L’Exposition universelle de 1888

Du 8 avril au 9 décembre 1888, la ville de Barcelone accueille une Exposition universelle, la première à être organisée en Espagne. Cette édition porte sur le thème des beaux-arts, soit les formes les plus traditionnelles (peinture, sculpture, etc.), ainsi que sur celui des arts industriels, qui mélangent esthétique, technique et utilité. Ces deux thèmes sont plus qu’appropriés dans le cas de Barcelone, car la ville, tout comme le reste de la Catalogne, est en pleine période d’expansion économique, également marquée par un rayonnement artistique important : les années 1880 représentent à la fois la fin de la Renaixença et le début du modernisme catalan. D’ailleurs, l’Exposition universelle n’aurait sans doute jamais pu avoir lieu sans les importantes contributions financières des riches industriels de Barcelone, qui se sont regroupés dans un comité constitué par le maire de l’époque, Francesc de Paula Rius i Taulet, et auquel a notamment participé le célèbre poète Jacint Verdaguer.

Le site choisi pour y installer l’Exposition en est un très important d’un point de vue historique et symbolique, surtout aujourd’hui : il s’agit du Parc de la Ciutadella, justement aménagé pour l’occasion. Le terrain était alors vacant (mis à part le Palau del Parlament de Catalunya, un ancien arsenal, et quelques autres bâtiments) depuis 1868, soit l’année de la destruction de la citadelle, qui s’y était dressée pendant plus de 150 ans. C’est l’architecte Josep Fontseré, un ami d’Antoni Gaudi, qui est chargé du projet : il est aussi accompagné d’autres collègues, comme Josep Vilaseca i Casanovas, Lluis Domènech i Montaner, Antoni Rovira i Trias et Josep Amargos i Samaranch. Ensemble, ils donneront naissance à plusieurs édifices et monuments, comme l’Arc de Triomf, haut de 30 mètres, ainsi que le Castell dels Tres Dragons, qui servit alors de café-restaurant, et le Museu Martorell (géologie), le premier musée permanent de Barcelone.

Une légende populaire assez surprenante, mais aujourd’hui démentie, a même circulé au sujet des architectes engagés (ou non, dans ce cas-ci) pour le projet. En effet, l’ingénieur français Gustave Eiffel, selon ce que certains ont tenté de faire croire, aurait proposé aux organisateurs de l’Exposition de Barcelone un grand projet qu’il avait en tête, soit celui de la construction d’une grande tour métallique… Un projet de tour en bois de 200 mètres a toutefois bel et bien été proposé, mais il a été rejeté malgré l’engouement initial.

Au final, l’Exposition universelle de 1888, qui a rassemblé jusqu’à deux millions de personnes, a véritablement permis à Barcelone d’oublier son passé douloureux et de s’imposer en tant que grande capitale culturelle et industrielle du monde.

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Affiche de l’Exposition universelle de Barcelone de 1888

 

Sources :

https://ca.wikipedia.org/wiki/Exposici%C3%B3_Universal_de_Barcelona

http://www.bie-paris.org/site/en/1888-barcelona

Crédit photo :

https://ca.wikipedia.org/wiki/Exposici%C3%B3_Universal_de_Barcelona

Violant d’Hongria

À part Ermessende de Carcassonne, il y a eu d’autres femmes qui ont joué des rôles importants dans l’histoire du Royaume de Catalogne-Aragon.

C’est le cas de Violant d’Hongria, née en 1216, à Heztergom, Royaume d’Hongrie. Fille d’André II d’Hongrie et de sa deuxième épouse Yolande de Courtney, elle épousa Jacques I d’Aragon, dit «le Conquérant» en 1235, à l’âge de 19 ans. Ce mariage causa une grande sensation en Europe. On pensait que le mariage entre Jaume et Violant allait apporter des grandes richesses territoriales au croissant Royaume d’Aragon. Par contre, l’endettement de la Couronne d’Hongrie et la difficile situation entre celle-ci et les seigneur féodaux n’a pas permis l’annexion de grands territoires à la Couronne d’Aragon. Par contre, doit-on dire que, lors de leur mariage, la Couronne d’Hongrie otorga au Royaume d’Aragon le pouvoir sur un compté de Flandes, ainsi que quelques territoires de Némours et Bourgogne.

Dès ses premiers jours en tant que Reine d’Aragon, elle joua un rôle primordiale dans la conquête de Valence. Elle joua un rôle important lors de la signature du Traité d’Almirra, lequel délimitait les frontières entre Aragon et Castille, au sud du Règne de Valence. Elle fut aussi une conseillère très importante de son mari, avec lequel eut 10 enfants, dont Pierre le Grand et Jacques II de Majorque.

Cette femme, Reine d’Aragon, Majorque et Valence, Comtesse de Barcelone, seigneur de Montpellier et d’Aumelas, et Vicomtesse de Millau, décède en 1251 à Huesca, Aragon.

 

 

 

Ressources:

https://ca.wikipedia.org/wiki/Violant_d%27Hongria

https://es.wikipedia.org/wiki/Violante_de_Hungr%C3%ADa

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yolande_de_Hongrie_(reine_d%27Aragon)

Viure, o no viure… that is the question

Les pièces de Shakespeare connurent au début du XIXe siècle, un regain de popularité partout en Europe. Les nombreuses traductions françaises, allemandes, italiennes et espagnoles ont essaimé la parole du Barde — qui atteignit inévitablement la Catalogne.

Dídac Pujol, spécialiste des traductions de Shakespeare à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, explique dans un article publié en 2012 dans la revue Babel, que les motivations derrière les premières traductions catalanes de Shakespeare sont d’ordre nationaliste : « The purpose of translating Shakespeare was to help regain the Catalan culture. » (p.97) Les desseins des traducteurs catalans de Shakespeare sont simples : créer un répertoire théâtral catalan basé sur le canon européen.

Si rien, au premier coup-d’œil, ne semble rapprocher le catalan de la Renaixença de l’anglais élisabéthain, ces deux langues partageaient pourtant, selon Vanessa Palomo, auteure d’une étude sur les traductions shakespearienne de Josep Maria de Sagarra,  la caractéristique d’être à leurs époques respectives en construction. Les possibilités d’inventions linguistiques du catalan à la fin du XIXe siècle étaient donc immenses. Beaucoup d’écrivains aux intérêts divers — des poètes surtout — essaieront de tirer parti de cette flexibilité du catalan. Le jeune Carles Riba publie en 1909 sa traduction des Sonnets ; onze ans plus tard, Magí Morera i Galícia termine son Hamlet catalan.

Mais les bottes franquistes foulent Barcelone le 26 janvier 1939 et l’on confisque dans toute la ville le matériel d’imprimerie. L’usage du catalan est interdit dans les sphères administratives et les œuvres littéraires écrites dans cette langue doivent à partir de ce moment être clandestines. Ce n’est qu’à partir de 1945 qu’on autorise les traductions littéraires – à la condition qu’elles soient bien sûr des « recréations littéraires », et non de simples traductions. Toute traduction qui  ne répondrait pas à cette condition se verra interdite. Lorsque Josep Maria de Sagarra publie dans les années 1950, avec l’aide financière de Santiago Martí, ses traductions des pièces de Shakespeare, il doit donc les antidater : 1935.

Sagarra, déjà connu pour avoir remporté plus jeune de nombreux prix pour ses poèmes et ses pièces de théâtre, revient en 1940 en Catalogne. Les prolifiques années 1930, il les a terminées à Paris avec des artistes espagnols et français de l’entre-deux-guerres. Il y écrivait des articles qu’il envoyait aux journaux catalans, mijotait un roman et s’était même mis à la traduction de la Divine Comédie en catalan. Mine de rien, il avait pris goût à cette traduction. Mais ce qu’il préférait tout de même, c’était écrire pour la scène. Il avait tourné son œil sur l’oeuvre de Shakespeare : en traduisant un auteur de cette stature, il s’en pourrait s’en donner à cœur joie. Il mêlerait le pittoresque du théâtre populaire catalan, qu’il connaissait bien, et la fracassante langue qui était la sienne, celle de l’époque moderne.

Pujol comme Palomo soulignent les qualités des traductions de Sagarra : le rythme et la rime sont conservés, tout comme le ton général. Le traducteur privilégie cependant l’originalité et l’oralité du texte original au détriment parfois du sens. Si la lecture comparative révèle des différences sémiotiques, la représentation des pièces sur scène donne cependant raison au traducteur ; ses traductions sont faites pour être jouées, être dites et non seulement lues. « Sagarra is one of the best Catalan translators of Shakespeare’s plays precisely because of the fictive orality he constructs, employs and exploits » conclue Pujol en rappelant que Sagarra demandait à des acteurs de lui faire des suggestions pour améliorer ses pièces et ainsi s’assurer qu’on pourrait jouer son Shakespeare.

sources:

Dídac Pujol, « Josep Maria de Sagarra, a Catalan translator of Shakespeare’s plays », revue Babel, vol 58-1, 2012 – voir également le site très complet de ce professeur de traduction: http://www.didacpujol.com/

Et l’article de Vanessa Palomo:

https://publicacions.iec.cat/repository/pdf/00000243/00000021.pdf

Història de Catalunya

Pour ceux qui ne me connaissent pas, s’il y a une chose que vous devriez savoir à mon sujet, c’est que j’adore les dessins animés. Lorsque je reviens à la maison après une longue et dure journée à l’université, il n’y a rien de mieux qu’un bon épisode d’une série que j’aime accompagné d’une tasse de chocolat chaud pour me redonner de l’énergie. Récemment, une série que je me suis découvert un plaisir fou à regarder est ‘Història de Catalunya’, une série de 39 épisodes de 15 minutes chaque produite par la Télévision catalane afin de célébrer le millénaire du début de l’histoire (politique) de la Catalogne.
Créée sous la supervision de Claudio Biem Boyd et financée par TV3, cette série vit le jour en 1988. À partir de ce moment, et ce, jusqu’en 1989, un nouvel épisode joua sur les ondes tous les samedis avec une reprise de celui-ci chaque jeudi matin pour accommoder les téléspectateurs absents lors de la première. Le principe de la série est tout simple: il s’agit d’une synthèse de l’histoire de la Catalogne qui raconte, de la préhistoire jusqu’aux temps modernes, les évènements ayant marqué le territoire et ces citoyens. En effet, il faut comprendre qu’au moment de la création de ce programme, l’Espagne vient de sortir d’une longue période de dictature pendant laquelle les habitants des territoires de culture et langue catalane ne furent pas enseigné leur histoire à l’école. Autre célébrer le millénaire de la Catalogne, la fin de la dictature fut l’autre raison importante ayant mis la puce à l’oreille de plusieurs qu’enseigner l’histoire de leur pays à la jeunesse catalane n’était pas une mauvaise idée.
Responsable de la trame historique, l’historien Ainaud de Lasartene put également compter sur l’aide de deux autres spécialistes pour l’aider à faire de la recherche dans le but de créer une image la plus authentique possible de la Catalogne d’alors. Joan Solé et Anna Durán furent ceux qui, à l’envers du décor, guidèrent les animateurs afin de s’assurer que chaque maison, chaque costume et détail reflète de manière exacte les périodes explorer dans l’émission. L’équipe fut complétée par Eduard Bonet, coordinateur et personne responsable du travail final que tous purent admirer tous les samedis.
Tout cela nous amène maintenant à parler de la mascotte de la série, Dragui. Créée afin de servir de narrateur, Dragui est un petit dragon aux écailles roses et au sourire contagieux dont la particularité est son incapacité à cracher du feu. Tel que l’explique Biern, l’idée d’utiliser un dragon comme narrateur vient surtout de l’idée de retourner sens dessus dessous l’image négative que présente cette créature comme agent du mal. En effet, après quelques minutes, il apparaît évident que Dragui est sympathique et même, entre champs de batailles, traités et trahisons, capable de faire des blagues. Autre la lourde tâche d’expliquer à tous les évènements du jour, ce dernier est également responsable de briser la monotonie de la narration historique afin de la rendre plus amusante et intéressante pour les téléspectateurs. Après tout, il ne faut pas oublier que cette série fut produite pour les 10 à 12 ans, bien qu’elle peut être vue par tous et même intéresser les plus grands en raison des détails historiques de chaque plan.
Finalement, la série tira sa référence un an après son arrivée sur les ondes, le 23 juillet 1989. Néanmoins, malgré sa courte existence, celle-ci réussit son mandat et marqua les esprits de manière à ce que, aujourd’hui, certains épisodes soient même vus en classe en tant que matériel complémentaire. C’est ainsi que je peux vous parler de cette dernière, mon premier contact avec Dragui et l’histoire de la Catalogne s’étant produit pendant un cours à l’Université de Montréal. Mais peut-être est-ce une bonne chose: après tout, quel mal y a-t-il à se laisser entraîner par ce dernier dans un extraordinaire voyage couvrant plus de mille ans d’histoire?

Bibliographie:

http://hemeroteca.lavanguardia.com/preview/1988/10/23/pagina-61/33050049/pdf.html

http://hemeroteca.lavanguardia.com/preview/1989/07/23/pagina-1/33080799/pdf.html

Le livre de l’ami et de l’aimé/Llibre d’amic e amat

Ramon Llull, naît en 1232 à Majorque et meurt probablement en mer au large de cette île en 1315, suite à ses blessures subies par une foule hostile à Tunis ou à Bougie. Il est sûrement l’inventeur du catalan littéraire. Il est le premier à utiliser cette langue vernaculaire en opposition à la langue véhiculaire de l’époque le latin, pour exprimer des connaissances philosophiques, scientifiques et techniques. À ses 30 ans en 1265, il subit une foudroyante conversion qui le poussa à tout abandonner pour se mettre à réfléchir et à écrire sur le christianisme et d’une méthode afin de convertir le plus de gens possible. Exactement comme le précise Michel Cazenave dans la préface du Livre de l’ami et de l’Aimé de l’édition Bartillat 2008 : « C’est peut-être là, en fin de compte, l’une des singularités des franciscains de ce siècle, qu’après avoir épuisé les délices humains, ils se retournent vers Dieu pour goûter au pur amour.». Voyageur infatigable et polyglotte il ira prêcher ses idées à travers une grande partie du monde connu de l’époque.

 

 

Voici les plus importantes Influences du Livre de l’ami et de l’Aimé :

Premièrement il y a forcément le Cantique des Cantiques, un livre de la bible faisant partie de la Septante, la version grecque ancienne de la totalité des Écritures bibliques de l’Ancien Testament. Probablement le livre de la bible le plus poétique, il fut rejeté au départ à cause de ses nombreuses images érotiques.

Deuxièmement, il y eut aussi la littérature provençale (poésie provençale) et les littératures occitanes. Les poésies des troubadours représentent en grande partie tout ce qui reste de la littérature provençale. Écrite en langue d’oc/occitans (Sud de la France) à ne pas confondre avec la langue d’oïl (Nord de la France) qui se transformera plus tard en français.

Troisièmement, la théologie arabe (mysticisme soufi) influencera aussi l’œuvre de Llull.

 

LLULL, Ramon, 2008, Le livre de l’ami et de l’Aimé, traduit du catalan par Guy Lévis Mano et Josep Palau, éditions Bartillat.

RÀFOLS-SAGUÉS, Elisabet, chargé de cours Université de Montréal, Note de cours Panorama des littératures catalanes (automne 2017), CTL 1140.

WIKIPEDIA, Cantique des Cantiques, [en ligne], https://fr.wikipedia.org/wiki/Cantique_des_Cantiques, [page consulté le 15 octobre 2017].

WIKIPEDIA, Ramon Llull, [en ligne], https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Lulle [page consulté le 10 octobre 2017].

Bataille de Muret

La bataille de Muret fait partie de la croisade contre les Albigeois qui dura de 1208 à 1248. À cette époque le Pape Inocent III, essai de convaincre le comte Raimon VI de Toulouse en menant une expédition contre les cathares, aussi appelés «Albigeois». Ces Albigeois sont issus d’une secte qui naquit dans le nord de l’Italie. Cette doctrine simple et exigeante, prône le retour à la pureté de l’Évangile et dénonce le luxe et la richesse de l’Église médiévale, elle se diffuse très rapidement dans le Midi toulousain. Le comte refuse alors de prendre les armes contre ses propres sujets. Le Pape Inocent III réussit alors à se trouver des alliés français pour mater les hérétiques. Ce sera la première croisade sur des terres chrétiennes contre des gens adorateur du Christ. Le roi de France Philippe Auguste préfère se tenir en réserve. En bon politicien, il ne veut pas altérer son image dans une guerre contre des gens qui sont formellement ses sujets.

En quoi tout ceci concerne-t-il la couronne d’Aragon et de Catalogne ? Par un jeu d’alliance et de mariage, le roi d’Aragon Pierre II est le beau-frère du comte Raimon VI de Toulouse. Ils sont aussi de fervents catholiques, mais ils craignent non sans raison que les croisés leurs enlèvent leurs droits, leurs terres et leurs coutumes sous prétexte de religion.

Au début de la bataille, le comte et le roi vont assiéger ensemble le petit château de Muret, aux confins de la Garonne et de la Louge. Situé à vingt-cinq kilomètres au sud de Toulouse, il est occupé par une trentaine de chevaliers et quelques fantassins. Simon de Montfort, chevalier opportuniste au service du Pape accourt à leur rescousse avec le gros de ses troupes, soit environs neuf cents hommes et réussira à faire rentrer ses troupes dans le château courant le risque d’être lui-même assiégé.

Pierre II d’Aragon fière de sa victoire de Las Navas de Tolosa sur les musulmans veut absolument une bataille rangée dans laquelle une victoire lui attirerait encore plus de gloire et de prestige et non un siège de plusieurs mois. Simon de Montfort, en habile stratège en sachant pertinemment qu’il ne pourrait supporter un long siège feint la retraite par le sud. Pierre II d’Aragon confiant de sa supériorité numérique et tactique se jeta sur les troupes de Monfort sans attendre les troupes du conte de Toulouse. En effet, celui-ci refusa de poursuivre Simon de Montfort en sachant pertinemment ses intentions et en connaissant ses habiletés stratégiques. La défaite fut totale et humiliante le roi d’Aragon y perdit la vie et plus d’un millier de ses meilleurs chevaliers ainsi que 5000 fantassins. Son fils héritier de 6 ans, Jacques (futur Jacques I, Le Conquérant), fut aussi fait prisonnier, l’armée de Monfort ne perdit qu’une poignée d’hommes. Cette défaite signa véritablement la fin de la présence catalane en Occitanie.

Sources:

 

La conquête de la Nouvelle Catalogne, du Royaume de Valence et de Majorque

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Muret

https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article14223

 

Pere II el Catòlic – Pierre II le Catholique

Nous étions en 1176. Sancha de Castille accouchait de son premier fils  cette année où fut conclue la paix de Tarascon. Alphonse, second du nom,  père de cet enfant et comte de Barcelone, de Besalú, de Gérone, de Roussillon et roi d’Aragon, le nomma Pierre.

La prise de la Castille par les troupes almohades du calife Abu le Victorieux et la conséquente défaite d’Alphonse dit le Noble, neveu du roi d’Aragon, forcèrent le souverain catalan à s’allier d’anciens rivaux pour contrer la progression de l’envahisseur. Afin d’assurer la victoire de ses nouveaux alliés sur les Maures, le roi entreprit un pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Les chemins qui menaient vers la Galice étaient ardus ; peu de temps après son retour de voyage, avant d’atteindre ses quarante ans, Alphonse II succombait à un mal mystérieux. Au jeune Pierre, le testament attribua le royaume d’Aragon et les comtés de Barcelone et de Roussillon.

Très actif dans les premières années de son règne, Pierre II signa entre autre un pacte de non-agression avec Gênes et scella une très éphémère entente avec l’Empereur des Almohades.

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D’un malheureux  mariage avec Marie de Montpellier il obtint le comté fort convoité de Montpellier et deux enfants, une fille prénommée Sancha et un fils, Jacques, qu’on allait surnommer le Conquérant. Dès le second automne, on entama des procédures de divorce auprès d’Innocent III. Sans attendre l’agrément papal, Pierre demanda la main de la reine de Jérusalem, Marie de Montferrat, et proposa d’organiser une croisade pour protéger la Terre Sainte.

Il s’allia en 1204 à Alphonse VIII, roi de Castille qui allait l’aider dans la bataille contre les Almohades, dans les vallées de la Sierra Morena.

Les efforts de paix que Pierre II avait entrepris entre les populeuses familles royales d’Occitanie et de Provence ne durèrent que quelques années, car en 1208 le très saint Innocent III ordonna que fussent lancées des attaques contre les Albigeois. Les cibles de ces attaques – des alliés de Pierre II – demandèrent l’intercession de celui-ci. Pierre assista donc, un froid midi de janvier 1211, à la rencontre entre Simon de Montfort, le représentant des croisés, et le vicomte de Béziers et de Carcassonne. Pour éviter que ne se poursuivît le bain de sang, on convint de marier le fils de Pierre, le petit Jacques, à la fille de Simon de Montfort.

Les troupes de Montfort ne tinrent pas longtemps compte de cette trêve et rattaquèrent Toulouse et les cathares. Pierre II qui était occupé d’autre guerre, tourna son regard sur l’Occitanie et décida de venir en aide au vicomte de Carcassonne. Les troupes de Simon de Montfort surpassèrent celles du comte de Barcelone. Ce dernier succomba à ses blessures le 14 septembre 1213, excommunié par Innocent III.

Les frères hospitaliers de Toulouse qui avaient recueilli la dépouille, durent donc la garder jusqu’à ce qu’Honorius III héritât de la tiare vaticane, en 1217. On permit alors que Pierre fût inhumé dans la cour du monastère qu’avait fondé sa mère trente ans plus tôt.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Las_Navas_de_Tolosa

https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0002461.xml

https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0050109.xml

L’humanisme de Jordi Savall

Comme Ramon Llull bien longtemps avant lui, le célèbre gambiste et chef d’orchestre Jordi Savall cherche à transcender les frontières culturelles et religieuses grâce à l’Art, moins comme un système raisonné véhiculé à travers le style, mais par la musique et l’émotion.

Avec des dizaines d’années de carrière à son actif, le répertoire de Jordi Savall comporte désormais une liste impressionnante de réalisations. Avec ses divers ensembles, il interprète ou dirige la musique du Moyen Âge, de la Renaissance, des siècles baroques : El llibre vermell de Montserrat, Les routes de l’esclavage, Venise millénaire, Les éléments, Ramon Llull, temps de conquestes… Plutôt que de se pencher sur une seule œuvre, Savall collecte des airs provenant de régions variées, autant en Occident qu’en Orient, les regroupe par thème, les fait communiquer entre eux. À travers ses choix musicaux et à travers sa pensée humaniste se distinguent deux thèmes cruciaux.

Le dialogue dans la dignité

« La musique va droit au cœur, n’a pas besoin de traduction, n’a pas de langage. C’est un langage qu’on comprend avec le cœur, avec l’émotion »

Jordi Savall prononce ces paroles lors d’une entrevue au cœur de la « jungle » de Calais, où il est allé donner un concert. Il le répète dans plusieurs entrevues : la musique est une « fórmula per garantir la pau » (un moyen pour la paix). De la dignité de tous découle l’égalité, puis le dialogue.  » Music is probably today one of the last bridges that we have for bringing people from different cultures and religions together.” En insistant sur les ressemblances entre les méthodes et styles de la musique orientale et européenne au Moyen Âge, Savall insiste encore sur le dialogue que peut enclencher la musique.

L’idée de la dignité revient souvent dans ses paroles : les gens de toutes les cultures et religions doivent être traités comme les êtres humains qu’ils sont. Concrètement, il a aussi créé en France le Projet Orpheus XXI, un ensemble de musiciens réfugiés. L’universalité de la musique peut créer des ponts salutaires entre cultures.

Outre le dialogue entre cultures, Savall mentionne aussi le dialogue avec les jeunes. Dans une entrevue, il aborde l’impact qu’a eu le film Tous les matins du monde (dont il a interprété la bande-sonore). L’immense succès de cette œuvre a permis de faire connaître la musique baroque à des jeunes, et à des gens dont elle n’était pas au départ le public-cible. Encore là, c’est l’émotion créée par la musique qui inspire. Ensuite, il s’agit d’éduquer…

L’obsession de la mémoire

Dans une entrevue du NY Times, Savall aborde le décès de sa femme, la soprano Montserrat Figueres,  dans ces termes : “It’s an important part of my repertory I had with my wife that we’ll never play anymore. Because I don’t think I will find another person who can do this music in a way that will support it. I don’t know any. I have nice singers, but I don’t have any singer that sings with the same spirit as Montserrat.”

Plusieurs années après la mort de Figueres, il déplore la musique qui est disparue, qui est retournée dans l’oubli. Et cette préoccupation permet d’introduire tout un aspect de la pensée derrière les efforts de Savall : la mémoire, l’histoire, au cœur de tout.

Au début de sa carrière, l’artiste se dévoue à la cause de la musique ancienne, peu connue du grand public. En 1991, il se réjouit d’avoir pu contribuer à sortir de l’oubli les œuvres du gambiste Martin Marais dans Tous les matins du monde. En 2016 sort le disque sur Ramon Llull, qui regroupe des compositions arabes, perses, catalanes, mais aussi des textes de l’époque. En 2017, reprenant l’opéra Teuzzone de Vivaldi, Savall regrette que les opéras de ce compositeur pourtant célèbre soient tombés dans l’oubli.

Un exemple plus fort encore : l’immense collection que sont les œuvres des Routes de l’esclavage. À ce sujet, il dit :

«Voilà un des plus grands crimes de la civilisation occidentale. Commis pendant plus de quatre siècles, ce crime n’a jamais été reconnu à sa juste mesure par les nations esclavagistes. Il n’y a eu aucune procédure de compensation pour toutes ces populations asservies, maltraitées, massacrées, tuées, oubliées. Peu de gens en connaissent l’histoire en profondeur.»

Et en quoi diffuser leur musique y change quelque chose? Pour Savall, la relation entre histoire et musique est centrale. « We need to use music to understand history. Music is history alive.» Il insiste sur le contact qui se créé entre les époques. En écoutant une chanson d’un autre temps, nous vivons la même expérience que les peuples d’antan.

Et, pour terminer, il adresse ces mots dans sa lettre refusant le Premio Nacional de Música en 2014 : « La ignorància i l’amnèsia són la fi de tota civilització perquè sense educació no hi ha art i sense memòria no hi ha justícia. » (L’ignorance et l’amnésie sont la fin de toute civilisation, car sans éducation il ne peut y avoir d’art et sans mémoire il ne peut y avoir de justice.)

Pour ce « defensor de repertoris adormits » (défenseur de répertoires endormis), il faut donc se démener pour sauver ces œuvres de l’oubli, car la musique seule garantira le contact entre des civilisations qui, depuis des siècles, peinent à s’écouter.

France Info – Jordi Savall ouvre son orchestre aux musiciens réfugiés avec le projet Orpheus

VilaWeb – Carta de Jordi Savall a José Ignacio Wert renunciant al Premio Nacional de Música

Ara.cat – Jordi Savall rescata la màgia de Vivaldi

Ara.cat – La passió i la sensibilitat de Jordi Savall

TV3 – Jordi Savall serà legat d’honor de la cultura catalana

TV3 – CATALUNYA MÚSICA 30 ANYS – PROGRAMACIÓ ESPECIAL – 10/05/2017

The New York Times – Jordi Savall’s Never-Ending Repertory

TV3 – EL MATÍ DE CATALUNYA RÀDIO – 31/10/2014

La Presse – La mémoire de Jordi Savall

Centre internacional de música antiga – Entrevue : Jordi Savall on Art through Education

Chasse aux sorcières

Résumé de l’article publié sur la sorcellerie..

L’article du devoir sur la chasse aux sorcières a été publié le 10 février dernier dans la rubrique société par Jean-françois Nadeau suite à la visite des historiens Pan Castell et Martine Ostoreo spécialistes en démonologie et sorcellerie. C’est-à-dire la croyance reliée aux démons et sorcières.

Monsieur Castell explique premièrement que l’état d’exception juridique était courant afin de se livrer à la chasse aux sorcières au Moyen- âge (apogée entre 1430 et 1560/1580 selon wikipedia). L’état d’exception étant la suspension du droit commun au XVè siècle. Les inquisiteurs qui jugeaient, devaient avoir toute la liberté pour le faire et par le fait même, les ducs et les seigneurs renonçaient donc à leur liberté/pouvoir. L’étude de la sorcellerie selon les auteurs, serait fascinante car elle se traduit par l’inscription d’étudiants pour un cours en ligne à l’université de Barcelone. Cette sorcellerie mise à l’écran et publiée dans les récits des romans d’Harry Poter aurait été un élan favorisant cet intérêt.

À la fin du XVè siècle presque toutes les raisons étaient bonnes pour croire à la sorcellerie. L’influence négative des sorcières et démons pouvait avoir un impact sur la production/les récoltes, l’explication de certains fléaux naturels ou actes sexuels jugés déviants. Les gens croyaient que les réunions nocturnes des sorcières (ces femmes en chair et en os) y étaient pour quelque chose et ces femmes seront dorénavant inculpées et torturées jusqu’à relater les faits jugés démoniaques et par la suite exécutées.

Entre le XV et XVIIè siècle dans des textes, cette superstition se répandra rapidement selon les auteurs et les femmes subiront cette répression de crimes imaginaires. Elles étaient impuissantes devant les accusations non fondées ( ouÏ- dire) et en subissaient la mort. Cette persécution de personnes était en fait les mêmes discours que celles des politiques d’exclusion qu’ont vécu certains peuples/groupes (ex les Juifs), à la différence qu’on jugeait  ici des individus et non des groupes. Selon Madame Ostorero à cette époque en Suisse 70 % des personnes incriminées étaient des hommes. La femme étant toutefois une cible facile puisqu’elle sera accusée pour son rapport, son lien et son savoir des objects domestiques ou la pratique des accouchements.

Monsieur Castell précise également que la démonologie et la sorcellerie seraient reliés à l’importance de matérialiser un pouvoir et explique qu’il existe un lien direct entre des états forts et le faible nombre de procès de sorcellerie. À l’inverse, ceux-ci seraient nombreux dans les régions très éloignées ou dans de petits villages. Les auteurs concluent qu’en présence d’un pouvoir bien défini dans une société, la sorcellerie trouve moins bien sa place !

Quant à ma réflexion personnelle sur le sujet…la chasse aux sorcières n’est-elle pas le fruit de l’ignorance, de la non connaissance des faits en partie…

Martine

Ermessende de Carcassonne

Née autour de 975, Ermessende de Carcassonne (Ermessenda de Carcassonna en catalan) est l’une des quatre enfants (et la seule fille) du comte de Carcassonne Roger I et de sa femme Azalaïs (Adelaida). En 993, elle se marie, vraisemblablement à l’âge de 18 ans, avec Raimond Borrell, alors comte de Barcelone, de Gérone et d’Ausona.

En tant que comtesse consort sous le règne de son mari (992-1017), mère du comte Bérenger-Raimond I (1017-1035) et grand-mère du comte Raimond-Bérenger I (1035-1076), elle s’implique énormément dans le domaine de la politique. On lui doit notamment la formation des assemblées catalanes de la Paix et de la Trêve de Dieu, qui visent à éliminer les violentes pratiques féodales des seigneurs de cette époque, jugées trop barbares par l’Église catholique. En 1027, avec son proche conseiller et ami, l’évêque Oliva, Ermessende interdit les combats le dimanche, soit le jour du repos, entre les résidents du Roussillon (en actuelle Catalogne du Nord). Peu à peu, cette interdiction s’étend à d’autres jours de la semaine et aux autres régions de la Catalogne.

Ermessende voue une loyauté très grande pour sa famille. À la mort de son mari, en 1017, elle renonce à se marier une seconde fois afin de pouvoir mettre toute son attention dans la gouvernance des trois territoires comtaux, qu’elle dirige maintenant aux côtés de son jeune fils âgé d’à peine 12 ans. Elle reste officiellement régente jusqu’en 1023, alors que Bérenger-Raimond I atteint la majorité.

Néanmoins, malgré ce fort attachement aux valeurs familiales, Ermessende entre parfois en dispute avec son fils et, plus tard, son petit-fils. Bérenger-Raimond I affirme notamment, au moment de devenir majeur, être capable de régner seul, ce qui contrevient au contrat de mariage de sa mère. Le conflit est rapidement résolu, mais laisse tout de même des marques indélébiles sur les relations entre la mère et son fils.

Toutefois, les désaccords qu’elle entretient avec son petit-fils Raimond-Bérenger I, qui, en 1035, accède au trône au même âge que son père avant lui, sont encore plus intenses encore. En 1053, il kidnappe Almodis de la Marche, déjà mariée à un comte toulousain, et se marie avec elle peu de temps plus tard. Ermessende est furieuse de cette union et va même jusqu’à faire excommunier son propre petit-fils pour le punir.

Ermessende, qui a ainsi régné sur la Catalogne à trois reprises au cours de sa vie, s’éteint en 1058, à l’âge vénérable (surtout pour l’époque) de 83 ans.

Détail de la tombe d’Ermessende de Carcassonne (cathédrale Sainte-Marie de Gérone)

 

Sources :

https://sites.google.com/site/narracions/index-narracions/2-catalunya/biografies-de-dones-catalanes/01-reines-politiques/01-ermessenda-de-carcassona

https://sites.google.com/site/narracions/index-narracions/2-catalunya/biografies-de-dones-catalanes/comtesses-de-barcelona/ermessenda-de-carcassona

https://ca.wikipedia.org/wiki/Pau_i_Treva_de_D%C3%A9u

Crédit photo :

http://chroniquesdecarcassonne.midiblogs.com/tag/ermessende+de+carcassonne