Archives de catégorie : société

Sant Jordi

La Sant Jordi, une fête en Catalogne qui fait penser à une sorte de Saint Valentin catalane avec des échanges de roses et de livres, est en réalité l’une des célébrations les plus originales et festives de la Catalogne. En effet, d’un coté, c’est une fête populaire qui est célébrée le 23 Avril de chaque année et dont son origine est un mélange  de diverses traditions datant d’époques différentes. C’est une journée qui associe la culture au romantisme car les femmes se doivent de recevoir une rose et les hommes un livre.

D’un autre coté, le 23 Avril n’est pas uniquement la journée des amoureux en Catalogne mais aussi et avant tout une journée qui rend hommage à la légende de Sant Jordi, dont l’origine remonterait à la nuit des temps. D’après la légende, Sant Jordi (Saint Georges) aurait tué un dragon qui menaçait toute la communauté et du même coup il aurait sauvé une princesse des griffes de ce terrifiant dragon. Ainsi, certaines versions nous racontent que du sang du dragon sortit un bouquet de roses rouges que Georges tendit à la princesse. D’où la tradition, qui remonte au Moyen Âge, d’offrir des roses, auxquelles une foire est alors consacrée autour de la Sant Jordi.

Toutefois, au delà de cette légende,  les annales de l’histoire confirment l’existence de ce héros légendaire, Sant Jordi.  Né au cours du IIIe siècle, il fut un militaire au service des ordres de l’empereur Romain, Dioclétien, martyrisé et décapité le 23 Avril 303 par ce dernier pour avoir refusé d’exécuter son ordre de persécuter les chrétiens. Par cet acte de bravoure, un culte lui a été consacré dans le monde chrétien et en Catalogne et en devint le patron au XVe siècle.

La Sant Jordi, c’est aussi un symbole de l’identité catalane devenue, dès 1930, une fête littéraire commémorant la langue et la culture catalanes. Également connu comme le patron des amoureux en Catalogne, cette croyance vient de l’ancienne coutume médiévale qui consista à visiter la chapelle de Sant Jordi du palais de la Generalitat, où se déroulait habituellement une foire aux roses ou « aux amoureux ». Ainsi, avec le temps, la fête des amoureux évolua peu à peu en celle du livre et de la culture catalane pour devenir officiellement la Journée du Livre en 1930.

En général, la journée du 23 Avril coïncide avec de nombreux événements littéraires dont celui de l’anniversaire de la mort de deux génies de la littérature à savoir Shakespeare et Cervantès, tous deux morts le 23 avril 1616. Ce qui expliquerait pourquoi depuis 1995 l’UNESCO a fait de cette journée la  »Journée mondiale du livre et du droit d’auteur ». Chaque 23 avril, la Sant Jordi est célébrée à travers la Catalogne toute entière. Lecture de poésie, représentations de Castells, activités pour les enfants autour de la légende et bien sûr, ventes de livres et de roses résument une telle journée. C’est la fête dans toutes les rues catalanes en ce jour là!

Sources:

http://www.spain.info/fr_CA/reportajes/la_fiesta_sant_jordi.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sant_Jordi

www.catalunyaexperience.fr/sant-jordi

Crédit Photo:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sant_Jordi

Est-ce la fin pour Carles Puigdemont?

Dimanche matin, Carles Puigdemont, président destitué de la Catalogne, en cavale depuis un bon moment a été arrêté en Allemagne. Cela va sans dire que les indépendantistes sont tout de suite descendus dans la rue afin de faire part de leur mécontentement. En effet, Puigdemont est accusé de rébellion, crime passible de trente ans de prison en Espagne. Carles P n’est pas le seul à faire face à de telles accusation. En effet, environ 13 autres proches de son gouvernement sont également accusés.

Catalan Mossos d’Esquadra regional police officers clash with pro-independence supporters trying to reach the Spanish government office in Barcelona, Spain, Sunday, March 25, 2018.

Après avoir réussi à se promener librement dans certains pays Européen tels que la Belgique, la Finlande, la Suisse et le Danemark, c’est finalement l’Allemagne qui aura eut raison de lui.

Héraut de l’internationalisation de la cause indépendantiste catalane, Carles Puigdemont s’est laissé piéger par un banal mécanisme de coopération communautaire: un mandat d’arrêt européen (MAE), réactivé vendredi soir à Madrid par la Cour suprême.

Étant suivi par les services secrets Espagnols, ces derniers ont attendus qu’il pénètre dans le territoire Allemand afin de le faire arrêter, car leurs loi concernant la haute trahison sont assez semblable à celles de rebellion en Espagne.

Le pays est connu pour être l’un des États membres les plus coopératifs en matière policière et judiciaire. Et le délit allemand de haute trahison, passible de 10 ans de prison, ressemble beaucoup à celui de rébellion tel que défini dans le Code pénal espagnol. À Schuby, à une trentaine de kilomètres de la frontière danoise, la police allemande arrêtait Puigdemont puis le transférait à la prison de Neumünster

Il ne nous reste qu’à attendre la suite et espérer pour le mieux.

Sources: Le figaro.fr
Lapresse.ca

Viure, o no viure… that is the question

Les pièces de Shakespeare connurent au début du XIXe siècle, un regain de popularité partout en Europe. Les nombreuses traductions françaises, allemandes, italiennes et espagnoles ont essaimé la parole du Barde — qui atteignit inévitablement la Catalogne.

Dídac Pujol, spécialiste des traductions de Shakespeare à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, explique dans un article publié en 2012 dans la revue Babel, que les motivations derrière les premières traductions catalanes de Shakespeare sont d’ordre nationaliste : « The purpose of translating Shakespeare was to help regain the Catalan culture. » (p.97) Les desseins des traducteurs catalans de Shakespeare sont simples : créer un répertoire théâtral catalan basé sur le canon européen.

Si rien, au premier coup-d’œil, ne semble rapprocher le catalan de la Renaixença de l’anglais élisabéthain, ces deux langues partageaient pourtant, selon Vanessa Palomo, auteure d’une étude sur les traductions shakespearienne de Josep Maria de Sagarra,  la caractéristique d’être à leurs époques respectives en construction. Les possibilités d’inventions linguistiques du catalan à la fin du XIXe siècle étaient donc immenses. Beaucoup d’écrivains aux intérêts divers — des poètes surtout — essaieront de tirer parti de cette flexibilité du catalan. Le jeune Carles Riba publie en 1909 sa traduction des Sonnets ; onze ans plus tard, Magí Morera i Galícia termine son Hamlet catalan.

Mais les bottes franquistes foulent Barcelone le 26 janvier 1939 et l’on confisque dans toute la ville le matériel d’imprimerie. L’usage du catalan est interdit dans les sphères administratives et les œuvres littéraires écrites dans cette langue doivent à partir de ce moment être clandestines. Ce n’est qu’à partir de 1945 qu’on autorise les traductions littéraires – à la condition qu’elles soient bien sûr des « recréations littéraires », et non de simples traductions. Toute traduction qui  ne répondrait pas à cette condition se verra interdite. Lorsque Josep Maria de Sagarra publie dans les années 1950, avec l’aide financière de Santiago Martí, ses traductions des pièces de Shakespeare, il doit donc les antidater : 1935.

Sagarra, déjà connu pour avoir remporté plus jeune de nombreux prix pour ses poèmes et ses pièces de théâtre, revient en 1940 en Catalogne. Les prolifiques années 1930, il les a terminées à Paris avec des artistes espagnols et français de l’entre-deux-guerres. Il y écrivait des articles qu’il envoyait aux journaux catalans, mijotait un roman et s’était même mis à la traduction de la Divine Comédie en catalan. Mine de rien, il avait pris goût à cette traduction. Mais ce qu’il préférait tout de même, c’était écrire pour la scène. Il avait tourné son œil sur l’oeuvre de Shakespeare : en traduisant un auteur de cette stature, il s’en pourrait s’en donner à cœur joie. Il mêlerait le pittoresque du théâtre populaire catalan, qu’il connaissait bien, et la fracassante langue qui était la sienne, celle de l’époque moderne.

Pujol comme Palomo soulignent les qualités des traductions de Sagarra : le rythme et la rime sont conservés, tout comme le ton général. Le traducteur privilégie cependant l’originalité et l’oralité du texte original au détriment parfois du sens. Si la lecture comparative révèle des différences sémiotiques, la représentation des pièces sur scène donne cependant raison au traducteur ; ses traductions sont faites pour être jouées, être dites et non seulement lues. « Sagarra is one of the best Catalan translators of Shakespeare’s plays precisely because of the fictive orality he constructs, employs and exploits » conclue Pujol en rappelant que Sagarra demandait à des acteurs de lui faire des suggestions pour améliorer ses pièces et ainsi s’assurer qu’on pourrait jouer son Shakespeare.

sources:

Dídac Pujol, « Josep Maria de Sagarra, a Catalan translator of Shakespeare’s plays », revue Babel, vol 58-1, 2012 – voir également le site très complet de ce professeur de traduction: http://www.didacpujol.com/

Et l’article de Vanessa Palomo:

https://publicacions.iec.cat/repository/pdf/00000243/00000021.pdf

Història de Catalunya

Pour ceux qui ne me connaissent pas, s’il y a une chose que vous devriez savoir à mon sujet, c’est que j’adore les dessins animés. Lorsque je reviens à la maison après une longue et dure journée à l’université, il n’y a rien de mieux qu’un bon épisode d’une série que j’aime accompagné d’une tasse de chocolat chaud pour me redonner de l’énergie. Récemment, une série que je me suis découvert un plaisir fou à regarder est ‘Història de Catalunya’, une série de 39 épisodes de 15 minutes chaque produite par la Télévision catalane afin de célébrer le millénaire du début de l’histoire (politique) de la Catalogne.
Créée sous la supervision de Claudio Biem Boyd et financée par TV3, cette série vit le jour en 1988. À partir de ce moment, et ce, jusqu’en 1989, un nouvel épisode joua sur les ondes tous les samedis avec une reprise de celui-ci chaque jeudi matin pour accommoder les téléspectateurs absents lors de la première. Le principe de la série est tout simple: il s’agit d’une synthèse de l’histoire de la Catalogne qui raconte, de la préhistoire jusqu’aux temps modernes, les évènements ayant marqué le territoire et ces citoyens. En effet, il faut comprendre qu’au moment de la création de ce programme, l’Espagne vient de sortir d’une longue période de dictature pendant laquelle les habitants des territoires de culture et langue catalane ne furent pas enseigné leur histoire à l’école. Autre célébrer le millénaire de la Catalogne, la fin de la dictature fut l’autre raison importante ayant mis la puce à l’oreille de plusieurs qu’enseigner l’histoire de leur pays à la jeunesse catalane n’était pas une mauvaise idée.
Responsable de la trame historique, l’historien Ainaud de Lasartene put également compter sur l’aide de deux autres spécialistes pour l’aider à faire de la recherche dans le but de créer une image la plus authentique possible de la Catalogne d’alors. Joan Solé et Anna Durán furent ceux qui, à l’envers du décor, guidèrent les animateurs afin de s’assurer que chaque maison, chaque costume et détail reflète de manière exacte les périodes explorer dans l’émission. L’équipe fut complétée par Eduard Bonet, coordinateur et personne responsable du travail final que tous purent admirer tous les samedis.
Tout cela nous amène maintenant à parler de la mascotte de la série, Dragui. Créée afin de servir de narrateur, Dragui est un petit dragon aux écailles roses et au sourire contagieux dont la particularité est son incapacité à cracher du feu. Tel que l’explique Biern, l’idée d’utiliser un dragon comme narrateur vient surtout de l’idée de retourner sens dessus dessous l’image négative que présente cette créature comme agent du mal. En effet, après quelques minutes, il apparaît évident que Dragui est sympathique et même, entre champs de batailles, traités et trahisons, capable de faire des blagues. Autre la lourde tâche d’expliquer à tous les évènements du jour, ce dernier est également responsable de briser la monotonie de la narration historique afin de la rendre plus amusante et intéressante pour les téléspectateurs. Après tout, il ne faut pas oublier que cette série fut produite pour les 10 à 12 ans, bien qu’elle peut être vue par tous et même intéresser les plus grands en raison des détails historiques de chaque plan.
Finalement, la série tira sa référence un an après son arrivée sur les ondes, le 23 juillet 1989. Néanmoins, malgré sa courte existence, celle-ci réussit son mandat et marqua les esprits de manière à ce que, aujourd’hui, certains épisodes soient même vus en classe en tant que matériel complémentaire. C’est ainsi que je peux vous parler de cette dernière, mon premier contact avec Dragui et l’histoire de la Catalogne s’étant produit pendant un cours à l’Université de Montréal. Mais peut-être est-ce une bonne chose: après tout, quel mal y a-t-il à se laisser entraîner par ce dernier dans un extraordinaire voyage couvrant plus de mille ans d’histoire?

Bibliographie:

http://hemeroteca.lavanguardia.com/preview/1988/10/23/pagina-61/33050049/pdf.html

http://hemeroteca.lavanguardia.com/preview/1989/07/23/pagina-1/33080799/pdf.html

Pere II el Catòlic – Pierre II le Catholique

Nous étions en 1176. Sancha de Castille accouchait de son premier fils  cette année où fut conclue la paix de Tarascon. Alphonse, second du nom,  père de cet enfant et comte de Barcelone, de Besalú, de Gérone, de Roussillon et roi d’Aragon, le nomma Pierre.

La prise de la Castille par les troupes almohades du calife Abu le Victorieux et la conséquente défaite d’Alphonse dit le Noble, neveu du roi d’Aragon, forcèrent le souverain catalan à s’allier d’anciens rivaux pour contrer la progression de l’envahisseur. Afin d’assurer la victoire de ses nouveaux alliés sur les Maures, le roi entreprit un pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Les chemins qui menaient vers la Galice étaient ardus ; peu de temps après son retour de voyage, avant d’atteindre ses quarante ans, Alphonse II succombait à un mal mystérieux. Au jeune Pierre, le testament attribua le royaume d’Aragon et les comtés de Barcelone et de Roussillon.

Très actif dans les premières années de son règne, Pierre II signa entre autre un pacte de non-agression avec Gênes et scella une très éphémère entente avec l’Empereur des Almohades.

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D’un malheureux  mariage avec Marie de Montpellier il obtint le comté fort convoité de Montpellier et deux enfants, une fille prénommée Sancha et un fils, Jacques, qu’on allait surnommer le Conquérant. Dès le second automne, on entama des procédures de divorce auprès d’Innocent III. Sans attendre l’agrément papal, Pierre demanda la main de la reine de Jérusalem, Marie de Montferrat, et proposa d’organiser une croisade pour protéger la Terre Sainte.

Il s’allia en 1204 à Alphonse VIII, roi de Castille qui allait l’aider dans la bataille contre les Almohades, dans les vallées de la Sierra Morena.

Les efforts de paix que Pierre II avait entrepris entre les populeuses familles royales d’Occitanie et de Provence ne durèrent que quelques années, car en 1208 le très saint Innocent III ordonna que fussent lancées des attaques contre les Albigeois. Les cibles de ces attaques – des alliés de Pierre II – demandèrent l’intercession de celui-ci. Pierre assista donc, un froid midi de janvier 1211, à la rencontre entre Simon de Montfort, le représentant des croisés, et le vicomte de Béziers et de Carcassonne. Pour éviter que ne se poursuivît le bain de sang, on convint de marier le fils de Pierre, le petit Jacques, à la fille de Simon de Montfort.

Les troupes de Montfort ne tinrent pas longtemps compte de cette trêve et rattaquèrent Toulouse et les cathares. Pierre II qui était occupé d’autre guerre, tourna son regard sur l’Occitanie et décida de venir en aide au vicomte de Carcassonne. Les troupes de Simon de Montfort surpassèrent celles du comte de Barcelone. Ce dernier succomba à ses blessures le 14 septembre 1213, excommunié par Innocent III.

Les frères hospitaliers de Toulouse qui avaient recueilli la dépouille, durent donc la garder jusqu’à ce qu’Honorius III héritât de la tiare vaticane, en 1217. On permit alors que Pierre fût inhumé dans la cour du monastère qu’avait fondé sa mère trente ans plus tôt.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Las_Navas_de_Tolosa

https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0002461.xml

https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0050109.xml

Une réforme anachronique

Depuis maintenant plus de 30 ans, le système éducatif public catalan prône une approche « immersive » en langue catalane, programme consistant dans les grandes lignes à l’utilisation du catalan comme langue véhiculaire dans tous les établissements d’enseignement de niveau primaire et secondaire public. L’ « immersion linguistique » qui en résulte a fait ses preuves et est reconnue par les pédagogues de par le monde pour ses résultats étonnants, tant sur le plan des compétences linguistiques – en catalan et en espagnol – qu’en ce qui a trait à l’intégration des nouveaux arrivants.

Affiche du mouvement Som Escola, défendant le modèle éducatif catalan.

Cependant, voilà que, depuis 5 ans, le spectre d’une réforme de Madrid plane sur le modèle d’éducation catalan et il à de quoi inquiéter ses défenseurs.

En effet, il se trouve que le ministre de l’éducation du gouvernement espagnol, en poste de 2011 à 2015, José Ignacio Wert, a annoncé en 2012 une réforme qui imposait une prédominance de l’enseignement en (et de l’) espagnol, balayant ainsi du revers de la main le système en place dans la communauté autonome.

Ministre de l’Éducation, des Sports et de la Culture du gouvernement espagnol (PP) de 2011 à 2015, José Ignacio Wert.

Bien qu’après les déboires du Partido Popular (PP) de l’année dernière un nouveau cabinet avec comme ministre de l’éducation Íñigo Méndez de Vigo ait été formé, les réelles intentions du gouvernement de Mariano Rajoy demeurent incertaines et provoquent encore des craintes auprès la Generalitat.

Les arguments amenés par Madrid s’en prennent entre autres au « manque de perspectives » d’une génération avec le catalan comme langue principale et à la « persécution de l’espagnol » en terre catalane, parlant même dans ce cas d’une sorte d’ « inversement des rôles », où l’espagnol serait voire « persécuté » comme l’était auparavant le catalan.

Manifestation pour l’école en catalan.

Nul besoin d’expliquer l’opposition en bloc, tant politique que citoyenne qui s’est observée en 2012 et en 2013 en Catalogne. Cet « affront » de Madrid passe même pour une forme de jalousie du gouvernement espagnol de la réussite du modèle catalan dans le domaine de l’éducation.

Même si le projet de réforme en est au point mort, il n’est reste pas moins préoccupant d’observer cette perspective, d’autant plus que même les partis d’oppositions à Madrid y critique une ingérence « tendencieuse » du gouvernement central dans les politiques en matière d’éducation de toutes les communautés autonomes.

Un dossier à suivre donc, ne serait-ce que pour voir si encore une fois, le mouvement citoyen catalan saura se mobiliser!

Sources:

http://www.lindependant.fr/2012/12/06/ce-texte-qui-remet-en-question-le-statut-de-la-langue-catalane-trente-ans-d-immersion-linguistique-en-catalogne,1708404.php

http://www.elperiodico.com/es/politica/reforma-educativa-wert.shtml

http://ccaa.elpais.com/ccaa/2015/05/21/catalunya/1432231735_814354.html

Images:

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http://cdn.bleedingcool.net/wp-content/uploads/2014/02/jose-ignacio-wert.jpg

http://estaticos.elperiodico.com/resources/jpg/5/2/imagen-manifestacion-tarragona-somescola-este-lunes-1355165817025.jpg

 

Pourquoi -tous- s’intéresser à la Catalogne?

Bien sûr, les raisons sont multiples pour s’intéresser à la Catalogne. Certains sont fans du FC Barcelone, d’autres ont eu le coup de cœur pour la capitale et son charme incontestable. Personnellement, c’est sa richesse culturelle, ses paysages magnifiques, sa langue proche de la mienne et son débat indépendantiste très différent du nôtre qui m’ont accroché au départ. Si ces éléments font toujours de moi un catalonophile, une autre raison pour m’intéresser à cet univers particulier est venue supplanter les autres.

La Catalogne réussit là où plusieurs pays occidentaux échouent: intégration des immigrants, démocratie très vivante avec une forte participation citoyenne au débat politique, capacité à valoriser le patrimoine et la tradition du passé en symbiose avec l’innovation et la modernité du futur, en plus d’une réussite économique et d’un rayonnement international impressionants. À l’instar des fameux pays scandinaves dont on vante sans cesse le modèle socialiste de réinvestissement collectif des richesses, la Catalogne devrait nous servir de modèle de réussite pour faire face à de graves crises qui affectent l’ensemble des pays occidentaux.

La Catalogne est un terreau de diversité et d’échanges culturels qui a aujourd’hui la chance de se retrouver à l’écart des tendances xénophobes qui s’épanouissent dans nombre de pays occidentaux. La Catalogne vit en symbiose avec les nombreux émigrés et enfants d’émigrés Espagnols qui s’y sont installés en masse depuis un siècle. Elle vit aussi notablement bien avec l’immigration internationale numériquement très importante qu’elle a accueillie dans les dernières années. L’apprentissage du catalan auprès des émigrés internationaux est un réel succès. Quelle est la recette de ce succès? Excellente question à laquelle je ne saurais répondre… mais dont l’intérêt pour plusieurs pays d’Europe et d’Amérique du nord est évident. Les plus de 100’000 Catalans qui ont manifesté récemment pour accueillir plus de réfugiés ont surement fait sourciller bien des politiciens habitués à d’autres rhétoriques…

Depuis des décennies, les pays occidentaux s’auto-proclament défenseurs de la démocratie. Le problème est que le sens démocratique des citoyens se tari: cynisme à l’égard des politiciens, faibles taux de participation, tendance à avoir de l’intérêt pour les élections qu’une fois par quatre ou cinq ans, sentiment de n’avoir aucun contrôle sur les grandes décisions de la société et amplification de l’isolement des citoyens dans le trouble de la vie individuelle et familiale. Il est remarquable de voir un peuple, ou du moins une importante fraction  d’un peuple, avoir une intensité politique aussi vigoureuse que celle des Catalans. Cette vigueur du débat est très originale, elle ne se reflète pas nécessairement par des taux de participation aux élections élevés; la forte tradition anarchiste et le réflexe de méfiance envers le gouvernement typique des peuples habitués à la soumission étrangère font en sorte que le peuple catalan exprime ses idéaux politiques dans une large gamme de plateformes. Par exemple, la société civile a pris le dessus sur le gouvernement de la Generalitat pour promouvoir l’indépendance, en lui imposant son programme et en organisant un vaste réseau de mobilisation nationale. La meilleure incarnation de ce trait caractéristique est la ténacité avec laquelle des Catalans proposent leur vision de la société dans les entreprises qu’ils fondent, les communautés qu’ils forment et dans les innovations qu’ils peuvent accomplir.

Le troisième trait remarquable du peuple catalan qui devrait intéresser tout le monde est son habile valorisation des traditions et du terroir -sans tomber dans un culte aliénant d’un âge d’or passé- tout en demeurant tourné vers la modernité et l’innovation. Dans nos sociétés où une importante partie du tissu social s’est évaporé, pour le meilleur parfois, mais aussi au profit d’un individualisme exacerbé, cette capacité de garder d’actualité des sujets historiques ou des traditions nationales et de valoriser des éléments du terroir est incroyablement précieuse.

Je ne sais pas si un Catalan serait d’accord avec ma réflexion sur ces originalités catalanes, mais d’un point de vue extérieur, il est certain que ce peuple très original détient des pistes de solution pour penser notre société. Qu’en pensez-vous?

Visite touristique du quartier El Born à Barcelone

Le quartier El Born inspire un sentiment de villégiature à l’intérieur de l’immense ville qu’est  Barcelone. Tout comme le vieux gothique, il fait partie des deux quartiers qui forment la partie la plus ancienne de la ville. Ensemble, ils renferment les richesses historiques et culturelles de la région.

A l’époque médiévale, c’est à cet endroit que se produisait les joutes et les exécutions suites aux accusations de sorcellerie. Il faut attendre le 13e siècle pour que le développement commercial de la région s’épanouisse fondant ainsi les bases de ce quartier qui est maintenant considéré comme un environnement « bobo » et sophistiqué et ou le coût de la vie est plus élevé que les quartiers voisins. C’est dans les années 1980 que la ville à décider d’effectuer de la restauration à l’échelle du quartier, ce qui en fait maintenant un foyer pour l’art et la culture.

Situé tout près du port, il faut dix minutes pour se rendre à la mer permettant ainsi d’offrir une vie nocturne prisée et un accès facile à la plage. Cette combinaison est très intéressante pour les touristes qui visite la ville de Barcelone.

Les endroits les plus visité de ce lieu sont Eglise Santa Maria del Mar, le Palau de la Musica Catalana et le Musée Picasso. Tout d’abord, l’église de style gothique offre de nombreux concerts qui sont financièrement accessible à tous. Elle fut l’inspiration de l’écrivain espagnol Ildefonso Falcones qui publia un livre en 2006 nommé La cathédrale de la mer. Un peu plus loin après une marche à travers les ruelles du quartier se dessine le Palais de la Musique au style architecturale plus moderniste. C’est l’un des plus grands emblèmes de la culture catalane, endroit où les grands interprètes vont s’y produire musicalement et théâtralement. Par la suite, il est conseiller d’aller visiter le Musée Picasso. On y retrouve les œuvres de jeunesse de Pablo Picasso lorsqu’il vivait dans la ville de Barcelone. À travers son art, il est possible d’admirer l’expression de sa relation avec cette ville.

 

https://www.barcelona-tourist-guide.com/fr/quartiers/el-born.html

http://fr.barcelona.com/guide_barcelone/visite_circuit_barcelone/el_born

http://www.onedayonetravel.com/visite-du-quartier-el-born-a-barcelone/

Quartier touristique Le Barri Gotic à Barcelone

Un des quartiers les plus populaires et les plus visités à Barcelone est le quartier gothique. Il est également le plus vieux centre historique et culturel de cette ville. Les premiers à occuper ce territoire en tant que ville furent les Romains qui y ont érigé la cité alors nommée Barcino. Il y a encore à ce jour des ruines visibles ainsi que des façades de bâtiments qui datent de l’époque romaine dont des murailles conservées se rapprochant du IVe siècle, ce qui fait le bonheur des amateurs d’architecture et d’histoire. En se rendant dans l’un des musées d’histoire de la ville, il est possible de remonter dans le temps et d’admirer les premières fondations de Barcelone.

 

Les touristes font la visite de ce périmètre principalement à pied en raison du caractère très étroit des ruelles. À ce jour, il est possible d’observer une architecture très variée dans ce quartier, puisqu’il y a un côtoiement entre les bâtisses plus anciennes et les nouvelles constructions. Il est possible d’observer l’évolution des lieux à travers différents styles, commençant avec l’art gothique, puis l’art roman et finalement avec les constructions plus modernes du XXe siècle. La Cathédrale gothique est un des lieux les plus visités pour cette raison. Ce mélange de style attire les visiteurs de toutes les régions autant nationales qu’internationales. Suite à leur visite, les gens vont se promener dans les ruelles étroites du quartier profitant de ce labyrinthe pour observer les merveilles architecturales autour d’eux.

 

La Placa Reial, avec ses bâtiments de style napoléonien, est un très bon endroit pour se détendre et acheter des souvenirs dans les boutiques environnantes. Au milieu, on y retrouve une fontaine avec deux lampadaires à chaque extrémité construits par Antoni Gaudi dans sa jeunesse et ceux-ci comptent parmi ses premières œuvres artistiques.

 

https://www.barcelona-tourist-guide.com/fr/quartiers/quartier-gothique-barcelone.html

http://www.onedayonetravel.com/conseils-pour-mieux-visiter-le-quartier-gothique-de-barcelone/

Une monnaie locale nouveau genre arrive à Barcelone

Il y a de cela 15 ans, l’euro était implanté dans douze pays de l’Union européenne. Porte-étendard d’un nouveau modèle économique, d’une quasi-fédération de marchés partageant une devise commune, la monnaie unique a toujours eu ses détracteurs et ses partisans, mais tous s’entendent pour dire que depuis 2002, l’économie a bien évolué.

Parmi les signes de ce changement de direction, le foisonnement des monnaies locales, dont l’usage et la valeur fiduciaire est restreint à une ville ou à une région donnée, illustre à merveille un retour relatif au « petit marché ». Alors qu’ici, au Québec, le mouvement de l’« achat local » a le vent en poupe, des villes européennes comme Bristol et Toulouse, elles, ont pris les devants en créant une économie parallèle dans leur aire urbaine dans le but d’encourager le marché local.

Billets de la Bristol Pound, monnaie locale « modèle » en Europe.

Ada Colau, mairesse de Barcelone, désire toutefois aller plus loin. Déjà dans sa plateforme électorale, avec laquelle elle a supplanté le maire sortant aux élections de 2015, elle parlait d’implanter une monnaie parallèle, qu’elle qualifiait dès lors tant de « locale » que de « sociale ».

Ada Colau, mairesse de Barcelone depuis 2015.

L’usage de cette monnaie, dont la forme et le nom exacts restent encore à déterminer, ne viserait pas uniquement à encourager l’achat local; la devise barcelonaise permettrait également à la ville de financer de petites entreprises et même d’octroyer des subventions et des microcrédits à des personnes en situation précaire.

Logo du projet.

Mais c’est justement là que la future monnaie pose problème aux yeux de Madrid. En effet, la Banco de España avait déjà indiqué en 2015 craindre l’implantation d’une telle devise parallèle, qu’elle a qualifiée d’« indésirable », voire d’« impossible », en dépit des exemples de réussite comme la ville de Bristol, au Royaume-Uni.

Les opposants au projet dénonce également que la monnaie soit associée, à leur avis, au mouvement indépendantiste, même si son usage en soi n’encouragerait que l’économie locale dans la région de la capitale. De ce fait, le Partido Popular de Catalogne, parti conservateur anti-indépendance, rejette l’idée du revers de la main.

2017 devrait pourtant voir les balbutiements du projet de monnaie unique, qui, si elle est bel et bien introduite cette année, risque fort d’être virtuelle. D’ici deux ans, elle circulerait dans des quartiers moins nantis de Barcelone, avant d’intégrer l’économie de toute la ville en 2019.

Si cette monnaie sociale est un succès, Barcelone deviendra la plus grande ville européenne à mener à bien un tel projet. Tout ce dont Ada Colau et ses conseillers ont besoin, c’est une confiance forte en cette devise, sans laquelle elle se tranformerait en un projet mort-né. Heureusement, si la tendance se maintient, une importante partie des conseillers à la mairie et une majorité des Barcelonais seront favorables à l’initiative de la mairesse et chef de Barcelona en Comú.

Qui sait donc si, près de dix ans après la crise économique ayant durement frappé le pays, Barcelone ne deviendrait pas dans quelques années le porte-étendard d’une nouvelle économie à échelle plus humaine et aux motivations anticapitalistes. Dossier à suivre!

Sources:

http://gaceta.es/noticias/junqueras-eurocat-moneda-catalana-independencia-30052016-1152

http://www.20minutos.es/noticia/2888065/0/prueba-piloto-barcelona-moneda-local-virtual-ada-colau-en-comu-podem/

http://www.larazon.es/espana/junqueras-impulsa-la-moneda-catalana-en-pleno-riesgo-de-quiebra-AB12754253

http://ccaa.elpais.com/ccaa/2016/11/14/catalunya/1479126762_781950.html

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