L’art troubadouresque en Catalogne

L’art des troubadours, dont la présence est attestée en Catalogne à partir du XIIe siècle perdure jusqu’au XIVe et XVe siècle sur ce territoire, alors qu’elle disparaît presque complètement en Occitanie après la croisade des Albigeois. La pratique des troubadours s’était même étendue jusqu’au nord de l’Italie, mais l’usage de la langue d’oc est rapidement remplacé par la langue vernaculaire de la région, ce qui n’est pas le cas en terre catalane.

Cet art est avant tout littéraire, c’est pourquoi on conserve peu de trace de la musique qui devait accompagner cette poésie. On distingue néanmoins différents genres de chansons de troubadour dont:

canço: qui est une composition originale et dont le texte parle d’amour courtois (fine amor).

sirventès: qui est une chanson à caractère polémique et propagandiste reprenant un art connu dans le but de connaître une large diffusion.

tensó: c’est là un genre littéraire plus élevé, qui s’adresse aux trobadours directement puisque ce genre traite de débat autour des théories littéraires et la façon de composer.

On retrouve d’autres genres, mais ce sont le plus souvent des déclinaisons de la canço, qui adoptent un nom différent selon le caractère de l’amour qui est évoqué : amour d’un chevalier au loin,  lamentation d’un chevalier amoureux. Il y a même un genre spécifique pour l’amour déclaré à une bergère, la pastorèla !

Sur ce, voici un exemple de canço d’un toubadour catalan. Il s’agit d’une forme dialoguée avec prélude et interludes musicaux s’apparentant au genre de l’estampie.

 

SOURCES:

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/index0742.html?vgnextoid=b619d5e5d74d6210VgnVCM100000

http://oc.wikipedia.org/wiki/Trobador

Le Mont Athos et les élections grecques

Le dimanche 25 janvier ont eu lieu des élections en Grèce. Or, si vous regardez attentivement la carte des résultats électoraux, vous verrez qu’il y a une petite région où les habitants n’ont pas voté: la péninsule du Mont Athos. 700 ans après le saccage des Almogavres dont nous avons parlé dans le cadre du cours, les moines qui habitent cette théocratie en plein XXIe siècle et au beau milieu de l’Union Européenne ne semblent pas avoir voté dimanche dernier ou, du moins, nous n’en avons pas les résultats. Voici la preuve :

atosSource : résultats des élections en Grèce de Lambrakis Press S.A. : http://ekloges2015.dolnet.gr/?lang=en

Les églises romanes catalanes de La Vall de Boí

Sant Feliu de BarrueraSituée dans la région catalane des Pyrénées, près de la frontière française dans le massif du Beciberri-Punta Alta, la Vall de Boí regorge d’églises romanes, dont 9 d’entre elles datent du XIe et XIIe siècle. Bien que difficile d’accès, celles-ci ont subi l’influence des marchands, des moines et les pèlerins qui se rendaient soit à Jérusalem ou à Saint-Jacques de Compostelle.

La Vall de Boí et ses églises romanes, soit Sant Climent,  Santa Maria à Taüll, Sant Joan de Boí, Santa Eulàlia d’Erill la Vall, La Nativitat, Sant Quirc, Sant Feliu de Barruera, Santa Maria de Cardet et l’Assumpció de Cóll (possédant un christogramme) sont un ensemble cohérent d’architecture romane. C’est dans cette vallée que l’on compte le plus grand nombre d’églises inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ce qui caractérise la richesse de la Vall de Boí, c’est l’état de conservation quasi intact des églises. L’une des raisons principales est que cette région a longtemps été difficile d’accès. De plus, lors de l’invasion musulmane, ceux-ci n’ont jamais remonté la vallée, ne présentant aucun intérêt, donc, aucune destruction.

Ces églises romanes n’ont été que redécouvertes en 1907, lorsque l’architecte catalan Josep Puig i Cadafalch, en collaboration avec l’institut des études catalanes organisa une expédition. N’ayant  aucune loi protégeant le patrimoine, c’est en 1919 que l’on découvrit que des fresques de l’église Santa Maria de Mur et plusieurs peintures avaient été arrachées et vendues au Musée de Boston. Suite à cet incident malheureux, les peintures originales des églises de la vallée sont désormais au Musée national d’art de Catalogne, à Barcelone.

La Vall de Boí est un endroit unique à découvrir pour son architecture romane et l’état de conservation de ses monuments qui ont su traverser le temps.

Bon Viatge! (Bon voyage!)

Sources:

http://www.catalunyaexperience.fr/actualites/art-roman-vall-de-boi-unesco-10-ans

http://www.catalunyaexperience.fr/actualites/9-sites-classes-par-lunesco-en-catalogne

http://www.centreromanic.com/bienvenues?set_language=fr

 

La fédération des personnes sourdes de Catalogne

 

Logo de la FESOCA

Même si la langue catalane signée est officiellement reconnue depuis juillet 2009, grâce à la loi sur la Langue des Signes Catalane, la FESOCA ( la Fédération des personnes sourdes de Catalogne) fut fondée bien avant; soit en 1979. Il s’agit d’un organisme à but non lucratif qui a pour mission d’améliorer la participation et l’intégration des personnes malentendantes dans la société actuelle.

Il est intéressant de se pencher sur les multiples services offerts par la FESOCA:

Offrant une plage horaire assez étendue en semaine, soit de 9h à 21h, cet organisme met à disposition des interprètes qui peuvent aider à réaliser n’importe quelle tâche quotidienne. Que ce soit pour faire un appel téléphonique, assister à un cours ou encore se rendre à un rendez-vous médical, un membre de l’équipe de la FESOCA assistera quiconque en a besoin. De plus, depuis 2005 ils sont certifié ISO 9001: 2000. Cette certification officielle accordée par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) prouve que l’organisme applique un système de gestion de qualité et se conforme donc aux normes prescrites par celle-ci.

Si vous désirez apprendre cette langue, l’organisme vous recommande même des endroits où elle y est enseignée.

SOURCES:

http://www.fesoca.org/es/

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/fr_FR/index501f.html?vgnextoid=77595c43da896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextchannel=77595c43da896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextfmt=detall2&contentid=27583c084ded7210VgnVCM1000008d0c1e0aRCRD&newLang=fr_FRFESOCA logo

Tarragone, héritage culturel

Autrefois appelée Tarraco, elle fut conquise par les Ibères puis par les Romains. Elle devint la capitale de Tarraconaise, province romaine. Prospère, elle fut une des villes les plus importantes de l’Hispanie. Sous l’Empire romain, on y effectua un aménagement territorial en créant de nouvelles cités et un réseau de communication. Tarraco était reconnue pour ses productions agricoles, plus particulièrement, le vin. Pour les Romains, l’actuelle Tarragone fut une ville considérable tant sur le plan administratif qu’économique.

 Longeant la Méditerranée au Sud de la Catalogne, Tarragone est une ville qui séduit par sa richesse historique et son patrimoine artistique. Elle est d’ailleurs inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000. On peut y retrouver plusieurs centres de loisirs et de nombreux monuments à caractère historique. L’ensemble archéologique de la ville compte quatorze monuments romains dont les murs, le cirque, l’amphithéâtre, l’aqueduc et l’arc de triomphe de Berá.

El arco de Bara

Encore aujourd’hui, il est possible d’observer la grandeur de l’ancienne cité romaine. En plus des structures et des artéfacts archéologiques que l’on peut visiter, Tarragone permet aux touristes une immersion d’une journée dans l’Antiquité. Effectivement, un retour dans le passé est enfin possible ! À travers des spectacles de reconstitutions historiques et des activités de jeux de rôles, les visiteurs comprennent mieux la vie d’un habitant de la ville il y a plus de 2000 ans.

Sources:

http://whc.unesco.org/fr/list/875/

http://www.tarragonaturisme.cat/fr/histoire-vivante

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/fr_FR/indexc22b.html?vgnextoid=2aeeef2126896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextchannel=2aeeef2126896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextfmt=detall2&contentid=5f6c110e279d7210VgnVCM1000008d0c1e0aRCRD&newLang=fr_FR

Les chemins de Compostelle en Catalogne

L'Abbaye de MontserratDepuis le IXe siècle, des pèlerins en provenance de toute l’Europe et du monde entier empruntent les chemins de Compostelle. Il existe autant de chemin que de pèlerin, car au Moyen Âge, faute de locomotion, les pèlerins quittaient leur demeure pour se rendre à St-Jacques de Compostelle, en Galice. Leurs périples pouvaient durer des mois, voire des années et ne savaient pas s’ils reverraient leur village et leurs proches. C’était un voyage très risqué et peu de pèlerins survivaient. Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, les chemins de St-Jacques ne cessent de gagner en popularité.

C’est grâce à cette popularité que les chemins connaissent depuis quelques années une renaissance. Les chemins de Compostelle en Catalogne ne font pas exception. Connus sous le nom de Camino catalan ou Camí de Sant Jaume (en catalan), les chemins de Compostelle en Catalogne gagnent à être connus. C’est pourquoi depuis 2010, plusieurs d’entre eux ont été réhabilités. Plusieurs points de départ sont possibles, soit de la Jonquera (col de Panissars), port Sant Pere de Rodes, Camino de San Ignacien (au départ de l’Abbaye Montserrat ou le premier pèlerin catalan, Césaire, débuta son pèlerinage) ou de Barcelone. Le chemin de Tarragona est actuellement en processus de réhabilitation et devrait être praticable dans les prochains mois.

Parcourir les chemins catalans, c’est découvrir le riche patrimoine de ce peuple sous un autre angle. Montserrat, Sant Pere de Rodes, Cervera, Figueres, Alcarràs, Lleida et Vilabertran ne sont que quelques villages que l’on peut découvrir le long de la route vers Compostelle. Les chemins regorgent de trésors architecturaux, d’églises romanes et gothiques, d’abbayes, de monastères, de vestiges romains, mais aussi, le plaisir de savourer la gastronomie catalane. Encore peu fréquentés, les chemins catalans possèdent toutes les infrastructures (boulangerie, épicerie, gîte, point d’eau, etc.) afin d’accueillir les pèlerins d’aujourd’hui.

De la méditerranée à l’Atlantique, parcourir les chemins de Compostelle en Catalogne, c’est plonger dans l’histoire d’une culture millénaire.

Bon Camí! (Bon chemin!)

Ultreia et sus eia! (Toujours plus haut, toujours plus loin)

Sources:

http://www.camidesantjaume.cat/index.php

http://www.chemins-compostelle.com/Fichiers/2010-carte-catalogne-sud.pdf

https://www.youtube.com/watch?v=jU35URY8waY

 

 

La rrruuumba catalana!

[Exemple d’article de 2014 – Auteur: Jules Bouvet – 150 mots]

Vous avez sûrement entendu parler de la rumba de Cuba ou de la rumba congolaise, mais connaissez-vous la rumba catalana ?

Chantée aujourd’hui en espagnol ou en catalan, elle serait apparue dans les années 40, selon les gitans de Barcelone, véritables créateurs du style. Gato Pérez (Xavier Patricio Pérez Álvarez) dira: “la rumba neix al carrer, filla de Cuba i d’un gitanet” (la rumba est née dans la rue, fille de Cuba et d’un petit gitan). Les gitans inventèrent le style dans les quartiers de Barcelone et l’enrichirent lors de nombreux échanges avec l’Amérique latine.

Peret (Pere Pubill Calaf), le principal représentant de la rumba catalane aujourd’hui, a développé son style entre les influences rock et mambo de sa jeunesse. C’est donc un style mixte, représentatif de Barcelone, capitale catalane et métropole espagnole et européenne, ville bilingue et multiculturelle.

Style à la fois régional et international, certainement différent et particulier et fondamentalement festif, à écouter !

Sources :

http://www.calarumba.com/

http://www.vespito.net/rumba/origen.html

https://www.flamenco-world.com/magazine/about/rumba_catalana/erumb.htm