Quand la soupe déborde…

En Espagne, le tourisme est une industrie prospère, mais l’est encore plus en Catalogne. La Catalogne a remis cette industrie sur la carte. À Barcelone, le tourisme est omniprésent à un point tel qu’un tourisme de masse s’est créé. Ce nombre surpasse même la population de la ville et des inconvénients viennent à surgir.

À Barceloneta, il y aurait plus de 1500 logements touristiques illégaux, ce qui génère 9 millions d’euros par an (13.5 millions dollars canadiens). Cela génère donc des conséquences, malgré le fait que les taxes rapportent quand même un certain profit à la ville. Des amandes bien salées de 90 000 euros (13 500 dollars canadiens) sont données à tous ceux qui s’exercent à sous-louer des appartements illégaux à des touristes. Pour ceux qui n’ont pas de licence réglementaire, l’amende peut grimper jusqu’à 600 000 euros (700 000 dollars canadiens).

Manifestants à Barcelone contre l’invasion des masses de touristes. (2015)

Une mesure par la mairie a été prise pour tenter de contrevenir à ce fléau. Ada Colau, nouvelle mairesse de la ville depuis peu, a imposé un moratoire sur les appartements à usage privé et le gel des licences touristiques, depuis juillet 2015. Aujourd’hui, la mairesse affirme qu’elle a réussi à faire baisser de 95% l’offre illégal d’établissements de ce genre.

Lit installé dehors pour sensibiliser les habitants et voyageurs à propos du tourisme illégal.

D’un autre côté, les agences de locations dénoncent plus d’une centaine de bâtiments vides, sans licences et sans utilités. Elizabeth Casañas, fondatrice d’une association de défense des droits des loueurs (Plateforme pro logements touristiques) affirme que le moratoire est une mauvaise décision et que cela est néfaste pour les touristes, les familles locales qui ont l’amabilités de louer leur logement et pour les petits commerces qui en souffrent.

La situation est-elle irrécupérable ?

Cela mérite une réflexion.

Javier García Areosa

Sources:
https://www.equinoxmagazine.fr/2017/02/16/barcelone-face-aux-locations-illegales/

https://lepetitjournal.com/vivre-a-barcelone/fermeture-de-4900-appartements-touristiques-illegaux-barcelone-251668


https://espagnimmobilier.wordpress.com/2018/05/30/locations-touristiques-en-espagne-marche-arriere-toute/


https://fr.euronews.com/2015/07/31/barcelone-ras-le-bol-du-tourisme-de-masse


3 réflexions sur « Quand la soupe déborde… »

  1. Je dois avoué que ton texte me laisse à réfléchir. En effet, le tourisme massive qui peut être considéré par certains peut être bénéfique aux autres, tel que les commerces locaux comme tu l’as mentionné. Toutefois, comme il s’agit clairement d’un revenu assez important, je trouve ça dommage que la Catalogne se voit d’empêcher un revenu important qui pourrait lui permettre de survivre encore plus facilement si cette dernière se voyait obtenir l’indépendance. Peut-être est-ce une des mesures qui a été prise afin de freiner l’avancer et le désir vers l’indépendance de la Catalogne en empêchant ce revenu gigantesque? Cela mérite bien une réflexion profonde profonde comme tu l’as suggéré plus haut.

    Gabriel Lavigne

  2. Javier c’est un très bon texte et belle réflexion Gabriel.
    Bien que la location illégale soit un problème ce n’est que la partie visible, car il y a présentement une industrie locative légale qui cause beaucoup plus de problème au Barcelonais en ce moment. Pour bien comprendre l’ampleur du problème, il faut retourner à la crise économique de 2008, car à la suite de l’éclatement de la bulle immobilière que le pays à connu, les banques sont restées avec de nombreux immeubles confisqués qu’il ne pouvait pas revendre dû à la crise. Pour récupérer leur argent, ils ont commencé à vendre les immeubles à des gens habitants d’autres pays. Comme ils n’habitent pas la ville, ils ont commencé à louer aux touristes sur des plateformes comme Airbnb, ce qui cause les deux problèmes suivants: une rareté et une augmentation du logement pour les locaux et comme les propriétaires n’habitent pas la ville l’argent ne reste pas dans la ville.
    C’est un constat que j’ai fait moi-même en essayant de louer un airbnb appartenant à un Barcelonais et c’est dans une entrevue avec Neu Rafols une citoyenne de Barcelone qui m’a expliqué le problème causé par les banques.

  3. Javier, excellent article! Très intéressant aussi!

    Le tourisme, partout dans le monde, doit faire face à cette question. Surtout quand une plateforme comme Airbnb devient très importante et que des touristes préfèrent utiliser cette plateforme, plutôt que d’aller dans un hôtel. Personnellement, lors de mes derniers voyages, j’ai préféré utiliser Airbnb que de réserver des hôtels parce que c’est moins chers et qu’il y a l’avantage d’avoir accès à une cuisine, ce qui permet d’économiser par rapport aux hôtels. Par contre, la présence d’Airbnb peut avoir des impacts sur le prix des logements. Autant pour l’achat que la location de logements.

    Le tourisme est souvent un aspect important pour une ville ou un pays au niveau des rentrées d’argent. Par contre, il peut y avoir des problèmes, comme ceux que tu soulèves. Et en tant que touristes, il faut en être conscient. Ce n’est pas parce que tu ne vis à Barcelone – par exemple – que ta présence, en tant que touriste, n’influencera pas la vie des Barcelonais.

    Article très intéressant qui soulève des questions intéressantes et auxquelles il faut penser.

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