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La Vallée du Madriu-Perafita-Claror

En 2013, lors de mon second semestre au collège, j’ai décidé que le temps était venu de m’inscrire à mon premier cours hors-programme. Afin de rester en terrain connu, j’ai choisi un cours portant sur le patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que les différents sites inscrit sur la liste de cette organisation. Bien que je n’ai jamais réussi à mémoriser la liste au complet de tout les sites, l’un d’eux est resté gravé dans ma mémoire, l’un qui se trouve justement en terre catalane: la Vallée du Madriu-Perafita-Claror.

Situé en partie dans les communes d’Encamp, d’Andorra la Vella (Andorre la Vieille en Français), de Saint Julia de Loria et d’Escaldes-Engordany, le paysage culturel de la vallée du Madriu-Perafita-Claror est une ode à l’ingéniosité des habitants des Pyrénées à travers les âges et comment, à l’aide de différents moyens, ceux-ci réussirent à extraire les ressources du territoire.  D’une certaine façon, on peut ainsi décrire ce site comme l’un des premiers exemple de système mondial de développement durable qui, par ailleurs, se découle également en exemple parfait de ce qu’était un ancien système communal. C’est pour ces raisons que le site fit son entrée sur la liste, répondant ainsi au cinquième critère de la liste de critères de sélection de l’UNESCO et, ainsi, prouvant sa valeur universelle exceptionelle. Or, qu’est-ce que ce fameux cinquième critère? Pour citer l’UNESCO elle-même, le cinquième critère signifie qu’un site « [est] un exemple éminent d’établissement humain traditionnel, de l’utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d’une culture (ou de cultures), ou de l’interaction humaine avec l’environnement, spécialement quand celui-ci est devenu vulnérable sous l’impact d’une mutation irréversible (…) ». Bien sûr, il existe plusieurs autres critères pour qu’un site soit accepté sur la liste du patrimoine mondiale de l’organisation. Néanmoins, basé sur les critères auxquels répondent un site en particulier, il devient dès lors possible de classifier ceux-ci en trois catégories: sites naturels, sites cultures, et paysages culturels, cette dernière catégorie mélangeant à la fois nature et construction humaine. Dans le cas présent, le cinquième critère (ainsi que le site en lui-même) est généralement associé à la seconde catégorie, cette vallée étant, bien que magnifique d’un point de vue naturel, considéré comme un site culturel d’importance et façonné par l’homme. En effet, généralement, les sites naturels n’ont que peu voir rien à voir avec le travail humain, faisant en sorte que la vallée est considérée sur la liste comme un témoignage d’ingéniosité humaine, l’UNESCO notant même que le site est une parfait symbiose entre homme et nature.

S’étandant sur 4 247 acres, la vallée est le résultat d’une sédimentation datant d’années précédant l’homme. Originalement plus petite, le site fut agrandi en 2006 jusqu’à la frontière entre l’Andorre et l’Espagne afin de mieux protéger ce dernier de tout problème potentiel. Loin de toute ville et route, la vallée fut historiquement préservée et gardée à l’abri de toute intervention humaine grave pouvait nuire à son authenticité, ce qui le rend des plus exceptionnels considérant le nombre important de sites de nos jours classés sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO. Ce manque total d’infrastructures rend également le site intéressant pour le touriste qui visite l’Andorre puisqu’il s’agit du seul endroit au sein de la principauté à ne pas disposer de route, bien qu’on y retrouve certaines installations agropasturales ainsi que plusieurs sentiers. Le site contient également les restes d’une activité sidérurgique unique en son genre, soit la forge à la catalane, mais également d’anciennes fromageries, étables ainsi que de vieilles maisons relatant un style de vie qui a, de nos jours dans l’Andorre moderne, disparut bien que certains bergers continuent à fréquenter la vallée avec leur troupeau.

Pour parler plus précisément du site en lui-même, le site est constitué d’une vallée étroite (la vallée du Madriu) qui, petit à petit, se fait de plus en plus petite et boisée, une seconde section de celle-ci constituant de la rivière coulant en direction d’une courte gorge. Vers le sud-ouest, la vallée de Perafita-Claror vient rejoindre la première, expliquant ainsi comment le site obtint son nom. En hauteur, on peut observé un paysages constitué principalement de glaciers, le plus souvent rocheux, ainsi que de lacs formé par l’eau des glaciers. Les plus curieux peuvent faire la suggestion que cette eau sert à abreuver non seulement les patûrages aux alentours mais également certains villages à proximité du site, renforçant ainsi le besoin de l’UNESCO de protéger cet endroit exceptionnel.

Pour conclure, comme la plupart des sites inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité, la Principauté d’Andorre a des devoirs envers ce site et ce doit d’être engagé dans sa protection. Néanmoins, la plupart des stratégies prises afin de protéger la vallée datent de 2005 et 2011, ce qui signifie que l’Andorre prend bien soin de ce trésor d’ingéniosité humaine qui marrie à la fois traditions et nature. Néanmoins, tel que le note l’UNESCO, la grande priorité du pays pour le moment est de s’assurer et de se mettre en parfaite harmonie sur une stratégie globale qui permet l’accès au bien. Il pourrait donc être intéressant de garder un oeil sur ce site, possiblement puisqu’il est possible, qu’un jour, on en entende plus souvent parler.

 

Bibliographie:

http://whc.unesco.org/fr/decisions/119

https://whc.unesco.org/fr/list/1160/

https://whc.unesco.org/fr/criteres/