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Rose de Feu et Perle d’Orient : solidarité catalano-hongkongaise

Le 24 octobre 2019, dans la place du Chater Garden à Hong Kong, un ralliement citoyen s’organisait, comme tant d’autres dans le cadre des manifestations qui secouent cette région administrative de la Chine depuis quatre mois.

Ce ralliement était pourtant unique en son genre : les étoiles des fleurs blanches hongkongaises ne brillaient pas sur fond rouge, mais bourgeonnaient sur l’or de Senyeras catalanes. En effet, cette petite centaine de personnes, hongkongais et catalans expatriés, montraient leur solidarité avec la cause catalane, aux antipodes de la planète. Et c’est que, depuis quelques temps, alors que des soulèvements populaires fleurissent un peu partout sur terre, des transfusions s’opèrent entre les protestes à Hong Kong et à Barcelone.

Il n’empêche que les contextes sont forts différents : les manifestations qui secouent la Perle de l’Orient depuis plus de quatre mois ont pris racine dans l’ opposition à l’amendement de la loi d’extradition par le gouvernement de Hong Kong ; les citoyens avaient vu dans cette mesure un danger pour leur système juridique, indépendant de celui de la Chine, et pouvant alors être infiltré par celle-ci. Au fil des mois, et face à la répression musclée de la part du régime chinois, les hongkonais ont en outre saisi l’opportunité pour réclamer plus de démocratie vis-à-vis du régime chinois, et cela devant la communauté internationale.
À l’autre bout de la planète, la Rose du Feu luit autant que son homologue asiatique, depuis les événements du référendum en Octobre 2017, ayant mené à l’emprisonnement de 9 leaders indépendantistes catalans. Si les manifestations pour revendiquer plus d’autonomie sont devenue chose commune depuis quelque années, c’est à l’occasion du deuxième anniversaire de cet événement marquant que le sang des catalans s’est enflammé. Des mobilisations de masse ont ainsi afflué dans les artères de la région, réclamant la libération de ces leaders, ainsi que le droit à l’autonomie et, plus largement, sont indépendance.
D’où vient alors cette soudaine solidarité entre ces deux fleurs rares de la planète ? Cela semble être, avant tout, en raison de la violence dont usent les états (Chine et Espagne) pour étouffer ces mouvements, et cela malgré la différence de contextes, de régimes politiques et de revendications.
En effet, les manifestants hongkongais ont développé des mécanismes et stratagèmes de résistance d’une ingéniosité redoutable, face à ces violentes représailles, et l’intense médiatisatin de leurs actions les a popularisées dans le monde entier, permettant aux manifestant catalans de les importer dans leur propre combat. La mobilisation du public dans les aéroports (un lieu où on ne s’attendrait pas à voir des manifestants), l’emploi du hashtag #BeWaterMyFriend, en référence à la citation de Bruce Lee pour signifier que le mouvement doit être souple et rapide comme l’eau, afin de s’infiltrer entre les craquelures du système, et bien d’autres stratégies ont ainsi été partagées par le regroupement Assamblea i Pícnic per la República.

C’est cette solidarité avec un autre peuple qui a sans doute poussé les hongkongais à se tenir au courant de la situation en Catalogne, jusqu’à organiser ce ralliement à Chater Garden du 24 octobre 2019. Tandis que la métropole asiatique voyait ainsi sa diaspora catalane exprimer sa reconnaissance, son homologue méditérranéen lui rendait la pareille avec un ralliement devant le consulat Chinois à Barcelone, avenue du Tibidabo, le même jour, organisée par le collectif Assamblea i Pícnic per la República. Une centaine de personnes sont venues montrer leur soutien à la communauté hongkongaise, ainsi qu’à inciter les deux mouvements à se rallier pour la cause commune de l’indépendance. La présidente de l’Assamblea, Elisenda Paluzie, s’est notamment prononcée sur l’affaire au cours du ralliement, afin de remercier l’acte de solidarité à Chater Square, tout en louant la force, le courage et l’ingéniosité des hongkongais, et en expliquant la situation en Catalogne.

Cela dit, le ralliement de Chater Garden était plutôt minoritaire, par rapport aux ralliements passés, et cela de par une forte opposition sur les réseaux sociaux. La peur d’associer les manifestants de Hong Kong au mouvement indépendantiste des catalans en avait dissuadé plusieurs, craignant que cela leur ferait perdre de la crédibilité et du soutien de la part de la Communauté Internationale.Le web et les réseaux sociaux ne sont pas avares de commentaires, par ailleurs, quant à la neutralité des médias face à deux phénomènes : ainsi plusieurs internautes, et quelques politiciens occidentaux, dont le Président du Parti Indépendantiste Écossais, ont-ils dénoncé l’absence totale de mentions sur la Catalogne, sur le site de la BBC, alors qu’elle suit de près la situation à Hong Kong ; l’hypocrisie des gouvernements espagnols et britanniques, du fait de l’action violente pour réprimer les manifestations sur le territoire du premier, tout en critiquant la violence dans la Perle de l’Orient. D’après les internautes, si les médias occidentaux s’intéressent tant à ce bijour, tout en ignorant le feu qui pousse dans leur propre territoire, c’est par question d’intérêts politiques de certaines nations occidentales, comme les Etats-Unis.

Références
DW NEWS. What do protests in Hong Kong and Barcelona have in common?. Mise à jour le 18 octobre 2019. [En ligne] https://www.youtube.com/watch?v=qQM2lnloBwU [consulté le 21 novembre 2019]

CNA. Hong Kong protesters rally in support of Catalonia’s independence movement. Mise à jour le 24 octobre 2019. [En ligne] https://www.youtube.com/watch?v=1cyJTmWhJbY [consulté le 21 novembre 2019]

RUPTLY. Hong Kong: Hundreds rally in solidarity with Catalan independence. Mise à jour le 24 octobre 2019. [En ligne] https://www.youtube.com/watch?v=iW9brBNAP_0 [consulté le 21 novembre 2019]

EL NACIONAL.CAT. Catalunya i Hong Kong sumen forces en dues manifestacions simultànie. Mise à jour le 24 octobre 2019. [En ligne] https://www.elnacional.cat/ca/politica/manifestacio-barcelona-suport-hong-kong_434175_102.html [consulté le 21 novembre 2019]

CGTN. Western politicians and netizens criticize media’s « double standards » on Hong Kong and Catalonia. Mise à jour le 20 octobre 2019 [En ligne] https://www.youtube.com/watch?v=8T1mtNAnRgw [consulté le 21 novembre 2019]

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Image 5: https://www.google.com/imgres?imgurl=https%3A%2F%2Fwww.eldiario.es%2Fpolitica%2FCantan-Barcelona-Hong-Kong-democracia_EDIIMA20191024_0715_4.jpg&imgrefurl=https%3A%2F%2Fspainsnews.com%2Fthey-sing-in-barcelona-the-anthem-of-protests-from-hong-kong-to-ask-for-democracy%2F&docid=WwhtuFdjLsVOFM&tbnid=rKP3BWTPdEVKLM%3A&vet=10ahUKEwit17yb1pnmAhUiUt8KHQ4QAukQMwhFKAEwAQ..i&w=643&h=362&bih=595&biw=1152&q=barcelona%20hongkong%20protesta&ved=0ahUKEwit17yb1pnmAhUiUt8KHQ4QAukQMwhFKAEwAQ&iact=mrc&uact=8

La situation des prisonniers politiques à la balado de fred savard

Depuis le 1er mars dernier, l’ancien animateur de l’émission La Soirée est (encore) jeune à la Première Chaîne de Radio-Canada a lancé sa baladodiffusion dans laquelle lui et différents collaborateurs parlent de l’actualité de manière rigoureuse, satirique et caustique. Il s’agit d’une balado hebdomadaire, dont le nouvel épisode sort le vendredi. Ça parle souvent de l’actualité québécoise, canadienne et américaine, mais il y a certaines chroniques qui va parler de l’actualité internationale.

C’est la cas dans l’épisode du 29 mars dernier dans lequel il y a eu une chronique sur les prisonniers politiques. Il s’agissait d’un des sujets de l’émission parce que Manon Massé, une des co-porte-paroles de Québec Solidaire, devra témoigner dans le cadre des procès contre les prisonniers politiques. Si Manon Massé a été appelée à livrer un témoignage, c’est parce qu’elle était à Barcelone le 1er octobre 2017, le jour du référendum sur l’indépendance de la Catalogne. Elle y était à titre d’observatrice. Ce n’était pas la seule québécoise en Catalogne le jour du vote; les partis et les groupes indépendantistes québécois avaient tous envoyés des représentants en Catalogne pour voir comment se déroulait cet exercice d’auto-détermination.

L’extrait où Fred Savard parle de la Catalogne avec Boris Proulx, qui est un reporter et il a écrit des articles en lien avec la Catalogne, commence à 64:27.

Boris Proulx va faire des parallèles entre la Catalogne et le Québec, notamment parce qu’il s’agit de deux territoires où il y a un mouvement indépendantiste. Les deux peuples ont leur propre langue qui diffère avec la langue du pays.

“Avec un sourire, la révolution” d’Alexandre Chartrand

C’est vendredi dernier, le 2 février, qu’était présenté, au cinéma Beaubien, le nouveau film d’Alexandre Chartrand: Avec un sourire, la révolution.

Le public offre un standing ovation au réalisateur à la fin du film

Dans ce documentaire, Alexandre Chartrand présente la lutte de la Catalogne pour mener son référendum sur la question de la souveraineté catalane: entre le moment où la loi affirmant qu’il y aura un référendum a été voté jusqu’au jour du vote – le 1er octobre 2017 – ainsi que des informations sur ce qu’il s’est passé aux principaux acteurs de ce référendum suite à la déclaration d’indépendance de la Catalogne.

Le réalisateur, Alexandre Chartrand

Ce qui frappe dans ce documentaire, c’est la position du gouvernement espagnol voir qu’il est prêt à tout pour empêcher la tenue du vote, allant jusqu’à envoyer la police agir violemment contre la population catalane qui agit pacifiquement face aux agents. Ce qui est très particulier est le silence total de la part des autres pays ainsi que de l’Union Européenne face à cette situation. D’autant plus que, il y a quelques années, lorsqu’il y a eu le référendum sur la souveraineté de l’Écosse, tous les pays d’Occident avaient établi leur préférence.

Le film présente la manière dont les indépendantistes catalans manifestent, avec joie et sourires, leur appui à l’indépendance de la Catalogne. Et il montre également la manière dont ceux qui s’opposent à la tenue de ce référendum font tout ce qui est en leur pouvoir pour essayer de l’empêcher ainsi que de faire peur à la population. Nous pouvons sentir que le gouvernement espagnol a peur d’une Catalogne libre et indépendante et il préfère que la Catalogne reste une région de l’Espagne.

Le film se finit en parlant des prisonniers politiques catalans. Il sera intéressant de suivre leurs procès qui doivent commencer bientôt. Les indépendantistes craignent que ces procès ne seront pas justes parce que le gouvernement espagnol va s’ingérer dans le système judiciaire pour donner une peine exemplaire aux politiciens catalans pour éviter qu’un autre référendum sur l’indépendance puisse voir le jour prochainement.

Dans une salle remplie, il y avait des politiciens québécois indépendantistes tels que Jean-Martin Aussant, Catherine Fournier, Martine Ouellette et Pierre-Karl Péladeau, ainsi que le président du Casal Català del Quebec (le Cercle culturel catalan du Québec) Èric Viladrich.

Le film est présentement à l’affiche au Cinéma Beaubien et au cinéma Quartier Latin à Montréal, au cinéma Le Clap à Québec et au cinéma Le Tapis rouge à Trois-Rivière. Il sera présenté au Ciné-Campus de l’Université de Montréal le 20 mars 2019 avec une projection spéciale en compagnie du réalisateur à 19h.

Laura Pérez i Vernetti

L’auteure Laura Pérez i Vernetti a gagné le 12 avril dernier le Grand Prix du Salon de la bande dessinée de Barcelone. Le Salon se tient à chaque printemps depuis 1981 à la Fira de Barcelona, le palais des congrès de Barcelone. Ce prix est donné tous les ans à un artiste catalan pour l’ensemble de son oeuvre.

La dessinatrice présente dans le paysage de la bande dessinée catalane depuis la fin des années 1980, a été récompensée pour ses livres “révolutionnaires et sans cesse en quête de nouvelles formes esthétiques et narratives”.

Elle s’intéresse depuis ses premiers coups de crayons à la poésie. Ses bandes dessinées Pessoa & cia (2011), El caso Maiakovski (2014) et Yo, Rilke (2016) mettent en images la vie et l’oeuvre de ces poètes du XXe siècle.

Portada de 'Ocho poemas. Novela gráfica' y Laura Pérez Vernetti en el Salón del Cómic de Lucca

Sa ligne claire s’adapte au poète, chaque bande dessinée a son style.

Depuis la création du Grand Prix, en 1988, seules trois femmes l’ont reçu, dont Laura Pérez i Vernatti. En entrevue, elle avoue que ce prix la touche non seulement parce qu’il reconnaît le travail d’une femme dans le milieu éditorial de la bande dessinée, mais également parce qu’il reconnaît la persévérance d’un auteur qui essaie de faire des comics poétiques, un nouveau genre qu’elle nomme “poémic”.

Página de 'Poémic'

http://www.rtve.es/rtve/20161123/laura-perez-vernetti-poetisa-del-comic-espanol/1445829.shtml

https://www.ara.cat/cultura/Laura-Perez-Vernetti-Premi-Barcelona_0_1996000539.html

 

Est-ce la fin pour Carles Puigdemont?

Dimanche matin, Carles Puigdemont, président destitué de la Catalogne, en cavale depuis un bon moment a été arrêté en Allemagne. Cela va sans dire que les indépendantistes sont tout de suite descendus dans la rue afin de faire part de leur mécontentement. En effet, Puigdemont est accusé de rébellion, crime passible de trente ans de prison en Espagne. Carles P n’est pas le seul à faire face à de telles accusation. En effet, environ 13 autres proches de son gouvernement sont également accusés.

Catalan Mossos d’Esquadra regional police officers clash with pro-independence supporters trying to reach the Spanish government office in Barcelona, Spain, Sunday, March 25, 2018.

Après avoir réussi à se promener librement dans certains pays Européen tels que la Belgique, la Finlande, la Suisse et le Danemark, c’est finalement l’Allemagne qui aura eut raison de lui.

Héraut de l’internationalisation de la cause indépendantiste catalane, Carles Puigdemont s’est laissé piéger par un banal mécanisme de coopération communautaire: un mandat d’arrêt européen (MAE), réactivé vendredi soir à Madrid par la Cour suprême.

Étant suivi par les services secrets Espagnols, ces derniers ont attendus qu’il pénètre dans le territoire Allemand afin de le faire arrêter, car leurs loi concernant la haute trahison sont assez semblable à celles de rebellion en Espagne.

Le pays est connu pour être l’un des États membres les plus coopératifs en matière policière et judiciaire. Et le délit allemand de haute trahison, passible de 10 ans de prison, ressemble beaucoup à celui de rébellion tel que défini dans le Code pénal espagnol. À Schuby, à une trentaine de kilomètres de la frontière danoise, la police allemande arrêtait Puigdemont puis le transférait à la prison de Neumünster

Il ne nous reste qu’à attendre la suite et espérer pour le mieux.

Sources: Le figaro.fr
Lapresse.ca

Une réforme anachronique

Depuis maintenant plus de 30 ans, le système éducatif public catalan prône une approche « immersive » en langue catalane, programme consistant dans les grandes lignes à l’utilisation du catalan comme langue véhiculaire dans tous les établissements d’enseignement de niveau primaire et secondaire public. L’ « immersion linguistique » qui en résulte a fait ses preuves et est reconnue par les pédagogues de par le monde pour ses résultats étonnants, tant sur le plan des compétences linguistiques – en catalan et en espagnol – qu’en ce qui a trait à l’intégration des nouveaux arrivants.

Affiche du mouvement Som Escola, défendant le modèle éducatif catalan.

Cependant, voilà que, depuis 5 ans, le spectre d’une réforme de Madrid plane sur le modèle d’éducation catalan et il à de quoi inquiéter ses défenseurs.

En effet, il se trouve que le ministre de l’éducation du gouvernement espagnol, en poste de 2011 à 2015, José Ignacio Wert, a annoncé en 2012 une réforme qui imposait une prédominance de l’enseignement en (et de l’) espagnol, balayant ainsi du revers de la main le système en place dans la communauté autonome.

Ministre de l’Éducation, des Sports et de la Culture du gouvernement espagnol (PP) de 2011 à 2015, José Ignacio Wert.

Bien qu’après les déboires du Partido Popular (PP) de l’année dernière un nouveau cabinet avec comme ministre de l’éducation Íñigo Méndez de Vigo ait été formé, les réelles intentions du gouvernement de Mariano Rajoy demeurent incertaines et provoquent encore des craintes auprès la Generalitat.

Les arguments amenés par Madrid s’en prennent entre autres au « manque de perspectives » d’une génération avec le catalan comme langue principale et à la « persécution de l’espagnol » en terre catalane, parlant même dans ce cas d’une sorte d’ « inversement des rôles », où l’espagnol serait voire « persécuté » comme l’était auparavant le catalan.

Manifestation pour l’école en catalan.

Nul besoin d’expliquer l’opposition en bloc, tant politique que citoyenne qui s’est observée en 2012 et en 2013 en Catalogne. Cet « affront » de Madrid passe même pour une forme de jalousie du gouvernement espagnol de la réussite du modèle catalan dans le domaine de l’éducation.

Même si le projet de réforme en est au point mort, il n’est reste pas moins préoccupant d’observer cette perspective, d’autant plus que même les partis d’oppositions à Madrid y critique une ingérence « tendencieuse » du gouvernement central dans les politiques en matière d’éducation de toutes les communautés autonomes.

Un dossier à suivre donc, ne serait-ce que pour voir si encore une fois, le mouvement citoyen catalan saura se mobiliser!

Sources:

http://www.lindependant.fr/2012/12/06/ce-texte-qui-remet-en-question-le-statut-de-la-langue-catalane-trente-ans-d-immersion-linguistique-en-catalogne,1708404.php

http://www.elperiodico.com/es/politica/reforma-educativa-wert.shtml

http://ccaa.elpais.com/ccaa/2015/05/21/catalunya/1432231735_814354.html

Images:

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/originals/ce/1d/43/ce1d43531abd3a6239936aa2b4e13914.jpg

http://cdn.bleedingcool.net/wp-content/uploads/2014/02/jose-ignacio-wert.jpg

http://estaticos.elperiodico.com/resources/jpg/5/2/imagen-manifestacion-tarragona-somescola-este-lunes-1355165817025.jpg

 

Une monnaie locale nouveau genre arrive à Barcelone

Il y a de cela 15 ans, l’euro était implanté dans douze pays de l’Union européenne. Porte-étendard d’un nouveau modèle économique, d’une quasi-fédération de marchés partageant une devise commune, la monnaie unique a toujours eu ses détracteurs et ses partisans, mais tous s’entendent pour dire que depuis 2002, l’économie a bien évolué.

Parmi les signes de ce changement de direction, le foisonnement des monnaies locales, dont l’usage et la valeur fiduciaire est restreint à une ville ou à une région donnée, illustre à merveille un retour relatif au « petit marché ». Alors qu’ici, au Québec, le mouvement de l’« achat local » a le vent en poupe, des villes européennes comme Bristol et Toulouse, elles, ont pris les devants en créant une économie parallèle dans leur aire urbaine dans le but d’encourager le marché local.

Billets de la Bristol Pound, monnaie locale « modèle » en Europe.

Ada Colau, mairesse de Barcelone, désire toutefois aller plus loin. Déjà dans sa plateforme électorale, avec laquelle elle a supplanté le maire sortant aux élections de 2015, elle parlait d’implanter une monnaie parallèle, qu’elle qualifiait dès lors tant de « locale » que de « sociale ».

Ada Colau, mairesse de Barcelone depuis 2015.

L’usage de cette monnaie, dont la forme et le nom exacts restent encore à déterminer, ne viserait pas uniquement à encourager l’achat local; la devise barcelonaise permettrait également à la ville de financer de petites entreprises et même d’octroyer des subventions et des microcrédits à des personnes en situation précaire.

Logo du projet.

Mais c’est justement là que la future monnaie pose problème aux yeux de Madrid. En effet, la Banco de España avait déjà indiqué en 2015 craindre l’implantation d’une telle devise parallèle, qu’elle a qualifiée d’« indésirable », voire d’« impossible », en dépit des exemples de réussite comme la ville de Bristol, au Royaume-Uni.

Les opposants au projet dénonce également que la monnaie soit associée, à leur avis, au mouvement indépendantiste, même si son usage en soi n’encouragerait que l’économie locale dans la région de la capitale. De ce fait, le Partido Popular de Catalogne, parti conservateur anti-indépendance, rejette l’idée du revers de la main.

2017 devrait pourtant voir les balbutiements du projet de monnaie unique, qui, si elle est bel et bien introduite cette année, risque fort d’être virtuelle. D’ici deux ans, elle circulerait dans des quartiers moins nantis de Barcelone, avant d’intégrer l’économie de toute la ville en 2019.

Si cette monnaie sociale est un succès, Barcelone deviendra la plus grande ville européenne à mener à bien un tel projet. Tout ce dont Ada Colau et ses conseillers ont besoin, c’est une confiance forte en cette devise, sans laquelle elle se tranformerait en un projet mort-né. Heureusement, si la tendance se maintient, une importante partie des conseillers à la mairie et une majorité des Barcelonais seront favorables à l’initiative de la mairesse et chef de Barcelona en Comú.

Qui sait donc si, près de dix ans après la crise économique ayant durement frappé le pays, Barcelone ne deviendrait pas dans quelques années le porte-étendard d’une nouvelle économie à échelle plus humaine et aux motivations anticapitalistes. Dossier à suivre!

Sources:

http://gaceta.es/noticias/junqueras-eurocat-moneda-catalana-independencia-30052016-1152

http://www.20minutos.es/noticia/2888065/0/prueba-piloto-barcelona-moneda-local-virtual-ada-colau-en-comu-podem/

http://www.larazon.es/espana/junqueras-impulsa-la-moneda-catalana-en-pleno-riesgo-de-quiebra-AB12754253

http://ccaa.elpais.com/ccaa/2016/11/14/catalunya/1479126762_781950.html

Images:

http://insurgente.org/wp-content/uploads/2016/11/monnedadd-620×330.jpg

https://www.quien.net/wp-content/uploads/Ada-Colau.jpg

http://cooperativa.cat/wp-content/uploads/2014/12/LOGO_MONEDA-SOCIAL-310×336.jpg