La  »Renaixença » musicale

Nous avons abordé en classe le mouvement de renaissance culturelle que connaît la Catalogne  au XIXe. Ce phénomène est aussi présent dans le domaine musical. Une figure importante émerge et propose la création d’un art musical national par excellence. La prémisse étant de composer cette musique en récupérant la grande tradition des maîtres de musique religieuse du Siècle d’Or, mais en incluant la musique du peuple, c’est-à-dire le folklore. Ce penseur n’est nul autre que Felipe Pedrell (1841-1922).
Au début des années 1890, il compose un opéra nationaliste ayant pour titre Els Pirineus (Les Pyrénées) sur un poème de Victor Balaguer auquel il adjoint un manifeste en castillan Por nuestra musica dans lequel il expose sa conception de la véritable musique espagnole savante. Il veut ainsi contrer les versions un peu trop caricaturales de l’espagnolisme bon marché qui font les gorges chaudes dans le reste de l’Europe. L’opéra Carmen de Bizet est justement un de ces stéréotypes qu’il pourfend.

Il institue donc une classe de composition à Barcelone ou il enseigne la composition aux plus grands compositeurs espagnols du XXe siècle: parmi ses élèves figurent Isaac Albéniz, Enrique Granados, Manuel de Falla, Frédéric Mompou et Roberto Gerhard. Malheureusement, les oeuvres du maître catalan sont tombées dans l’oubli et ne sont plus jouées de nos jours.

L’apport de Pedrell aura tout de même contribué à la création d’une École musicale nationale, capable de rivaliser avec les autres nationalismes musicaux en essor en Europe, notamment en Russie, en Norvège et dans les Balkans.

‘Les falles’ de Valence (19 mars – Saint Joseph)

En 1965, Les Fallas (Falles en catalan de Valence) ont été déclarées Fête d’Intérêt Touristique International. Aujourd’hui cette fête incontournable de la culture populaire en pays valencien est candidate pour joindre la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO. Découvrez-les avec cette vidéo en français.

Depuis quelques années, La Tohu organisa sa propre Falla à Montréal. Voici celle de 2012 en train de brûler pendant 12 minutes.

La Tomatina

La Tomatina
La Tomatina

C’est dans la province de Valence, plus précisément à Buñol (Bunyol en Valencien) que se tient tous les ans la célèbre Tomatina. Cette fête est très populaire en Espagne, mais aussi connut un peu partout à travers le monde. Chaque année, des milliers de touristes participent à cette bataille de tomates. Le village compte environ 9 000 habitants, mais lorsque la Tomatina a lieu, on peut compter jusqu’à 40 000 personnes dans le village.

C’est le 29 août 1945 que tout commença. Pendant un défilé sur la place du village, des Buñolenses, suite à une bousculade, se servent de tomates comme projectile. La police intervient, mais l’année suivante, c’est-à-dire le dernier mercredi du mois d’août, un groupe de jeune répète cette bagarre de tomates, mais cette fois-ci, avec des tomates pourries. Pendant plusieurs années, la Tomatina a été interdite. C’est en 1970, avec l’accord de la population que le maire réinstaure cette fête populaire. Depuis, la Tomatina a lieu tous les derniers mercredis du mois d’août.

C’est à 11h00 que sonne le début de la Tomatina. Plusieurs camions rentrent dans le village contenant des tonnes de tomates pourries. Les tomates que contiennent ces camions ne peuvent servir à la vente. De plus, les organisateurs écrasent les tomates, afin d’éviter les blessures. Jusqu’à 12h00, les participants se lancent des tomates créant ainsi des rivières et des piscines de jus de tomate!

Après la bataille, c’est le grand nettoyage. Les villageois lancent des seaux d’eau sur les participants et les camions de la ville nettoient les rues.

Les règles de la Tomatina sont les suivantes:

– Aucune bouteille de verre sur le lieu de la bataille

– Porter de vieux vêtements

– Il est interdit de tirer ou déchirer les t-shirts

– Il est recommandé de porter des lunettes de plongée

– Écraser les tomates avant de les lancer sur les autres participants

– Cesser de lancer des tomates dès que le signal de la fin se fait  entendre.

Fait cocasse: les participants portant un t-shirt blanc sont d’excellentes cibles pour recevoir plusieurs tomates!

C’est en 2002 que le Secrétariat général du Tourisme espagnol a classé la Tomatina comme fête d’intérêt touristique international.

Si vous désirez plus d’information, il existe une page officielle web de la Tomatina.

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bu%C3%B1ol

http://latomatina.info/

http://www.voyageurs-du-net.com/tomatina-bunol-bataille-tomates

Destino

En 1945, Salvador Dalí et Walt Disney se lancent dans la création d’un court-métrage nommé Destino. Malheureusement, le studio éprouve des difficultés suite à la guerre et la production est suspendue huit mois plus tard.

En 1999, le neveu de Walt Disney, entreprend de terminer le projet. Son équipe et lui-même se basent sur les planches à dessins que Dalí avait complétées avant que le projet soit avorté, afin de réaliser un court-métrage de six minutes.

Celui-ci nous transporte dans l’univers excentrique de Salvador Dalí et nous permet, pendant un bref instant, de contempler «le destin tragique de Chronos,  dieu grec du temps, désespérément amoureux d’une mortelle1».

Achevé en 2003, la première de Destino est présentée au Festival d’Annecy en France, où il remporte quelque prix. On peut le voir aujourd’hui dans quelques musées et expositions dont celle où j’ai découvert ce petit film : Dalí-Die Ausstellung am Potsdamer Platz de Berlin.

Prenez quelques minutes pour admirer le résultat de cette collaboration si ce n’est déjà fait.

1 L’incroyable destin de «Destino», petit film signé Disney et Dalí. www.télérama.fr

 

Bibliographie :

http://blogues.lapresse.ca/moncinema/siroka/2013/01/19/le-court-du-week-end-destino/

http://www.daliberlin.de/data/info_fr.pdf

https://www.youtube.com/watch?v=1GFkN4deuZU&t=181

http://radiodisneyclub.fr/insolite-walt-disney-rencontre-salvador-dali/

http://www.telerama.fr/cinema/l-incroyable-destin-de-destino-petit-film-signe-disney-et-dali,46418.php

La corrida en Catalogne

Toro de Osborne
Toro de Osborne

Lorsque l’on pense à l’Espagne, l’un des clichés qui nous viennent à l’esprit est la corrida, pratiquée un peu partout sur la péninsule ibérique. Par contre, depuis le 1er janvier 2012, la corrida est interdite en Catalogne, devenant ainsi la deuxième région, après les Îles Canaries (interdite depuis 1991). C’est le 28 juillet 2010 que le Parlement de Catalogne adopte une disposition interdisant la corrida en Catalogne.

En Espagne, plusieurs « pros-corrida » dénoncent les arrières pensés politiques régionalistes catalans. Plusieurs considèrent que l’interdiction de la corrida est surtout une démarche politique « anti-espagnole » que « anti-corrida », voulant bannir tout symbole espagnol.

Il faut mentionner qu’avant l’adoption de cette loi, la tauromachie n’était plus très populaire. Plusieurs des arènes, dont celle de Barcelone était pratiquement vide lors des dernières corridas.

Point de vue économique, le monde taurin génère plus de 40 000 emplois, principalement liés au secteur du tourisme et des loisirs. Cette industrie génère plusieurs milliards d’euros par année, ce qui n’est pas négligeable dans pays en pleine crise économique.

Plusieurs régions d’Espagne souhaitent que la corrida soit protégée comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Ainsi, celle-ci serait protégée contre toute forme d’interdiction comme la disposition votée en Catalogne.

Selon un sondage du journal catalan La Vanguardia, mené en 2013, 81 % des Catalans sont opposés au retour de la corrida dans leur région, contre 18 % en faveur. Selon le Huffington Post, 91 % des Espagnoles n’ont plus aucun intérêt pour la corrida.

Que l’on soit pour ou contre, la corrida suscite encore bien des débats au sein de la population espagnole. Pour ma part, lorsque l’on m’a posé la question lors de mon séjour en Espagne, j’ai dit que je n’étais pas contre, étant donné l’aspect culturel du spectacle. Par contre, je peux comprendre les « anti-corridas » étant donné le caractère cruel de la tauromachie.

Le saviez-vous?

Plusieurs nationalistes catalans ont détruit plusieurs panneaux du Toro Osborne que l’on peut apercevoir un peu partout le long des autoroutes espagnoles (voir image ci-dessus). Pourtant, ce panneau en forme de taureau était autre fois qu’une publicité de la marque de spiritueux Osborne, mais qui est depuis un symbole de la nation espagnole et non de la corrida.

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Opposition_%C3%A0_la_corrida

http://www.huffingtonpost.fr/anna-galore/disparition-corridas_b_2788368.html

http://www.lavanguardia.com/cultura/20130208/54366492416/pp-toros-merce-barcelona.html

http://www.lefigaro.fr/international/2010/07/28/01003-20100728ARTFIG00396-la-corrida-interdite-en-catalogne-a-partir-de-2012.php

«Dancers are the athletes of God» -Albert Einstein

nacho-duatoNacho Duato, danseur professionnel et chorégraphe, né à Valence en 1957, a suivi de nombreuses formations dans des écoles prestigieuses autour du monde. Âgé de 18 ans, il commence par la Rambert School de Londres, puis continue l’année d’après à la Mudra School de Bruxelles, pour terminer, deux ans plus tard, à l’Alvin Ailey Dance Center de New-York.

En 1980, il débute sa carrière de danseur professionnel en se joignant au Culberg Ballet de Stockholm. Puis, l’année suivante, le célèbre chorégraphe Jiří Kylián le recrute pour la Nederlands Dans Theater aux Pays-Bas, où il interprétera six ballets différents.

C’est en 1983 qu’il crée sa première chorégraphie, Jardí Tancat, qui signifie en Catalan «Jardin Fermé». La chorégraphie, interprétée par trois couples de danseur exécutant des mouvements intenses et se laissant porter par la voix de Maria del Mar Bonet, s’inspire de contes traditionnels catalans. L’histoire raconte la vie de paysans catalans, désespérés par la sécheresse, qui persévèrent à semer et labourer la terre aride de la Catalogne tout en adressant cette prière à Dieu :

«De l’eau, nous avons demandé de l’eau                                                              Et toi, ô Dieu, Tu nous as donné du vent                                                            Et Tu t’es détourné de nous                                                                                  Comme si Tu ne voulais pas nous écouter»

Jardi Tancat

 

Nacho Duato, gagna de nombreux prix dont, la première place au Internationaler Choreographischer Wetterverb de Cologne, en 1983, pour sa chorégraphie Jardí Tancat. Elle fut dansée un peu partout sur le globe et reprise par des  compagnies prestigieuses comme Les Grands Ballets de Montréal qui l’ont présenté en 1995 et en 2001.

Voici une reprise de 2012 par Centro Coreográfico Galego :

Bibliographie :

http://www.spainisculture.com/fr/artistas_creadores/nacho_duato.html#ancla_secciones

http://www.arte.tv/guide/fr/050136-000/le-choregraphe-nacho-duato

http://esbq.asp.visard.ca/GEIDEFile/1015314b.pdf?Archive=192270291045&File=1015314b_pdf

http://www.grandsballets.com/fr/spectacle/jardi-tancat/

Lluís Llach et le catalan

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Lluís Llach est un chanteur catalan, né à Gérone en 1948. Dès son jeune âge, il est rapidement initié à la musique. Il compose ses premières mélodies à l’âge de 6 ans, d’abord à la guitare et par la suite, au piano.

Il est très apprécié, en Catalogne, pour sa musique,  mais également pour son engagement moral et politique.

En 1967, Lluís Llach devient la dernière recrue du groupe Els Setze Lutges. D’ailleurs, Maria del Mar Bonnet est une des membres de ce regroupement des grands de la chanson catalane. Ce groupe était composé de chanteurs d’expression catalane qui tentaient d’encourager la Nova Canço et de normaliser l’usage du catalan dans l’univers de la musique moderne.

La Nova Canço est un mouvement artistique et musical sous le franquisme. Il avait pour but de promouvoir l’utilisation du catalan dans le monde des chansons. En plus, la musique permettait de dénoncer les injustices sociales qui régnaient en Espagne à cette époque.

Lors du franquisme, il compose la chanson l’Estaca qui sera l’hymne catalan de la résistance et le symbole de la liberté. Elle est un appel à la mobilisation et à la solidarité pour vaincre l’oppression.

Dans les années 1970, on interdit ses concerts en Espagne sauf en Catalogne, pendant quatre ans. Cette sanction fut causée par des propos contre Franco qu’il a tenu lors d’un concert à Cuba. Il devra s’exiler à Paris où il donnera de nombreux concerts.

La mort de Franco  marquera son retour en Catalogne.

Source:

Lluís Llach – Culturcat.

Wikipédia

Ruc català, l’âne catalan

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Appelé ruc català ou ase català, l’âne catalan est une race autochtone de la Catalogne.

Ces origines remontent à de nombreuses années et se concentrent dans la province de Gérone. On aurait observé une corrélation entre la modernisation de l’agriculture et son extinction. Effectivement, comme un bon nombre d’animaux de ferme, son utilité à travailler la terre diminua avec les avancées technologiques. Il semblerait qu’environ 50 000 ânes catalans aurait été recensés tandis qu’aujourd’hui, on n’en retrouve que 500.

L’âne catalan a une taille moyenne de 1,50 mètres au garrot et peut peser jusqu’à 500 kg. Son pelage est ras et noir, et blanc autour de la bouche, des yeux et sur le ventre. Toutefois, la couleur et la longueur du pelage peuvent varier selon la saison. Il est caractérisé pour sa grande résistance.

On le retrouve souvent sous forme d’autocollant placé à l’arrière des voitures et des motos. Cet autocollant fut créé par Jaume Sala et Àlex Ferreiro afin de sensibiliser les gens à l’extinction future de cet équidé. Le symbole de l’âne connut un énorme succès en Catalogne surtout pour son côté écologique. Puis, quelques années plus tard, il devient le symbole non officiel des nationalistes catalans puisqu’il fait opposition au taureau, symbole espagnol.

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Source:

http://es.wikipedia.org/wiki/Burro_catalán

https://fuives.wordpress.com