Archives de catégorie : langue

Est-ce la fin pour Carles Puigdemont?

Dimanche matin, Carles Puigdemont, président destitué de la Catalogne, en cavale depuis un bon moment a été arrêté en Allemagne. Cela va sans dire que les indépendantistes sont tout de suite descendus dans la rue afin de faire part de leur mécontentement. En effet, Puigdemont est accusé de rébellion, crime passible de trente ans de prison en Espagne. Carles P n’est pas le seul à faire face à de telles accusation. En effet, environ 13 autres proches de son gouvernement sont également accusés.

Catalan Mossos d’Esquadra regional police officers clash with pro-independence supporters trying to reach the Spanish government office in Barcelona, Spain, Sunday, March 25, 2018.

Après avoir réussi à se promener librement dans certains pays Européen tels que la Belgique, la Finlande, la Suisse et le Danemark, c’est finalement l’Allemagne qui aura eut raison de lui.

Héraut de l’internationalisation de la cause indépendantiste catalane, Carles Puigdemont s’est laissé piéger par un banal mécanisme de coopération communautaire: un mandat d’arrêt européen (MAE), réactivé vendredi soir à Madrid par la Cour suprême.

Étant suivi par les services secrets Espagnols, ces derniers ont attendus qu’il pénètre dans le territoire Allemand afin de le faire arrêter, car leurs loi concernant la haute trahison sont assez semblable à celles de rebellion en Espagne.

Le pays est connu pour être l’un des États membres les plus coopératifs en matière policière et judiciaire. Et le délit allemand de haute trahison, passible de 10 ans de prison, ressemble beaucoup à celui de rébellion tel que défini dans le Code pénal espagnol. À Schuby, à une trentaine de kilomètres de la frontière danoise, la police allemande arrêtait Puigdemont puis le transférait à la prison de Neumünster

Il ne nous reste qu’à attendre la suite et espérer pour le mieux.

Sources: Le figaro.fr
Lapresse.ca

Viure, o no viure… that is the question

Les pièces de Shakespeare connurent au début du XIXe siècle, un regain de popularité partout en Europe. Les nombreuses traductions françaises, allemandes, italiennes et espagnoles ont essaimé la parole du Barde — qui atteignit inévitablement la Catalogne.

Dídac Pujol, spécialiste des traductions de Shakespeare à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, explique dans un article publié en 2012 dans la revue Babel, que les motivations derrière les premières traductions catalanes de Shakespeare sont d’ordre nationaliste : « The purpose of translating Shakespeare was to help regain the Catalan culture. » (p.97) Les desseins des traducteurs catalans de Shakespeare sont simples : créer un répertoire théâtral catalan basé sur le canon européen.

Si rien, au premier coup-d’œil, ne semble rapprocher le catalan de la Renaixença de l’anglais élisabéthain, ces deux langues partageaient pourtant, selon Vanessa Palomo, auteure d’une étude sur les traductions shakespearienne de Josep Maria de Sagarra,  la caractéristique d’être à leurs époques respectives en construction. Les possibilités d’inventions linguistiques du catalan à la fin du XIXe siècle étaient donc immenses. Beaucoup d’écrivains aux intérêts divers — des poètes surtout — essaieront de tirer parti de cette flexibilité du catalan. Le jeune Carles Riba publie en 1909 sa traduction des Sonnets ; onze ans plus tard, Magí Morera i Galícia termine son Hamlet catalan.

Mais les bottes franquistes foulent Barcelone le 26 janvier 1939 et l’on confisque dans toute la ville le matériel d’imprimerie. L’usage du catalan est interdit dans les sphères administratives et les œuvres littéraires écrites dans cette langue doivent à partir de ce moment être clandestines. Ce n’est qu’à partir de 1945 qu’on autorise les traductions littéraires – à la condition qu’elles soient bien sûr des « recréations littéraires », et non de simples traductions. Toute traduction qui  ne répondrait pas à cette condition se verra interdite. Lorsque Josep Maria de Sagarra publie dans les années 1950, avec l’aide financière de Santiago Martí, ses traductions des pièces de Shakespeare, il doit donc les antidater : 1935.

Sagarra, déjà connu pour avoir remporté plus jeune de nombreux prix pour ses poèmes et ses pièces de théâtre, revient en 1940 en Catalogne. Les prolifiques années 1930, il les a terminées à Paris avec des artistes espagnols et français de l’entre-deux-guerres. Il y écrivait des articles qu’il envoyait aux journaux catalans, mijotait un roman et s’était même mis à la traduction de la Divine Comédie en catalan. Mine de rien, il avait pris goût à cette traduction. Mais ce qu’il préférait tout de même, c’était écrire pour la scène. Il avait tourné son œil sur l’oeuvre de Shakespeare : en traduisant un auteur de cette stature, il s’en pourrait s’en donner à cœur joie. Il mêlerait le pittoresque du théâtre populaire catalan, qu’il connaissait bien, et la fracassante langue qui était la sienne, celle de l’époque moderne.

Pujol comme Palomo soulignent les qualités des traductions de Sagarra : le rythme et la rime sont conservés, tout comme le ton général. Le traducteur privilégie cependant l’originalité et l’oralité du texte original au détriment parfois du sens. Si la lecture comparative révèle des différences sémiotiques, la représentation des pièces sur scène donne cependant raison au traducteur ; ses traductions sont faites pour être jouées, être dites et non seulement lues. « Sagarra is one of the best Catalan translators of Shakespeare’s plays precisely because of the fictive orality he constructs, employs and exploits » conclue Pujol en rappelant que Sagarra demandait à des acteurs de lui faire des suggestions pour améliorer ses pièces et ainsi s’assurer qu’on pourrait jouer son Shakespeare.

sources:

Dídac Pujol, « Josep Maria de Sagarra, a Catalan translator of Shakespeare’s plays », revue Babel, vol 58-1, 2012 – voir également le site très complet de ce professeur de traduction: http://www.didacpujol.com/

Et l’article de Vanessa Palomo:

https://publicacions.iec.cat/repository/pdf/00000243/00000021.pdf

Guillem de Cabestany

Guillem de Cabestany (ou Cabestanh en occitan) est un troubadour du Roussillon, donc poète de langue occitane. Il aurait vécu (possiblement!) entre 1162 et 1212.

La vie personnelle du personnage est très peu connue : on lui attribue neuf poèmes, dont le plus fameux est «  Lo dous cossire » (Le doux souci).

Tot jorn m’azire

Amors que·us mi defen,

s’ieu ja·l cor vire

ves autra, ni·m desmen.

Tout m’ avetz rire

e donat pessamen ;

pus greu martire

de mi nulhs hom no sen…

(Qu’à jamais me haïsse

Amour qui vous refuse à moi

si jamais je tourne mon cœur

vers une autre ou change d’avis.

Vous m’avez ôté le sourire

et donné le souci ;

il n’est pas d’homme qui ressente

un martyre plus cruel que le mien…)

Malheureusement pour le poète, son intérêt majeur se trouve dans son héritage légendaire, et non dans son existence réelle. La tragédie du cœur mangé par son amante est un récit célèbre qui se diffusera partout en Europe. Plusieurs versions après sa mort amplifieront le mythe du  »màrtir d’amor. », et rajouteront des tournures plus dramatiques à certains épisodes ou reprendront presque exactement la légende. Selon celle-ci, Cabestany serait tombé en amour avec Saurimonda, la femme d’un comte provençal. Furieux, celui-ci aurait tué Cabestany et l’aurait donné à manger à la dame, qui se suicidera ensuite :

« Senyor, m’heu donat tan bona menja que mai més no en menjaré d’altra. » … i ella va córrer cap a un balcó i es deixà caure a baix, i així va morir.

(« Vous m’avez donné un plat si bon que jamais je n’en mangerai d’autre. »  … Et elle courut jusqu’à un balcon et se laissa tomber en bas, et ainsi mourut.)

Ce thème narratif venant sans doute d’Orient fut aussi appliqué à la vie de plusieurs troubadours. Le thème du « cœur mangé » est un motif qui se répète dans les récits d’amour courtois et dans les Vidas des troubadours. Loin d’être seulement des écrivains, ceux et celles-ci étaient aussi des personnages à part entière, auxquels on attribuait légendes et destins tragiques. Les Vidas étaient des textes à prétention biographique, qui se voulaient des classifications, des catégorisations, des auteurs du fine amor. Il y avait là une recherche, une volonté de créer une mémoire culturelle. Au-delà de sa production poétique, Cabestany est donc un exemple de la dramatisation des existences de ces célébrités médiévales, et du travail sur la mémoire qui s’y accomplissait déjà.

Sources :

Vikipedia – Guillem de Cabestany

Enciclopèdia.cat – Guillem de Cabestany

Université de Montpellier – http://disciplines.ac-montpellier.fr/catalan/sites/catalan/files/fichiers/dp/panorama/annexos-2.pdf

Mariella Di Maio – Le cœur mangé : Histoire d’un thème littéraire du Moyen Âge au XIXe siècle, p. 22 à 31

Simon Gaunt et Sarah Kay – The troubadours : An Introduction, p.246-252

 

Le début du XXe siècle et le chemin vers la standardisation du catalan

Le tournant du XXe siècle a vu grandir en Catalogne un mouvement de revendication identitaire, et c’est tout naturellement par la langue que s’est exprimée principalement cette première grande phase de ce qui deviendra rapidement le catalanisme politique.

Cependant, cette langue, perçue comme vecteur d’un futur mouvement de masse d’identification à la culture catalane, formait, en dépit du nombre de locuteurs, une sorte de géant au pied d’argile. En effet, le catalan n’était pas encore une langue standardisée, et nul besoin de s’étendre sur le sujet pour comprendre comment cette dure réalité menaçait de tuer dans l’œuf les balbutiements du catalanisme politique.

Une standardisation du catalan s’imposait, mais deux mouvements eux, s’opposaient: d’un côté, les partisans d’une langue traditionnelle, fortement castillanisée et se basant beaucoup sur l’espagnol pour pallier les lacunes du vocabulaire à l’époque plus ou moins riche selon les domaines; de l’autre, des fervents défenseurs d’une sorte de démocratisation de la langue catalane, aux standards basés sur la langue parlée, avec des compromis pour y représenter les variantes régionales jusqu’à une certain point.

Finalement, les « traditionnaliste » ne sont pas parvenu à maintenir en vie leur projet d’une langue basée sur celle de la littérature, entre autres à cause d’un manque de diffusion de leur variante, souvent restreinte à des publications dans des domaines réservés à certains érudits, en littérature principalement. À cet égard, les Jocs florals étaient associés d’ailleurs à ce mouvement.

Emblème des Jeux floraux au XIXe siècle

C’est donc une forme de démocratisation qui s’est effectuée jusque dans les années 1930 en Catalogne, et plus tard dans les autres pays catalans, à une échelle moins importante toutefois. Avec des institutions dont l’Institut d’Estudis Catalans, la langue catalane s’est vue standardisée sur les plans de l’usage, de la grammaire, de l’orthographe et du vocabulaire, ce qui a grandement outillé le mouvement identitaire catalan, qui est parvenu à implanté une langue « achevée », pour ainsi dire, dans le système scolaire de la Deuxième République espagnole, soit de 1931 à 1936.

Logo de l’Institut d’Estudis Catalans

 

Pompeu Fabra, « père » du catalan moderne.

En bref, le premier tier du siècle représente une période clef pour la langue catalane, et il est clair que sans celle-ci, la diffusion de la culture et de la langue en Catalogne serait tout autre… pour ne pas dire, presque inexistante!

Sources :

http://www.laviedesidees.fr/Catalanisme-histoire-d-un-concept.html

http://www.academia.edu/4020822/Approche_à_une_comparaison_historique_entre_le_cas_catalan_et_le_norvégien_une_étude_de_cas_dans_la_standardologie

Images :

http://www.bnc.cat/var/bnc_site/storage/images/visita-ns/exposicions/la-primera-victoria-de-la-renaixenca.-150e-aniversari-de-la-restauracio-dels-jocs-florals-de-barcelona-1859-2009/6911-1-cat-ES/La-primera-victoria-de-la-Renaixenca.-150e-aniversari-de-la-restauracio-dels-Jocs-Florals-de-Barcelona-1859-2009_large.gif

http://locampusdiari.com/wp-content/uploads/2016/10/IEC_DosJunts_COLOR.jpg

http://blocs.xtec.cat/pompeu/files/2009/02/pompeu-fabra.jpg

Une réforme anachronique

Depuis maintenant plus de 30 ans, le système éducatif public catalan prône une approche « immersive » en langue catalane, programme consistant dans les grandes lignes à l’utilisation du catalan comme langue véhiculaire dans tous les établissements d’enseignement de niveau primaire et secondaire public. L’ « immersion linguistique » qui en résulte a fait ses preuves et est reconnue par les pédagogues de par le monde pour ses résultats étonnants, tant sur le plan des compétences linguistiques – en catalan et en espagnol – qu’en ce qui a trait à l’intégration des nouveaux arrivants.

Affiche du mouvement Som Escola, défendant le modèle éducatif catalan.

Cependant, voilà que, depuis 5 ans, le spectre d’une réforme de Madrid plane sur le modèle d’éducation catalan et il à de quoi inquiéter ses défenseurs.

En effet, il se trouve que le ministre de l’éducation du gouvernement espagnol, en poste de 2011 à 2015, José Ignacio Wert, a annoncé en 2012 une réforme qui imposait une prédominance de l’enseignement en (et de l’) espagnol, balayant ainsi du revers de la main le système en place dans la communauté autonome.

Ministre de l’Éducation, des Sports et de la Culture du gouvernement espagnol (PP) de 2011 à 2015, José Ignacio Wert.

Bien qu’après les déboires du Partido Popular (PP) de l’année dernière un nouveau cabinet avec comme ministre de l’éducation Íñigo Méndez de Vigo ait été formé, les réelles intentions du gouvernement de Mariano Rajoy demeurent incertaines et provoquent encore des craintes auprès la Generalitat.

Les arguments amenés par Madrid s’en prennent entre autres au « manque de perspectives » d’une génération avec le catalan comme langue principale et à la « persécution de l’espagnol » en terre catalane, parlant même dans ce cas d’une sorte d’ « inversement des rôles », où l’espagnol serait voire « persécuté » comme l’était auparavant le catalan.

Manifestation pour l’école en catalan.

Nul besoin d’expliquer l’opposition en bloc, tant politique que citoyenne qui s’est observée en 2012 et en 2013 en Catalogne. Cet « affront » de Madrid passe même pour une forme de jalousie du gouvernement espagnol de la réussite du modèle catalan dans le domaine de l’éducation.

Même si le projet de réforme en est au point mort, il n’est reste pas moins préoccupant d’observer cette perspective, d’autant plus que même les partis d’oppositions à Madrid y critique une ingérence « tendencieuse » du gouvernement central dans les politiques en matière d’éducation de toutes les communautés autonomes.

Un dossier à suivre donc, ne serait-ce que pour voir si encore une fois, le mouvement citoyen catalan saura se mobiliser!

Sources:

http://www.lindependant.fr/2012/12/06/ce-texte-qui-remet-en-question-le-statut-de-la-langue-catalane-trente-ans-d-immersion-linguistique-en-catalogne,1708404.php

http://www.elperiodico.com/es/politica/reforma-educativa-wert.shtml

http://ccaa.elpais.com/ccaa/2015/05/21/catalunya/1432231735_814354.html

Images:

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http://cdn.bleedingcool.net/wp-content/uploads/2014/02/jose-ignacio-wert.jpg

http://estaticos.elperiodico.com/resources/jpg/5/2/imagen-manifestacion-tarragona-somescola-este-lunes-1355165817025.jpg

 

L’aranais, la troisième langue oubliée de Catalogne

Les langues officielles du Pays Basque sont le basque et l’espagnol; celles de la Galice, le galicien et l’espagnol; et celles de la Catalogne, le catalan et l’espagnol… ah oui! et l’aranais!!!

Souvent oubliée, l’aranais est pourtant la troisième langue officielle de Catalogne depuis 2010. Parlée exclusivement dans le Val d’Aran par environ 6000 des 11 000 habitants de cette comarque, elle profite de ce fait d’un statut particulier dans la communication avec la Generalitat et ses institutions. En effet, il incombe à l’État catalan de fournir des services écrits et oraux dans cette langue à qui l’utlise pour entrer en contact avec une institution du gouvernement de la communauté autonome. Bien entendu, comparativement au catalan et à l’espagnol, son usage demeure restreint en Catalogne, mais l’aranais sert également de langue véhiculaire dans les communes du Val d’Aran.

Exemple de ce trilinguisme étatique : l’aranais en tête sur le bulletin de vote au référendum populaire de 2014 pour l’indépendance de la Catalagne.

Il s’agit d’un dialecte de l’occitan, langue latine parlée principalement en France, mais dont l’espace linguistique empiète sur l’Italie et légèrement sur l’Espagne, uniquement dans le Val d’Aran. Fait à noter d’ailleurs : l’aranais est la seule forme d’occitan ayant un statut officiel, en plus d’être une de ses variétés les plus parlées en terme de pourcentage sur un territoire donné.

Carte de l’Occitanie.

À cet égard, l’aranais fait en effet bonne figure. Des données de 1996 indiquent que neuf habitants du Val d’Aran sur dix comprennent la langue à l’oral et que près des deux tiers peuvent la parler. La comarque étant plutôt rurale, ses presque 60 % d’habitants pouvant la lire tracent également un portrait assez positif.

Toutefois, seul un quart de cette population peut l’écrire, ce qui la place malgré tout dans une situation précaire, quoique moins que la majorité des variantes dialectales de l’occitan étudiées et suivies jusqu’à nos jours par les sociolinguistes.

Heureusement, des mesures de revitalisation sont en branle et un certain élan s’observe. La langue est très présente dans les milieux préscolaires et primaires du Val d’Aran, et son usage est en légère augmentation dans les établissements d’enseignement de niveau secondaire de la comarque depuis l’obtention du statut de langue officielle il y a sept ans. La radiodiffusion et la télédiffusion en aranais sont également en hausse, et les programmes offerts par la CCMA («Corporació Catalana de Mitjans Audiovisuels ») en sont un bon exemple.

Je vous invite donc à vous informer au sujet de cette langue, que vous pouvez même, si vous vous sentez « d’attaque », apprendre grâce à du matériel présent… à la Médiathèque!

Descorbitz-ac! (Découvrez-la!)

Sources :

http://www.caib.es/conselleries/educacio/dgpoling/user/catalaeuropa/castella/castella9.pdf

http://elpais.com/diario/2010/09/23/catalunya/1285204049_850215.html

https://books.google.ca/books?id=GkF-CwAAQBAJ&pg=RA1-PA700&lpg=RA1-PA700&dq=aranés&source=bl&ots=tXjUUf0nbk&sig=-oI3-IPcPs6V_FvdhJBRl3KBxKk&hl=de&sa=X&ved=0ahUKEwjXsIO5v53SAhUC84MKHb5uDpE4ChDoAQhWMAk#v=onepage&q=aranés&f=false

Images :

http://4.bp.blogspot.com/-xCDdn_mCBFg/VCa7BKSj1aI/AAAAAAAAL7E/lIzd1zvDQpY/s1600/Imagen%2B10.png

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d3/Carta_Occitania.pdf/page1-904px-Carta_Occitania.pdf.jpg

La langue catalane

Au total, près de 430 millions de locuteurs parlent des langues romanes (latines). Lorsqu’on parle de langues romanes, ceci inclus le français, l’espagnol, l’italien, le portugais, le catalan et bien d’autres… En d’autres mots, le catalan vient directement du latin et il est aussi ancien que n’importe laquelle de ces langues. Le catalan compte près de 10 millions de locuteurs en Europe. Il est parlé dans quatre États de l’Union Européenne soit en France, Andorre, Espagne et en Italie.

Brève histoire de la langue catalane

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Suite à la victoire de Franco et à l’instauration de la dictature, un nombre important de personnes décidèrent de quitter le pays. Bien que son usage ait été interdit par Franco, ce dialecte a continué d’être parlé en Espagne. Il était possible de repérer des gens de différents secteurs notamment des intellectuels et des spécialistes de la langue. L’exil qui suivit la fin de la guerre civile en 1939 entraina un accroissement notable du nombre des enseignants catalans dans les universités étrangères.  L’enseignement du catalan a acquis de telles proportions dans le monde que certains pays ont créé des associations regroupant les personnes qui se consacrent a l’enseignement et a l’étude de la langue et de la culture catalanes.  Malgré l’interdiction, le catalan est toujours resté une langue bien vivante. En 1978, elle est redevenue langue officielle en Catalogne, aux îles Baléares et dans la Communauté valencienne (sous le nom de valencien).

Le catalan et l’espagnol

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il est erroné de présenter le catalan comme un dialecte de l’espagnol. Depuis le XVe siècle, il a subi l’influence du castillan c’est pourquoi, il est en effet possible de voir certaine similitude entre le catalan et l’espagnol. Par contre, si nous souhaitons réellement comparer la langue catalane aux autres langues romaines, nous noterions une plus grandesimilarité avec le français et le portugais qu’avec le castillan.  Il est donc important de savoir que le catalan et l’espagnol possèdent : une grammaire et une prononciation différente, un vocabulaire distinct, des règles orthographiques distinctes et une intonation complètement différente. En d’autres mots, il s’agit au final de deux langues complètement distinctes.

Voici donc un petit tableau comparatif qui démontre très bien quelques unes des différences entre ces deux langues :

Catalan Espagnol Français
Cadira Silla Chaise
Net Limpio Propre
Brut Sucio Sale
Got Vaso Verre
Finestra Ventana Fenêtre
Taula Mesa Table

 

J’adore apprendre de nouvelles langues et malheureusement, lors de mon séjour à Barcelone, je ne connaissais aucun mot en catalan. J’ai donc trouvé un mini vidéo, que je trouve très pertinent, dans lequel un jeune homme nous apprend 22 petites expressions catalanes utiles dans la vie de tous les jours. Si cela vous intéresse pour votre futur voyage en Catalogne, voici le lien :  https://www.youtube.com/watch?v=CufKMfQi19A !

Ann-Sophie Roy

Source:

http://eric.hurtebis.chez-alice.fr/catalan.htm

http://www.espagne-facile.com/catalan/270/

 

La langue catalane

Nous avons vu en cours que le catalan était la langue de 10 millions d’européens. Il me semble alors intéressant d’étudier cette langue si populaire.

Le catalan voit ses débuts au Ve siècle lors de la chute de l’Empire Romain en Espagne. Il se base donc majoritairement sur le latin . Cependant, il continue à se former jusqu’au IXe siècle, ainsi se faisant influencer par le germanique et l’arabe.

Avec l’acquisition du Statut d’autonomie de la Catalogne en 1979, renouvelé en 2006, la Catalogne affirme  que le catalan est la langue officielle de la communauté (ainsi que de l’enseignement).

Le Statut d’autonomie de 2006 dit que:

« toutes les personnes ont le droit d’utiliser les deux langues officielles, et les citoyens de Catalogne ont le droit et le devoir de les connaître et de les utiliser l’une ou l’autre »

et que le catalan est

 «la langue utilisée habituellement et de préférence par les administrations publiques et les médias publics de Catalogne « .

Il est stupéfiant de dire que cet attachement à la langue catalane a toujours été present.

En effet, l’interdiction de la langue lors du régime de Franco ne fit que lui donner une place plus importante dans le cœur des catalans.

Those who would describe themselves as « Spanish » rather than « Catalan » appear to do so on linguistic grounds; those who see themselves  as equally Catalan and Spanish seem to do so on the basis of where they and their parents were born and their usual language.  – Jude Webber & Miquel Strubell i Trueta

La langue est tellement importante et personnelle aux catalans qu’ils ne se considèrent pas catalans par la position géographique de leur maison, mais par l’utilisation de la langue.

Si vous souhaitez approfondir le sujet , je vous propose une  vidéo (en catalan, sous-titrée en anglais) à caractère politique de l’écrivain Marius Serra sur le catalan et l’effet que peut avoir l’indépendance de la Catalogne dessus:

Sources:

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/fr_FR/index94af.html?vgnextoid=23885c43da896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextchannel=23885c43da896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextfmt=detall2&contentid=1174edfc49ed7210VgnVCM1000008d0c1e0aRCRD&newLang=fr_FR

http://www.axl.cefan.ulaval.ca/monde/catalan.htm

Livre: « The Catalan Language, progress towards normalisation », Jude Webber & Miquel strubell i Trueta.

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=XyT70irqh5g

La fédération des personnes sourdes de Catalogne

 

Logo de la FESOCA

Même si la langue catalane signée est officiellement reconnue depuis juillet 2009, grâce à la loi sur la Langue des Signes Catalane, la FESOCA ( la Fédération des personnes sourdes de Catalogne) fut fondée bien avant; soit en 1979. Il s’agit d’un organisme à but non lucratif qui a pour mission d’améliorer la participation et l’intégration des personnes malentendantes dans la société actuelle.

Il est intéressant de se pencher sur les multiples services offerts par la FESOCA:

Offrant une plage horaire assez étendue en semaine, soit de 9h à 21h, cet organisme met à disposition des interprètes qui peuvent aider à réaliser n’importe quelle tâche quotidienne. Que ce soit pour faire un appel téléphonique, assister à un cours ou encore se rendre à un rendez-vous médical, un membre de l’équipe de la FESOCA assistera quiconque en a besoin. De plus, depuis 2005 ils sont certifié ISO 9001: 2000. Cette certification officielle accordée par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) prouve que l’organisme applique un système de gestion de qualité et se conforme donc aux normes prescrites par celle-ci.

Si vous désirez apprendre cette langue, l’organisme vous recommande même des endroits où elle y est enseignée.

SOURCES:

http://www.fesoca.org/es/

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/fr_FR/index501f.html?vgnextoid=77595c43da896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextchannel=77595c43da896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextfmt=detall2&contentid=27583c084ded7210VgnVCM1000008d0c1e0aRCRD&newLang=fr_FRFESOCA logo