Tous les articles par Kelly Anne Thibodeau

l’Aquelarre de Cervera

Aquelarre de Cervera | Instagram

Festival étant célébré à chaque dernière fin de semaine d’août depuis 1978, il est très important dans la culture catalane. L’idée étant venue de la sorcellerie que le peuple aurait pratiquée dans le passé, le festival prend place dans la ville de Cervera, aux alentours de l’université. L’Aquelarre (ou encore le coven en français), est en fait la manière que les européens appelaient les réunions nocturnes des sorcières et des sorciers. Ces réunions avaient dans le but de venir pratiquer des rituels et de s’entretenir avec le diable en personne.

L’Origine

C’est à cette époque que l’Inquisition fit apparition au cœur du royaume d’Aragon du roi catholique Ferdinand II. Ce tribunal avait comme mandat, entre autre, de venir contrôler les délits d’opinion de manière chrétienne[1]. Le paganisme, autrement dit païen, comprenait « toutes […] formes religieuses qui ne sont ni juives ni chrétiennes »[2]. Il était donc considéré comme illégal. Ainsi dit, les croyances satanistes des membres du Coven furent aussitôt punies : « [ils] ont été torturés à mort »[3]. Afin d’en apprendre plus sur la sorcellerie au sein de la Catalogne, vous pourrez vous référer sur l’article « La sorcellerie en Catalogne » sur le blogue[4] Envolées Catalanes.

Sorcière brulée sur le bûcher

Ce festival prit forme alors qu’en 1978, plusieurs jeunes se sont rendus à Cervera afin d’y organiser une fête. C’est dans cette ruelle qu’auraient eu lieu les fameuses réunions. À partir de ce moment, la ville commença à célébrer cette fête qui deviendra de vraies célébrations traditionnelles. Par exemple, à chaque année, la ville vient organisée des dizaines de festivités : on y retrouve des groupes de musique (18 à chaque édition), des feux d’artifices, des rituels traditionnels qui viennent rendre hommage en quelque sorte aux femmes qui ont été tuées lors à cause de ces aquelarres.

Forme du festival

Le festival est habituellement séparé en trois actes : le premier est défini par la descente aux enfers, le deuxième par l’apparition de la chèvre (suivi d’une danse traditionnelle par des démons), alors que le troisième est entièrement concentré aux pratiques sexuelles : c’est ce que l’on peut appeler une orgie festives. Aucune nudité n’est représentée, alors que tout est d’allure symbolique. En effet, « Excité par les sorcières et les danses sensuelles, le démon fait une éjaculation superbe sur le public »[5].  Le démon, qui est en fait représenté par « le Mascle Cabró, un bouc géant et lubrique »[6], est l’élément important de cette célébration. Il prend une place qui pourrait être défini comme étant le roi des festivités.

Aquelarre de Cervera | Instagram

En plus d’avoir un programme pour les adultes, on retrouve plusieurs ateliers pour les enfants qui souhaitent célébrer avec leurs parents. Plusieurs sont costumés, d’autres participent à des jeux qui tournent autour de la magie.


[1] Garcesius. « L’Inquisition ». Histoire de l’Espagne (blog), 29 juillet 2011. https://histoiredespagne.wordpress.com/2011/07/29/linquisition-2/. [en ligne] (consulté le 20 octobre 2019)

[2] Universalis‎, Encyclopædia. « PAGANISME ». Encyclopædia Universalis. Consulté le 20 octobre 2019. http://www.universalis.fr/encyclopedie/paganisme/. [en ligne]

[3] Femturisme.Catalunya, Ergates Informàtica (Barcelona. « L’aquelarre à Cervera | femturisme ». Consulté le 20 octobre 2019. https://www.femturisme.cat/fr/itineraires/aquelarre-de-cervera.

[4] « La Sorcellerie en Catalogne | Envolées catalanes ». Consulté le 20 octobre 2019. https://www.mediatheque.cat/envolees/?p=693. [en ligne]

[5] Femturisme.Catalunya, Ergates Informàtica (Barcelona. « L’aquelarre à Cervera | femturisme ». Consulté le 20 octobre 2019. https://www.femturisme.cat/fr/itineraires/aquelarre-de-cervera. [en ligne]

[6] Cap Catalogne. « AQUELARRE DE CERVERA ». Consulté le 20 octobre 2019. http://capcatalogne.com/events/aquelarre-de-cervera-2/. [en ligne]

Les grèves féministes du 8 mars en Catalogne

Actuellement, nous nous trouvons dans un contexte de manifestation au travers du monde. Que ce soit pour le climat, pour la recherche d’indépendance ou toute autre situation, chacune d’entre-elle sont à la recherche de la même chose : soit une manière de faire entendre leur revendication, leur requête. Une des revendications qui vient ralliée la planète entière est très simple : la demande de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ainsi, à chaque 8 Mars, journée internationale des droits de la femme, le monde se met en grève pour venir contrer les inégalités qui sont toujours présentes aujourd’hui, en 2019.

L’Espagne est une des régions qui regroupent le plus de manifestants en cette journée. En effet, depuis deux ans déjà, la ville de Barcelone retrouve plus de 200 000 féministes qui se baladent au travers des rues de la ville. Ces personnes ont revendiqué « l’égalité, la fin des violences sexistes, la réduction de l’écart salarial et la défense de la dignité du travail domestique »[1]. Elles viennent également défendre le travail non-rémunéré des femmes ainsi que « les soins qui incombent aux femmes […] tels que les soins aux enfants et aux personnes à charge, ou les tâches ménagères »[2] car les femmes travaillent deux fois plus d’heures quand vient le temps de travailler à la maison[3].

Des étudiantes prennent part à la manifestation à Barcelone pour la journée internationale des droits des femmes. | AFP[4]

Des étudiantes prennent part à la manifestation à Barcelone pour la journée internationale des droits des femmes. | AFP[4] En 2018, on vient organiser une grève légale au sein de la ville. Cette situation est une première historique. Plusieurs ministères de PSOE (dont Pedro Sanchez) ont marchés aux côtés du peuple. Ce dernier a même affirmé qu’il « [voulait] une Espagne féministe. Car c’est seulement grâce au féminisme que nous en finirons avec la violence machiste et que nous obtiendrions l’égalité réelle »[5]. À la suite de cette marche, les barcelonais ont non seulement décidé de la répéter, mais ils s’y sont pris d’avance. En effet, plusieurs services au niveau du transport, de la santé et de l’éducation ont été mis en place. Par exemple, comme Montréal l’a fait lors de la marche pour le climat en ce vendredi 27 septembre, le métro, le tramway et d’autres transports à Barcelone ont été réduit (à 50% aux heures de pointe et 25% pour le reste de la journée). Évidemment, plusieurs services de transports ont été réduit dût à la quantité de monde qui serait dans les rues. En ce qui concerne le système de la santé, les services d’urgence et de santé publique ont été maintenus, mais en ce qui concernait les chirurgies pouvant être déplacées, elles l’ont été. Les écoles ont laissé un professeur pour six classes, un professeur pour quatre classes spécialisées et le reste du personnel a été réduit au tiers. Ces mesures en disent beaucoup sur l’importance de la manifestation sur la ville catalane. On vient montrer que l’égalité au niveau des sexes est d’une importance capitale et que la ville encourageait les gens à aller manifester en ce 8 mars. Suite à l’imposition de l’Espagne franquiste lors d’une majeure partie du XXe siècle, les manifestants sentent qu’il y a toujours une importante vague de machisme sur le territoire et qu’il est temps que l’égalité s’installe.

Au cours de l’année 2004, « le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a voté une loi hissant [le féminicide] au rang de cause nationale […]. En Espagne, près de 1500 hommes portent un bracelet électronique »[6]. Ce bracelet est une sorte de GPS qui permet aux femmes, portant une balise, de savoir si leur conjoint ou ex-conjoint se trouve à proximité. La police sera ainsi prévenue, permet d’avoir un système prévoyant d’une part la violence conjugale, mais apporte d’une autre part une sérénité à la femme qui avait peur de la personne concernée. Ceci n’est qu’un exemple de ce que ce genre de manifestation peut apporter à une société. On permet à une ville, voir un pays, de progresser vers un futur égalitaire (les manifestations féministes du 8 mars), écologique (la grève mondiale pour le climat du 27 septembre dernier), national (la manifestation du 11 septembre 2014 en Catalogne).  


[1] Le petit journal « Ce qu’il faut savoir sur la grève féministe du 8M à Barcelone ». Consulté le 20 octobre 2019. https://www.lepetitjournal.com/barcelone/actualites/ce-quil-faut-savoir-sur-la-greve-feministe-du-8m-barcelone-251949 [en ligne]

[2] Idem

[3] Selon les données de l’INE

[4] Ouest-France. « 8 mars. Grève générale sans précédent pour les femmes en Espagne ». Ouest-France.fr, 8 mars 2018. https://www.ouest-france.fr/europe/espagne/8-mars-greve-generale-sans-precedent-pour-les-femmes-en-espagne-5610342. [en ligne] (consulté le 20 octobre 2019)

[5] La Presse. « Espagne: grève féministe et manifestations massives pour le 8 mars », 8 mars 2019. https://www.lapresse.ca/international/europe/201903/08/01-5217586-espagne-greve-feministe-et-manifestations-massives-pour-le-8-mars.php. [en ligne] (consulté le 20 octobre 2019)

[6] Europe 1 « Lutte contre les féminicides : l’Espagne, l’exemple à suivre ». Consulté le 20 octobre 2019. https://www.europe1.fr/international/lutte-contre-les-feminicides-lespagne-lexemple-a-suivre-3908365. [en ligne]