Archives de catégorie : folklore

Des municipalités font la promotion de la sorcellerie et du tourisme des bandits.

Si vous avez lu l’article sur les sorcières, vous aller apprécier celui-ci.

Il est question de la tradition ainsi que de l’héritage laissé par les sorcières de Catalogne, ces femmes mortes injustement, qui à une époque évoquait peur et malédiction, mais qui maintenant sont synonymes de joie et de festivités!

Les sorcières font partie du folklore catalan et sont encore d’actualité. Certaines municipalités proposent des activités directement liées à cette partie de l’histoire, ainsi qu’à l’univers de bandits. Les sorcières attirent plusieurs touristes chaque années grâce à toute l’histoire et la stimulation de l’imaginaire qu’elles provoquent. À Sant Feliu Sasserra, il existe un musée et une section de collection, dédier à cet univers fantastique, mais qui reste inspiré de faits réels. Il s’agit du centre d’interprétation de la sorcière. La visite guidée se déroule en trois parties : Une visite guidée du centre, ainsi qu’une séance de questions – réponses. La seconde partie consiste à une projection d’un peu plus de 15 minutes traitant de l’histoire, mais également des techniques de tortures utilisées de l’époque. Et la troisième partie est une visite de la ville, son histoire, ainsi que la visite de certains lieux culte où des sorcières ont été exécutées.

Il existe même à Centelles, un festival nommé le repère des sorcières, faisant référence à de vieux proverbes voulant que toutes les femmes de cette région soient des sorcières. Il en va de même pour la municipalité de Cervera, qui elle aussi célèbre les sorcières pour clore la saison estivale. Il est questions de défilés, danses et performances, on y passe tous les éléments de la sorcellerie, tel que des sorcières faisant des potions autours de chaudrons jusqu’aux démons dansant avec les sorcières et ainsi de suite. D’autres municipalités ont pris des initiatives semblables au cours des dernières années, proposant des parcours et des visites de lieux culte en pleine nuit, des visites guidées, ainsi que des représentations théâtrales dans les forêts. Ces festivités sont chose courante en Catalogne comme nous pouvons le constater.

Sources:

Réunion des Sorcières de Cervera près de Barcelona (Catalogne)


https://www.barcelonaesmoltmes.cat
https://www.ara.cat/cultura/Bruixes-bandolers-Sant_Feliu_Sassera-Montseny_0_753524770.html

Le Canigou

Premièrement, il est important de mentionner que le poème décrit ici fait partie d’une œuvre beaucoup plus large contenue dans un livre.  Canigó est un poème épique écrit en 1886 par Jacint Verdaguer. Il est un des textes les plus emblématique de la Renaixença catalane. Il faut tout d’abord se rappeler l’importance des Pyrénées et plus particulièrement du pic du Canigou pour saisir l’ampleur du poème. Il est le plus haut sommet oriental de la chaîne des Pyrénées et par temps clair nous pouvons apercevoir la ville de Barcelone. Il est aussi connu pour héberger l’abbaye de Saint-Martin du Canigou. À quelques jours du solstice d’été, plusieurs centaines de randonneurs apportent au sommet du Canigou des bouts de bois qui seront embrassés par une flamme sacrée qui brûle depuis 1960.  Elle est ensuite redistribuée dans tous les villages catalans et même en Provence pour allumer les feux de la Saint-Jean. C’est un symbole de partage et de fraternité. Un rituel précieux aux yeux des Catalans.

Ce poème est un excellent exemple du style littéraire et poétique de la Renaixença catalane qui se situe autour de 1833 et qui se termine dans le dernier quart du XIXe siècle. Nous remarquerons la volonté de faire renaître la culture, l’histoire, le passé glorieux et la langue catalane dans la majorité des œuvres de cette époque en Catalogne. Ce mouvement culturel et nationaliste, promulgué par la nouvelle bourgeoisie catalane, s’inscrit dans le courant du romantisme européen. Le poème de Verdaguer suit une logique et il est structuré en vers et en strophe égales et rythmées en comparaison aux différents styles littéraires qui suivront telle que le modernisme, le Noucentisme et surtout de l’avant-gardisme.  Ce poème remonte aux origines de la nation catalane qui vit probablement le jour dans quelques parts dans les Pyrénées entre la France et la Catalogne. Le poème ne traite pas des frontières et des pays, mais évoque les peuples et le passé lointain de ces montagnes dont le Canigou en est le plus haut sommet : « …à hauteur d’astre, je te couronne de gloire; au-dessus il n’y a que Dieu. » Ces montagnes qui ont été aux premières loges pour contempler une bonne partie de l’histoire européenne occidentale :

« De combien de guerres le Roussillon n’a-t-il pas été le théâtre ?

Porte de l’Ibérie, combien de nations n’a-t-il vu passer?

Les montagnes, gradins de cet amphithéâtre

Ont vu sur la plage grandissante se battre plus de peuples

Que de vagues dans la mer. »

 

Bibliographie :

FRANCE INFO, 3 Occitanie,  Le Canigou : le sommet catalan, [en ligne], http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/pyrenees-orientales/perpignan/le-canigou-le-sommet-catalan-1042025.html  [page consulté le 16 novembre 2017].

RÀFOLS-SAGUÉS, Elisabet, chargé de cours Université de Montréal, Note de cours Panorama des littératures catalanes (automne 2017), CTL 1140.

WIKIPEDIA, Canigó, [en ligne], https://fr.wikipedia.org/wiki/Canig%C3%B3 [page consulté le 16 novembre 2017].

Caga Tió, Tió de Nadal

Le père Noël, largement devenu commercial avec l’aide de Coca-cola est présent dans de très nombreux pays. En Catalogne il y a une tradition qui perdure et qui reste très importante et très populaire, le Tió de Nadal.

Originairement le Tió de Nadal, ou buche de Noël, était un véritable morceau de bois que les familles mettaient au feu et son cadeau était la chaleur qu’il procurait à la famille. La buche est devenue petit à petit un « véritable » personnage, avec des petites jambes, un visage arborant un large sourire et une barretina, le chapeau traditionnel catalan. Le Tió est recouvert d’un drap afin qu’il n’attrape pas froid.

Tió_de_Nadal

 

C’est à partir du 8 décembre que les enfants donnent à manger chaque soir au Tió en posant la nourriture sur une assiette en avant de lui. Le lendemain la nourriture n’étant plus dans la les enfants pensent donc que le Tió a tout manger, comme avec le biscuit et le verre de lait du père Noël. Plus on lui donne à manger, plus il va donner des cadeaux. Les cadeaux ne sont pas gros, surtout des bonbons, des noix, des turrons ou des chocolats.

La veille ou le jour de Noël, une véritable frénésie s’empare des enfants dans l’attente que le Tió chie les cadeaux. Le mot « chier » n’est pas utilisé au hasard et fait partie des différents éléments « culturo-scatophile » en Catalogne (comme le « caganer », petit personnage de la crèche de noel qui chie). Les parents utilisent différents stratagèmes afin de détourner l’attention des enfants pour pouvoir mettre les cadeaux sous le drap du Tió. Certains vont dire aux enfants d’aller mouiller le bâton avec lequel ils vont frapper le Tió pour que cela fonctionne mieux, d’autres vont dire que le Tió est gêné de chier devant eux et qu’ils doivent aller chanter ou compter dans une autres pièce.

Les enfants armés d’un bâton se mettent à frapper le Tió en chantant des chansons lui ordonnant de chier les cadeaux.

Caga tió,Caga torró,
Avellanes i mató,
Si no cagues bé
Et daré un cop de bastó.
Caga tió!

Chie, bûche,Chie torrons,
Noisettes et fromage,
Si tu ne chies pas bien,
Je vais te donner un coup de bâton.
Chie, bûche !

Après plusieurs chants, les enfants sont littéralement hystériques et ne peuvent plus attendre, c’est alors qu’on soulève le drap afin de découvrir ce que le Tió cache. Ce rituel peut être fait plusieurs fois jusqu’au moment ou le Tió n’a plus rien à chier, les enfants découvrent alors un hareng, un oignon, une merde en plastique ou simplement rien du tout. Les enfants le font souvent à l’école, chez les amis ou encore chez la famille.

Bien que le père Noël américain sois de plus en plus populaire cette belle tradition fait partie intégrante du folklore Catalan et laisse de très bon souvenir à ceux qui l’ont fait lorsqu’ils étaient plus jeune.

Souces:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ti%C3%B3_de_Nadal

Marta Pérez i Morguí

L’Aplec del Caragol

La Catalogne possède de  très nombreuses fêtes liées à la gastronomie. Des fêtes traditionnelles ou pour célébrer la récolte de certain produits. Ces fêtes sont des éléments très important car c’est surtout un moyen de plus pour se retrouver, de socialiser et de s’amuser. Ces fêtes sont des évènements très rassembleur et agissent comme un véritable ciment dans la société catalane.

Il y en a une qui m’est particulièrement chère car elle vient de la ville natale de ma femme, l’Aplec del Caragol de Lleida. Cette fête se déroule annuellement au mois de mai depuis 1980. La première édition a rassemblé 300 personnes regroupés en « colles » et 4000 visiteurs. Une « colla » est un groupe de personnes, avec un nom souvent drôle, portant un chandail de couleur et un mouchoir autour du cou un peu à la manière des « colles » de castellers. Ces groupes se retrouvent au « Camps Elisis » sur les bord de la rivière Segre pour célébrer l’escargot et l’excès. Dans cette région l’escargot est très populaire et les gens en raffolent littéralement. Il est très commun de se retrouver en famille et amis la fin de semaine afin d’en manger comme nous le ferions ici avec nos barbecue.

Depuis la première version l’Aplec a pris beaucoup d’ampleur et a même été déclarée fête nationale d’intérêt traditionnel par la Generalitat de Catanlunya en 2002. Aujourd’hui il y a environ 100 « colles » et 200.000 visiteurs. En 2012, 12 tonnes d’escargots ont été dévorés de toutes les manières possible. Cette manifestation gastronomique intègre des concerts de musique populaire, des fanfares, des activités pour les enfants, des concours et beaucoup d’alcool!

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La fête commence par un souper le vendredi ou chaque « colla » est responsable de la préparation des escargots et autres mets. Les activités durent jusqu’à dimanche après-midi. Pendant ce temps, les visiteurs peuvent déguster les différentes recettes et participer aux activités proposées. Le dimanche matin toutes les « colles » se retrouvent dans la partie haute de la ville afin de faire « la rua », un défilé à travers Lleida. Traditionnellement les habitants leur lance de l’eau depuis leur balcon.

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Finalement les « colles » arrivent au pont et les organisateurs leur donne un ruban comme preuve de participation à cette édition qu’ils rajoutent fièrement sur leurs étendards avant d’entrer au « Camps Elisis » pour manger le dernier repas de cette grande fête.

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Sources:

Marta Pérez i Morguí

http://aplec.org/

http://ca.wikipedia.org/wiki/Aplec_del_Caragol_de_Lleida

‘Les falles’ de Valence (19 mars – Saint Joseph)

En 1965, Les Fallas (Falles en catalan de Valence) ont été déclarées Fête d’Intérêt Touristique International. Aujourd’hui cette fête incontournable de la culture populaire en pays valencien est candidate pour joindre la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO. Découvrez-les avec cette vidéo en français.

Depuis quelques années, La Tohu organisa sa propre Falla à Montréal. Voici celle de 2012 en train de brûler pendant 12 minutes.