités sur la religion. C’est ainsi que cette dernière gagnera l’admiration de ces contemporains et sera alors considéré par ceux-ci comme une figure importante du monde littéraire valencien. En plus de gagner une réputation de femme cultivée, elle acquiert également une renommée de sainteté, possiblement en raison de son dévouement.

De nos jours, seulement une de ces oeuvres à survécu au temps, et ce, grâce à son successeur Aldonça de Montsoriu qui publia l’une d’entre elle en 1497.  Cette oeuvre, connu sous le nom de Vita Christi, est aujourd’hui considérer comme un des ouvrages phares du XVème siècle, aussi connu en Espagne comme l’Âge d’Or de Valence. Œuvre de génie, la particularité de cet ouvrage qui se veut partiellement biographique est le fait qu’il parle en particulier des femmes dans la vie du Christ, notamment Marie, la Sainte Vierge. Elle devient ainsi, au moment de la publication de son œuvre quelque temps après sa mort en 1490, le premier véritable écrivain dans la littérature catalane dont le nom fut connu de même qu’une pionnière de ce qui deviendra plusieurs siècles après sa mort le féminisme. Anecdote pour les plus curieux: certains attribuent à cette dernière l’écriture du Speculum animae, document écrit en 1760 au même monastère où elle prononça ses vœux. Néanmoins, si certaines hypothèse semblent confirmer cette idée, plusieurs autres peuvent rebuter cette affirmation, ce qui peut nous laisser penser qu’Isabel de Villena n’a pas fini de nous révéler ces secrets.

Bibliographie:

http://dbd.cat/fitxa_biografies.php?id=820

https://www.escriptors.cat/autors/villenai/pagina.php?id_sec=305