Bataille de Muret

La bataille de Muret fait partie de la croisade contre les Albigeois qui dura de 1208 à 1248. À cette époque le Pape Inocent III, essai de convaincre le comte Raimon VI de Toulouse en menant une expédition contre les cathares, aussi appelés «Albigeois». Ces Albigeois sont issus d’une secte qui naquit dans le nord de l’Italie. Cette doctrine simple et exigeante, prône le retour à la pureté de l’Évangile et dénonce le luxe et la richesse de l’Église médiévale, elle se diffuse très rapidement dans le Midi toulousain. Le comte refuse alors de prendre les armes contre ses propres sujets. Le Pape Inocent III réussit alors à se trouver des alliés français pour mater les hérétiques. Ce sera la première croisade sur des terres chrétiennes contre des gens adorateur du Christ. Le roi de France Philippe Auguste préfère se tenir en réserve. En bon politicien, il ne veut pas altérer son image dans une guerre contre des gens qui sont formellement ses sujets.

En quoi tout ceci concerne-t-il la couronne d’Aragon et de Catalogne ? Par un jeu d’alliance et de mariage, le roi d’Aragon Pierre II est le beau-frère du comte Raimon VI de Toulouse. Ils sont aussi de fervents catholiques, mais ils craignent non sans raison que les croisés leurs enlèvent leurs droits, leurs terres et leurs coutumes sous prétexte de religion.

Au début de la bataille, le comte et le roi vont assiéger ensemble le petit château de Muret, aux confins de la Garonne et de la Louge. Situé à vingt-cinq kilomètres au sud de Toulouse, il est occupé par une trentaine de chevaliers et quelques fantassins. Simon de Montfort, chevalier opportuniste au service du Pape accourt à leur rescousse avec le gros de ses troupes, soit environs neuf cents hommes et réussira à faire rentrer ses troupes dans le château courant le risque d’être lui-même assiégé.

Pierre II d’Aragon fière de sa victoire de Las Navas de Tolosa sur les musulmans veut absolument une bataille rangée dans laquelle une victoire lui attirerait encore plus de gloire et de prestige et non un siège de plusieurs mois. Simon de Montfort, en habile stratège en sachant pertinemment qu’il ne pourrait supporter un long siège feint la retraite par le sud. Pierre II d’Aragon confiant de sa supériorité numérique et tactique se jeta sur les troupes de Monfort sans attendre les troupes du conte de Toulouse. En effet, celui-ci refusa de poursuivre Simon de Montfort en sachant pertinemment ses intentions et en connaissant ses habiletés stratégiques. La défaite fut totale et humiliante le roi d’Aragon y perdit la vie et plus d’un millier de ses meilleurs chevaliers ainsi que 5000 fantassins. Son fils héritier de 6 ans, Jacques (futur Jacques I, Le Conquérant), fut aussi fait prisonnier, l’armée de Monfort ne perdit qu’une poignée d’hommes. Cette défaite signa véritablement la fin de la présence catalane en Occitanie.

Sources:

 

La conquête de la Nouvelle Catalogne, du Royaume de Valence et de Majorque

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Muret

https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article14223

 

Une réflexion sur « Bataille de Muret »

  1. Ironiquement, Simon de Montfort a pris le titre de comte de Toulouse des mains de Raymond VI, qui a fini par reprendre la ville en 1217. Montfort a ensuite décidé d’assiéger Toulouse, mais il est mort en se faisant frapper par une pierre lancée depuis les murailles de la ville. Peut-être qu’il s’agissait de la revanche de Pierre II!

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