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Les catalans et le Nouveau Monde

New World

La « Découverte » du Nouveau Monde fut un évènement qui bouleversa grandement la vie économique de la péninsule ibérique. De nouvelles ressources intégrèrent l’Europe et apportèrent de grands changements au niveau de la vie commerciale de la Catalogne. Castille s’était réservé le privilège de posséder les deux seuls ports où l’on avait le droit d’apporter des marchandises de l’Amérique. Ils se retrouvaient à Séville et à Cadix. Ceci affecta grandement les catalans. Leur commerce perdit rapidement son prestige et devint pratiquement inexistant. Ce n’est qu’au XVIII siècle que le commerce avec l’Amérique est libéralisé et que les catalans voient renaitre leurs activités marchandes. La croissance démographique et la modernisation apportent des progrès remarquables pour l’industrie du textile et du papier.

SevillePort de Séville

D’un autre côté, nous avons tendance à croire que la « Découverte » du Nouveau Monde fut accomplie par le peuple de Castille. À vrai dire de nombreux individus appartenant à la couronne de Catalogne-Aragon ont contribué à cet évènement, parmi eux Joan de Coloma qui a contribué à la rédaction des « Capitulacions de Santa Fe ». Celle-ci était le contrat légal permettant à Christophe Colomb de partir vers l’Amérique. Il y avait aussi l’implication du cosmographe Jaume Ferrer de Blanes. Il participa au traçage de la limitation du Nouveau Monde entre les puissances coloniales de l’époque. Cette frontière imaginaire divisait les régions de l’Amérique entre le Portugal et l’Espagne. Cette entente prit le nom de Traité de Tordesillas. De plus, chaque explorateur avait besoin de financement pour lancer une expédition. Dans le cas de Colomb, Lluís de Santàngel fut un Valencien qui a financé une partie de  son expédition.

tordessilasTraité de Tordesillas

Les catalans ont aussi apporté une contribution importante dans le Nouveau Monde en s’impliquant dans une multitude de domaines. Les castillans n’étaient pas  seuls!

Source:

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/index0d8e.html?vgnextoid=841c5c43da896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextchannel=841c5c43da896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextfmt=detall2&contentid=4b9e3c084ded7210VgnVCM1000008d0c1e0aRCRD

http://www.enciclopedia-aragonesa.com/voz.asp?voz_id=3972

https://es.wikipedia.org/wiki/Luis_de_Sant%C3%A1ngel

https://ca.wikipedia.org/wiki/Jaume_Ferrer_de_Blanes

Etnia Barcelona

David Pellicer 2

Nous connaissons bien les catalans pour leur grande implication artistique durant l’histoire. À ce jour, leur art est grandement reconnu et ne cesse de faire surface sous toutes les formes possibles. Un catalan du nom de David Pellicer n’a pas hésité à s’investir complètement dans la passion que lui a partagée son grand père. Il s’agissait de la lunetterie! Certains peuvent penser qu’une paire de lunettes n’est qu’une simple orthèse visuelle mais d’autres ne seront pas d’accord.  De nos jours, les lunettes sont beaucoup plus. Ce sont des accessoires de mode qui font intégralement partie de notre quotidien.

Etnia Sun

 

Le grand père de David Pellicer a travaillé dans une manufacture de lunettes de soleil pendant une grande partie de sa vie. Dans les années 50, celui-ci a terminé par ouvrir sa propre entreprise de lunettes dans le quartier de Poble Sec à Barcelone. Il partagea ses connaissances sur la fabrication des montures avec ses filles qui les transmirent alors à David Pellicer.

Poble Sec

David Pellicer âgé de 17 ans, commença à travailler dans la manufacture de son grand père et avec deux générations d’expérience donna naissance à la collection de lunettes Etnia Barcelona.

David Pellicer

Les lunettes Etnia sont inspirées de l’histoire de la Catalogne et de ses nombreux mouvements artistiques.  Les combinaisons de couleurs sont uniques et apportent une touche tendance à tous ceux qui veulent les porter.

Etnia 2

Le choix et les styles sont nombreux et il y en a pour tous les goûts!Etnia-1

http://www.etniabarcelona.com/

La danse : une tradition qui perdure

Inspirée par l’atelier de danse de Sardane, j’ai décidé de parler de certains types de danse qu’il est possible de retrouver en Catalogne.

La danse traditionnelle de catalogne est évidemment la sardane. Je vais repasser sur quelques aspects de cette dernière (pour que l’on se rafraichisse la mémoire). La sardane se danse en rond avec plusieurs pas bien précis qui suivent presque une équation mathématique sur le rythme de la flûte et de l’orchestre. Il s’agit d’une tradition extrêmement conviviale à laquelle tout le monde peut participer, autant les amateurs que les professionnels. Pour terminer, il est intéressant de connaître l’importance du symbole que représente cette danse pour les catalans. En effet, pendant la renaissance au XIXème siècle , « les Catalans se mettent à revendiquer leur identité particulière, en marge de la société espagnole. La sardane devient alors l’un des symboles de leur différence culturelle»[1] et reçoit les lettres de noblesses.

Bien que la sardane soit la danse traditionnelle en catalogne, elle n’est pas le seul type de danse qu’il est possible d’y retrouver. Le flamenco est aussi un type de danse extrêmement connu et reconnu en catalogne. Une danse bien plus vieille que la sardane qui a « un passé historique long et important qui rejoint celui du développement culturel de l’Espagne.» [2] Dès le XVème siècle, il existait dans les terres catalanes une tradition importante de ce genre artistique. Ce n’est que plus tard, entre le 18ème et le 20ème siècle, que les figures les plus importantes vécurent en Catalogne. Aucun événements politiques ou historiques ne permirent d’atténuer l’intensité et la force du flamenco.

Dans les années 1900, alors que la vie suit son court à Barcelone, il est possible de retrouver au bord de la mer un campement de gitans. Dans une de ses familles, une famille reconnue comme étant des artistes avec le père joueur de guitare marié à une danseuse de flamenco, elle même fille d’un danseur de flamenco, que naquit, en 1913, l’une des meilleures danseuses de flamenco de tous les temps : Carmen Amaya.

« Le style de Carmen était intuitif, vital et expressif. On la surnommait la Capitana.» [3] La jeune femme talentueuse dansa dans d’innombrables cafés dansant. « L’homme d’affaires Josep Santpere fut le premier à la faire monter sur scène, plus particulièrement sur celle du Teatro Español. A partir de ce moment, le succès l’accompagna et elle commence à jouer dans des pays étrangers. » [4] Plus tard, Carmen fit son passage dans le monde du cinéma et apparu dans une vingtaine de films. Après une vie trépidante, une vie emplie de rencontres, de danse, de passion, Carmen mourut chez elle en 1963.

Carmen Amaya : La Capitana

Heureusement de nombreuses figures suivirent les traces de Carmen et permirent au monde du flamenco de perdurer au fil des ans.

Je vous laisse sur une petite note musicale qui vous en mettra pleins les yeux et vous donnera envie de danser avec la fameuse et talentueuse Carmen Amaya.

SOURCES

[1] http://les-bons-plans-de-barcelone.com/la-sardane-catalane-quelques-pistes-pour-entrer-dans-la-danse/#

[2] http://www.enforex.com/espagnol/culture/danse-flamenco.html

[3]http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/fr_FR/index39a7.htmlvgnextoid=8a35d5e5d74d6210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextchannel=8a35d5e5d74d6210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextfmt=detall2&contentid=c70cca2f63f48210VgnVCM1000008d0c1e0aRCRD&newLang=fr_FR

[4] ibid.

Cap de Creus

Cap de Creus a été créé en 1998 par une loi protégeant la péninsule et son environnement marin. Il s’agit du premier parc maritime terrestre en Catalogne. Il se compose de huit communes; Llançà. Vilajuiga, Pau, Palau-Saverdera Saverdera, Rosas, Cadaqués, Port de la Selva et Selva de Mar. Il est situé dans la région du Haut Ampourdan dans la province de Gérone. Il est au nord du golfe de Roses et à l’extrémité orientale de la péninsule ibérique et des Pyrénées. Creus signifie croix en catalan.

Faune et flore

Plus de 800 plantes sont répertoriées sur le Cap de Creus. La Seseli
Farrenyi se trouve exclusivement sur le cap. L’arméria du Roussillon, la lavande de mer, le romain et les fleurs de San Juan sont quelques espèces que l’on peut retrouver près du littoral ou sur les monts. Les arbres les plus représentatifs de la zone sont le pin Halepensis, le chêne-liège, le chêne vert et le chêne pubescent. Par contre, la végétation qui prédomine est les arbustes.

Un grand nombre d’animaux terrestres et aquatiques peuvent être observé dans le Cap notamment des oiseaux, des escargots, des reptiles et des coléoptères. Les poissons et les coraux abondent les littoraux. Les eaux pures et limpides permettent la visibilité des espèces marines. La région présente un fort potentiel de récupération de la faune.

Géologie

Le Cap se créa il y a des millions d’années grâce aux pressions et aux hautes températures qui firent mélanger divers minéraux. La mer et la tramontane (vent Nord/Nord-Ouest) travaille les minéraux leur donnant des formes capricieuses. Certains visiteurs y voient des formes telles que des lions, des dragons, des chameaux, etc.

Le parc compte deux zones protégées; la zone terrestre et la zone maritime. Tous deux incluant des sites naturels d’intérêt national.

Quoi y faire?

Le spectre du sex appeal – Dali

Le cap offre une vue magnifique sur la côte. Cette vue a d’ailleurs inspiré Josep Pla et Salvador Dali Parsemée d’îlots, de falaises vertigineuses et de criques discrètes, le Cap de Creus est parfait pour les amoureux de la nature. Une grande variété d’activité y sont offertes; randonnée, kayak, plongée sous-marine, bicyclette, promenade à cheval, pêche à la ligne, excursions, sorties culturelles et pédagogique.

Monastère de San Pedro de Rodas

Le monastère de San Pedro de Rodas, joyau de l’art roman catalan, est le siège actuel du parc. L’église a été construite à partir du Xe siècle dans un style mozarabe et fut consacrée en 1027. Le phare est également un incontournable. D’autres structures architecturales peuvent être vues telles que des baraques en pierre sèche, des ermitages, des fermes, des mines, de vieux chemins pour le bétail, des dolmens et des menhirs.

Vous ne pourrez vous ennuyer au Cap de Creus qui offre des jours de plaisirs extérieurs.

Sources

http://www.rosespedia.cat/index.php/Cap_de_Creus

http://www.visitcadaques.org/?lang=fr&sec=natura&sub=naturals

http://www.catalunya.com/que-faites-vous/chemin-de-saint-jacques/parc-natural-de-cap-de-creus-17-17002-14

http://www.spain.info/fr/que-quieres/arte/monumentos/girona/iglesia_de_san_pedro_de_roda.html

« 2 billets pour Figueres svp »

dalipitxotAntoni Pitxot , à propos du Théâtre-Musée Dalí, dont il a été le Directeur jusqu’à son décès en juin 2015 :

« En application de ce principe, si souvent revendiqué, qui consiste à donner une dimension universelle à la dimension locale. »

C’est Antoni Pitxot, peintre et ami de longue de date de Salvador Dalí, qui nous fait visiter le Théâtre-Musée Dalí dans : Dalí, le dernier grand oeuvre | Dalí, la darrera gran obra, un film signé David Pujol.

Photographier cet immense monument au génie de Dalí et transmettre la forte impression qui s’en dégage, de la pellicule à l’imaginaire du spectateur en salle, c’est le défi que Pujol a su relever avec brio. Au sortir de la projection on est subjugué.

Dalí, le dernier grand œuvre, David Pujol l’a réalisé et co-scénarisé avec Montse Aguer, Directrice des études daliniennes de la Fondation Gala-Salavador  Dalí et Directrice des Musées Dalí, notamment du Théâtre-Musée depuis novembre 2015.

Le Festival des films sur l’art l’offrait aux Montréalais le 18 mars dernier.

Le Théâtre-Musée abrite et magnifie des œuvres datées de 1904 à 1989. Ce lieu, né des restes de l’ancien Théâtre municipal de Figueres, avait accueilli la première exposition du peintre en 1914.

Les années 60 voient germer le projet du Théâtre-Musée qui, lors de son inauguration en 1974, portera la signature de l’artiste dans tous ses moindres détails. Le visiteur est convié à entrer de plein pied dans son univers.

« Il est évident qu’il existe d’autres mondes, c’est certain, mais je l’ai dit à maintes reprises, ces autres mondes se trouvent dans le nôtre, ils résident sur la terre et plus précisément au centre de la coupole du Musée Dalí, où se trouve tout le nouveau monde insoupçonné et hallucinant du surréalisme ».     Salvador Dalí

La configuration des salles, les installations savamment calculées, la lumière toujours en mouvance eut égard à la trajectoire du soleil, tout contribue à servir le dessein du maître.

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Je vous invite à visionner la bande-annonce du film dans laquelle Dali lui-même nous convie à Figueres, sa ville natale…

Aujourd’hui, le corps de Salvador Dali est inhumé sous le dôme de verre qui lui était si cher. C’est à l’architecte originaire de Valence, Emilio Pérez Piñero, que Salvador Dalí en avait confié la conception.

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“Ce musée est l’œuvre de ma vie. Je lui consacrerai les années qui me restent. Mais sachez que dans le Théâtre-Musée rien, absolument rien, ne sera jamais terminé. Car s’il devait être fini, moi aussi je serais fini. Et moi, je veux vivre”.  Salvador Dalí

De fait,  le Théâtre-Musée est toujours l’objet d’agrandissements progressifs et enrichie encore son patrimoine. À titre d’exemple,  en 2001 furent inaugurées les salles d’exposition Dalí·Bijoux.

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Sources :

http://www.salvador-dali.org/museus/espai-joies/fr_historia/

http://www.salvador-dali.org/museus/teatre-museu-dali/fr_historia/

https://www.salvador-dali.org/serveis/premsa/nouvelles/307/montse-aguer-directrice-des-musees-dali

https://www.youtube.com/watch?v=-kr8dPUaZKA&app=desktop

http://www.salvador-dali.org/museus/teatre-museu-dali/fr_antoni-pitxot/

http://www.salvador-dali.org/museus/teatre-museu-dali/fr_visita-virtual/

https://es.wikipedia.org/wiki/Emilio_P%C3%A9rez_Pi%C3%B1ero

https://fr.wikipedia.org/wiki/Salvador_Dal%C3%AD

http://www.salvador-dali.org/media/upload/arxius/Projectes%20audiovisuals/DOSSIER%20fr.pdf

«Maulets» : Les jeunes indépendantistes!

Si je vous parle du terme « Maulet » , ça ne vous dit surement pas grand-chose.

Si par contre je vous parle de la guerre de succession entre Philippe V et Charles d’Autriche au début du XVIIIe siècle… vous êtes sûrement plus connaisseur. C’est pourtant cette guerre qui est à l’origine du terme. En effet, « Maulet » à un groupe armé composé principalement de paysans d’origine Valencienne pour contrer la noblesse qui prenait pour Philippe V.  De ces paysans alliers à Charles III, aussi des marchands qui avaient des relations commerciales avec les alliés du souverain, ont joints l’armée.« Maulet », qui signifie  « esclave » en arabe populaire était donc ces paysans qui expulsaient les plus importants nobles qui fraternisaient avec l’ennemi ( Philippe V) du pays valencien. Après la victoire des bourbons, les « Maulets », comme plusieurs autres partisans de Charles d’Autriche, ont été persécutés.

PS: ces  nobles traitres , ont les appelaient « botiflers » , restée expression catalane , comme vue en classe!

Le terme « Maulet » a été repris par une organisation politique indépendantiste  formée de jeunes en 1988. C’est plus précisément l’aile jeunesse d’une coalition de partis de gauche Catalunya Libre (catalogne libre). Dans une optique post-franquiste , l’intérêt de cette organisation était l’unification des territoires de la catalogne pour ensuite y faire l’indépendance. Elle fut très active dans les années 90 pour ses manifestations et ses frasques avec la police espagnole. Aussi dans les années 90 , des organisations de gauches armées dont Terra Lliure (l’équivalent un peu du Front de libération du Québec chez nous, mais multiplié par 10) ont entaché l’image du séparatisme de gauche en posant des gestes radicaux dont plusieurs attaques à la bombe. Une vaste opération policière pour arrêter ces débordements dirigés par nul autre que Baltasar Garzón ( magistrat très connu) va avoir pour effet l’arrestation de plusieurs terroristes politique. Les maulets vont prendre la peine de se dissocier de ses terroristes et sont d’ailleurs les seuls de leur coalition de gauche à échapper à « l’opération Garzòn ».

Vers la fin des années 90 , l’organisation des maulets était très présente dans les manifestations altermondialistes et anti-capitalistes, entre autres. Certaines divisions internes ont fait cependant quitter certains membres au cours de ces mêmes années, mais le noyau de ce mouvement a survécu à cette décennie difficile.

De 2000 à 2008 , les maulets vont créer une offensive indépendantiste en faisant la promotion d’une identité territoriale. Ils vont faire campagne sur le fait que les Catalans n’ont pas le dernier mot quant à leur indépendance territoriale et énergétique face à l’Espagne. ( plusieurs interventions dans le domaine agricole, nucléaire et  hydrologique,entre autres). De plus, ils ont fait plusieurs interventions au sein de mouvements étudiants et syndicalistes. En 2008, plusieurs événements ont été réalisés pour souligner le vingtième anniversaire du mouvement et même la réalisation d’un DVD expliquant l’histoire du mouvement ainsi que le témoignage de plusieurs de ses membres( titre:« Maulets: 20 anys en lluita»).

De 2007 à 2012 commence un processus d’unification entre deux groupes de gauches indépendantistes jeunesse soit les maulets et le CAJEI (coordonnateur des jeunes de gauche indépendantistes). La nouvelle organisation qui s’appellera «Arran» aura comme cheval de bataille l’indépendance de la catalogne, le socialisme et le féminisme.

Voici le site web du mouvement Arran : http://arran.cat/

Voici un extrait du DVD sur les maulets :

 

 

 

 

 

José Luis Guerin

Depuis quelques années, de nouveaux cinéastes sont apparus. José Luis Guerin est l’un d’entre eux. M. Guerin est un réalisateur espagnol, plus précisément de Catalogne, né en 1960 à Barcelone. Ce cinéaste est extrêmement reconnu par sa démarche artistique ainsi que son produit final qui sort des sentiers battus.

C’est grâce à son film En construcción sorti en 2001 qu’il a pu se faire connaître d’un public plus large. Il s’agit de son quatrième long métrage. Le film pris trois ans a être élaboré et ce, en avec la collaboration d’une petite équipe de six étudiants. En effet, il est intéressant de savoir que ce film fut réalisé dans le cadre d’un projet de création en maîtrise à l’Université Pompeu Fabra. Ce film documentaire essaye de montrer à l’écran la transformation humaine engendrée par la transformation urbaine du Barrio Chino à Barcelone. Ce documentaire cinématographique eut, à sa sortie, autant de succès du côté du grand public que des professionnels du cinéma.

Aussi, c’est à partir de la sortie de En construcción que les films réalisés antérieurement par José Luis Guerin commencèrent à être vus et connus. Le long-métrage considéré comme le premierdu cinéaste, en 1983, fut Los motivos de Berta, fantasía de pubertad. Ce dernier suit l’évolution de Berta, une jeune adolescente, dans un petit village de Ségovie.

 « Ainsi, entre 1983 et 2001, José Luis Guerin réalise quatre longs métrages (fictions, documentaires narratifs -ou de création-, fake) dans lesquels il mêle les écritures cinématographiques, les temps, les mémoires. Le cinéaste fait disparaître les frontières avec lesquelles nous tentons de séparer et de cloisonner les temps (passé, présent, futur), les êtres (morts, vivants, personnes, personnages, modèles, acteurs), les genres (documentaire, fiction, poème, portrait, etc.). »

Quelques années plus tard, tentant d’échapper à son étiquette de cinéaste lent et inclassable, M. Guerin réalisa trois films ayant tous le même sujet ; la femme inaccessible. Le plus connu et apprécié étant En la ciudad de Sylvia qui est d’ailleurs son œuvre la plus récente. Cette dernière se situe entre le rêve et la réalité, il s’agit d’un homme inconnu recherchant le visage d’une jeune femme, de sa figure féminine fantasmagorique.

Enfin, José Luis Guerin est un grand cinéaste qui reste classé dans les inclassables. Pourtant, il est facile de percevoir une cohérence thématique entre ses diverses œuvres ainsi qu’une recherche constante des limites du langage cinématographique.

 

SOURCES:
http://www.cinespagne.com/portraits/2051-jose-luis-guerin

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/fr_FR/indexb0eb.html?vgnextoid=66091277156d6210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextchannel=66091277156d6210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextfmt=detall2&contentid=0acf968d72f48210VgnVCM1000008d0c1e0aRCRD&newLang=fr_FR

 

La nueva cancion / la nova cançó

Passionnée de culture d’Amérique centrale et du sud, j’aime beaucoup la musique et plusieurs artistes cubains, mexicains, péruviens et colombiens. Lorsque l’on a parlé de la Nova cançó dans le cadre de ce cours, je me suis dit que le lien avec la Nueva cancion latine-américaine était trop évident pour ne pas en parler.

La nueva cancion est un mouvement au départ sud-américain de chansons protestataires folk, qui reprenait la musique indigène au Chili et au Pérou, pour la remettre d’actualité. Elle est reconnue pour avoir joué un grand rôle dans les mouvements sociaux en Europe et en Amérique latine dans les années 1970 et 1980.  Une artiste importante est la chilienne Violeta Parra (vidéo ci-haut), qui a regroupé un nombre impressionant de chansons folkloriques de son pays, en plus de faire de la peinture et de la sculture. Puisqu’elle reprenait la musique traditionnelle d’Amérique latine, la nueva cancion peut être associée aux movements révolutionnaires de gauche à cause de ses paroles engagées. Il y a eu beaucoup de censure des artistes de la nueva cancion, autant en Amérique latine qu’en Europe, surtout sous les différentes dictatures. C’est là que le lien avec l’Espagne et la Catalogne est fort: les exilés du mouvement fuient Franco, Pinochet, Videla ou Galtieri en Argentine. C’est la nueva cancion d’Amérique du sud qui va inspirer la nueva trova a Cuba et la nova cançó en Catalogne. Les sujets traités sont souvent les droits de l’homme, la pauvreté, la lutte pour la démocratie, etc.

Dans les années 1960 né à Cuba le mouvement avec des artistes comme Silvio Rodriguez et Pablo Milanés, qui ont été d’importantes figures et qui se sont d’ailleurs éventuellement rapprochées du régime de Castro. Une des chansons les plus populaires de Rodriguez, Playa Girón, me fait énormément penser à celle de Raimon, Jo vinc d’un silenci, non seulement pour sa signification mais pour aussi pour la ressemblance musicale et d’interprétation des deux artistes.

Dans la décénnie suivante, le mouvement atteint une popularité grandissante. La chute de Franco fait disparaître progressivement la censure en Espagne et pour les Catalans, mais en Amérique du sud les musiciens continuent d’être persécutés et de s’exiler. Le barcelonais Joan Manuel Serrat donnera un concert gratuit en 1971 pour soutenir le gouvernement d’Unité Populaire au Chili.

Il est très intéressant de voir à quel point la musique a contribué aux différentes révolutions et combats pour la liberté, à travers le monde. Une fois que l’on commence à lire sur le sujet, c’est difficile d’arrêter, car ce sont de belles découvertes musicales, en plus des nombreux films sur le sujet.

 

Carme Ruscalleda i Serra

 

Source de l’image: http://www.gastronostrum.com/wp-content/uploads/2014/04/Carme-Ruscalleda.gif

Carme Ruscalleda i Serra est une chef catalane de renom. Elle est née en 1952 à Sant Pol de Mar dans la province de Barcelone. Elle grandit dans une famille de paysans et de commerçants et elle se joint à l’entreprise familiale de fine épicerie et de charcuteries en préparant des petits plats à emporter. Après des études en commerce, elle ouvre son premier restaurant, le Sant Pau, dans sa ville natale en 1988. Puis, elle ouvre un second restaurant, aussi nommé Sant Pau, à Tokyo en 2004.

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La chef déclare que :

les valeurs de qualité du travail et produits représentaient la devise familiale, des valeurs auxquelles je n’ai jamais renoncé. […] J’ai ouvert [le Sant Pau] avec la volonté d’utiliser des ingrédients de qualité et de les combiner de manière créative.

 

En date de 2010, Carme Ruscalleda i Serra détenait cinq étoiles Michelin – récompense gastronomique -; trois pour son premier restaurant (titre obtenu en 2006) et deux pour celui au Japon. C’était la seule femme ayant été récompensée d’autant d’étoiles. Elle en possède maintenant sept.

Source de l’image: https://cultibar.files.wordpress.com/2013/01/detalle-comedor-restaurante-sant-pau.jpg

En 1992, c’est elle qui représente la cuisine catalane à l’exposition de Séville. La Généralité de Catalogne lui décerne un diplôme touristique la même année et le Creu de Sant Jordi – grande distinction catalane – en 2004. Elle se mérite aussi la médaille d’honneur du parlement de Catalogne en 2013.

« Catalane, moderne et créative » , voilà comment Carme Ruscalleda i Serra décrit sa cuisine. Son apprentissage de l’art gastronomique se fait surtout de façon autodidacte et elle mise beaucoup sur l’originalité sans toutefois oublier l’essence de la cuisine catalane. D’ailleurs, pour la chef, le secret est l’huile d’olive! Son menu change selon les saisons et selon son inspiration. Il est possible de le consulter sur son site web.

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En plus de travailler en cuisine, Carme Ruscalleda publie aussi des livres de cuisine dont Deu anys de cuina al Sant Pau (1998), Cuina per ser feliç (2002), Un any amb Carme Ruscalleda (2004) et Cuina a casa amb Carme Ruscalleda (2005).

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Source des images – nourriture: http://www.ruscalleda.com/gallery2/index.php?url=http://www.ruscalleda.com/ca/menu&locale=ca