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Maria del Mar Bonet i Verdaguer

Portrait de Maria del Mar Bonet i Verdaguer

Maria del Mar Bonet i Verdaguer est née à Palme de Majorque, le 27 Avril 1947, où elle a passé toute son enfance.  Très jeune, elle s’est révélée une femme d’une grande sensibilité artistique. Aussi, de très tôt, elle apprit le solfège et la guitare et intégra à l’âge de onze ans la chorale Stella Maris où elle eut l’opportunité de connaitre et de s’intéresser à la chanson populaire ou folklorique des îles Baléaires. Quelques années plutard, soit en 1964, Maria del Mar Bonet, accompagnée de sa guitare, commença à chanter en public en ayant un répertoire composé uniquement de thèmes du folklore insulaire. Ainsi, sa participation au «Premier Festival de la Cançó Catalana», organisé à Palme, fut l’une de ses premières actions. Un tel festival lui permit de rencontrer Raimon, Nuria Feliu et Joan Ramón Bonet, son frère qui fut membre du groupe «Els Setze Jutges»

En 1966, après ses études de beaux-arts, elle se spécialisa en études artistiques de céramique à Barcelone puis décida de s’adonner complètement à la musique. Un an plutard, Maria del Mar Bonet fit partie du groupe «Els Setze Jutges» sous l’influence de son frère ainsi que Lluís Serrahima et Remei Margarit et édita son premier disque composé de quatre chansons populaires de Minorque. Ainsi, un tel disque laissa déjà entrevoir sa passion pour la musique populaire et la culture méditerranéenne qui ont un rôle constant dans ses œuvres.

En 1968, elle édita un nouveau disque qui intégra trois principaux thèmes inspirés du folklore populaire tels que: «Cançó d’es majoral, Cançó del bon amor y Me n’aniré de casa» et une chanson écrite à partir d’une lettre de Lluís Serrahima qui s’intitule «Que volen aquesta gent» Ensuite, pendant cette même année, par l’intermédiaire de Pau Riba, elle décida de collaborer aussi avec le groupe de Folk et participa au festival historique organisé par ce groupe dans le parc «Ciutadella» Plus encore, Maria del Mar Bonet intégra aussi l’univers théâtral en participant comme actrice dans certaines œuvres comme «La nau» de Josep Maria Benet et «Vens de garbi i una mica de por» de Maria Aurèlia Capmany. En 1969, elle sortit un nouveau disque avec la chanson «jo em donaria a qui em volgués» tirée du poème de Josep Palau i Fabre. D’ailleurs, cette chanson lui a valu le prix du disque catalan.

En résumé, Figure très emblématique de la voix féminine dans le domaine artistique,  elle édita beaucoup de disques de musique folk en catalan en dépit des interdictions du régime franquiste. De plus, elle a réalisé plusieurs concerts en Europe, Afrique du Nord et Amérique Latine et participe encore à la recherche de nouvelles formes d’expressions artistiques. En 1984, la Generalitat de Catalogne lui décerna le prix distinction, «Creu de Sant Jordi». Puis, en 2011, elle reçût du Ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sports de l’Espagne la médaille d’or du mérite des beaux-arts sans compter tant d’autres.

Sources:

https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0011120.xml

https://fr.wikipedia.org/wiki/Maria_del_Mar_Bonet

mariadelmarbonet.com/ultramar/

Crédit Photo:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Langue_catalane

 

De Soirées de Barcelone à Don Quixote

Roberto Gerhard

Dans la conclusion de mon exposé, j’ai mentionné que Don Quixote reprenait plusieurs idées mises en place dans Soirées de Barcelone. Voici quelques-uns de ces éléments.

D’abord, il est intéressant de constater que le titre de Soirées de Barcelone est évidemment en français, sans doute dans le but de conquérir le public français et européen qui parle plus souvent français que catalan. Don Quixote utilise le titre en catalan du roman de Cervantes, mais le but est le même: annoncer la nationalité de l’oeuvre dans un but de propagande de la culture catalane.

Don Quixote est toutefois plus développé que Soirées de Barcelone du fait que Gerhard a pu compléter son oeuvre. Certains musicologues soutiennent même que le personnage de Don Quichotte incarnerait le rêve républicain qui se bat mais échoue contre les forces nationalistes. Pour ma part, je crois que cette interprétation expliquerait que la mélodie associée au personnage de Don Quichotte soit toujours entendue au hautbois dont le son nasillard rappelle la sonorité de la cobla catalane qui est l’ensemble instrumental accompagnant la sardane. On pourrait même aller plus loin puisque Dulcinée aussi possède une mélodie qui est jouée au hautbois. Dulcinée pourrait donc représenter symboliquement la République désirée par les républicains catalans.

Enfin, je vous propose de comparer la Dansa de les Majorales de Soirées de Barcelone ( à partir de 3 min 41) avec la présentation du thème associé à Dulcinée dans Don Quixote ( à partir de 1 min 52).

Vous remarquerez sans doute que l’accompagnement au piano fait entendre un battement de deux notes conjointes, la et si. L’étude comparative des partitions montre justement que ce sont les mêmes notes aux mêmes instruments qui sont entendues dans ces deux extraits, bien que dans Soirées de Barcelone l’accompagnement soit plus rapide.

Soirées de Barcelone : Dansa de les Majorales (3: 41)

Don Quixote : Thème de Dulcinée (1: 52)

La  »Renaixença » musicale

Nous avons abordé en classe le mouvement de renaissance culturelle que connaît la Catalogne  au XIXe. Ce phénomène est aussi présent dans le domaine musical. Une figure importante émerge et propose la création d’un art musical national par excellence. La prémisse étant de composer cette musique en récupérant la grande tradition des maîtres de musique religieuse du Siècle d’Or, mais en incluant la musique du peuple, c’est-à-dire le folklore. Ce penseur n’est nul autre que Felipe Pedrell (1841-1922).
Au début des années 1890, il compose un opéra nationaliste ayant pour titre Els Pirineus (Les Pyrénées) sur un poème de Victor Balaguer auquel il adjoint un manifeste en castillan Por nuestra musica dans lequel il expose sa conception de la véritable musique espagnole savante. Il veut ainsi contrer les versions un peu trop caricaturales de l’espagnolisme bon marché qui font les gorges chaudes dans le reste de l’Europe. L’opéra Carmen de Bizet est justement un de ces stéréotypes qu’il pourfend.

Il institue donc une classe de composition à Barcelone ou il enseigne la composition aux plus grands compositeurs espagnols du XXe siècle: parmi ses élèves figurent Isaac Albéniz, Enrique Granados, Manuel de Falla, Frédéric Mompou et Roberto Gerhard. Malheureusement, les oeuvres du maître catalan sont tombées dans l’oubli et ne sont plus jouées de nos jours.

L’apport de Pedrell aura tout de même contribué à la création d’une École musicale nationale, capable de rivaliser avec les autres nationalismes musicaux en essor en Europe, notamment en Russie, en Norvège et dans les Balkans.

L’émergence du rock catalan: quand la musique rime avec l’histoire

 

 

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Chaque peuple produit, à des degrés divers, des groupes rocks qui marquent leur génération. Il va sans dire que la Catalogne a fait de même. Cependant, ce qui rend le rock catalan particulier est que sa naissance est étroitement liée aux transformations politiques qui ont accompagné la fin de la dictature franquiste.

En Catalogne, les années 70 furent marquées par la décrépitude du régime franquiste. Un régime dictatorial où les revendications nationalistes des minorités étaient vite étouffées et ce, durant quatre décennies. L’affaiblissement dudit régime fut donc un facteur prépondérant ayant permis la création de ce style de musique. En effet, la scolarisation entièrement catalane ayant suivie la chute de Franco a fait en sorte que, durant les années 90, cette nouvelle génération pouvait fonctionner quotidiennement dans cette langue.

Le second facteur, en étroite connivence avec le premier, est l’émergence d’une jeunesse de plus en plus décomplexée d’être catalane. En effet, cette jeunesse était au diapason des grandes tendances rocks musicales du monde. Elle plaignait cependant le fait que la majorité de la musique rock était écrite en anglais ou en Espagnol. Le rock écrit en Catalan était inexistant. Un manque devait être comblé par des membres d’une société  ancrée dans la modernité, mais où le rayonnement de leur propre culture à travers la musique n’était pas au rendez-vous.

Le pari risqué que certains groupes catalans ont prit de chanter dans leur propre langue a connu un succès retentissant. En effet, l’apparition de nombreux groupes fut possible pour deux raisons: l’aide du gouvernement de la Catalogne et, surtout, une demande très positive de la part de la population face à cette offre musicale où peu osaient s’aventurer auparavant.

Il va donc sans dire qu’aujourd’hui, le rock d’origine catalane a une identité qui lui est propre et ce, malgré tous les risques qu’impliquent la composition artistique dans une langue vernaculaire.

 

Voici une chanson d’un des groupes les plus illustres de cette époque: Sopa de Cabra

https://www.youtube.com/watch?v=c8dxKscdx78

Sources

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/fr_FR/index155c.html?vgnextoid=bb5bb080776d6210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextchannel=bb5bb080776d6210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextfmt=detall2&contentid=fa3ec5bdf1378210VgnVCM1000008d0c1e0aRCRD&newLang=fr_FR

http://www.raco.cat/index.php/Catalonia/article/viewFile/171230/243331

 

L’art troubadouresque en Catalogne

L’art des troubadours, dont la présence est attestée en Catalogne à partir du XIIe siècle perdure jusqu’au XIVe et XVe siècle sur ce territoire, alors qu’elle disparaît presque complètement en Occitanie après la croisade des Albigeois. La pratique des troubadours s’était même étendue jusqu’au nord de l’Italie, mais l’usage de la langue d’oc est rapidement remplacé par la langue vernaculaire de la région, ce qui n’est pas le cas en terre catalane.

Cet art est avant tout littéraire, c’est pourquoi on conserve peu de trace de la musique qui devait accompagner cette poésie. On distingue néanmoins différents genres de chansons de troubadour dont:

canço: qui est une composition originale et dont le texte parle d’amour courtois (fine amor).

sirventès: qui est une chanson à caractère polémique et propagandiste reprenant un art connu dans le but de connaître une large diffusion.

tensó: c’est là un genre littéraire plus élevé, qui s’adresse aux trobadours directement puisque ce genre traite de débat autour des théories littéraires et la façon de composer.

On retrouve d’autres genres, mais ce sont le plus souvent des déclinaisons de la canço, qui adoptent un nom différent selon le caractère de l’amour qui est évoqué : amour d’un chevalier au loin,  lamentation d’un chevalier amoureux. Il y a même un genre spécifique pour l’amour déclaré à une bergère, la pastorèla !

Sur ce, voici un exemple de canço d’un toubadour catalan. Il s’agit d’une forme dialoguée avec prélude et interludes musicaux s’apparentant au genre de l’estampie.

 

SOURCES:

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/index0742.html?vgnextoid=b619d5e5d74d6210VgnVCM100000

http://oc.wikipedia.org/wiki/Trobador