Archives de catégorie : culture

de la musique si puissante comme un élephant

Shuarma, Jordi Ramiro, Julio Cascan et Hugo Toscano forment le groupe de rock pop nommé Elefantes. Fondé à Barcelone, le groupe est actif depuis 25 ans déjà. Cependant, bien que ce groupe espagnol ait été éclipsé par d’autres genres musicaux, il vaut bien la peine d’en savoir un peu plus de ce groupe.

Bien que le groupe aurait commencé à sonner en 1994, il n’a pas été plus que reconnu comme un groupe local de Barcelone. Cependant, à l’année 2000, le musicien espagnol Enrique Bunbury écoute le groupe et décide de les aider avec la production d’un nouvel album.  Azul va voir le jour et va se proclamer comme un des meilleurs albums du groupe. Muni d’un rythme doux des guitares électriques ainsi que des lettres si touchantes écrites par le leader du groupe Shuarma, cet album c’est le travail parfait pour apprendre à connaître ce groupe barcelonais. « Azul » est aussi le nom du premier « single » de l’album, homonyme, et c’est dans cette même chanson que le chanteur Enrique Bunbury est en duo avec le groupe. Une mélodie très passionnante, très magique et accompagnée des simples paroles cela va être la combinaison parfaite pour voir le monde en bleu. De plus, la vidéo de cette chanson nous présente une petite histoire dont on peut comprendre que les souvenirs sont toujours là et c’est pour cette raison qu’il faut vivre chaque jour, car on ne sait pas ce qui nous attend demain.

Ensuite, cet album présente aussi des mélodies très intimes comme celle nommée « Me gustaria hacerte feliz », une belle chanson très acoustique et avec des chœurs féminins qui donnent beaucoup de force et passe d’une mélodie acoustique à une plus puissante. En effet, c’est ce que l’on ressent lorsqu’on veut que quelqu’un soit toujours heureux. On commence doucement jusqu’à ce qu’on arrive à notre objectif. Aussi, il faut parler sans doute du solo de guitare et du piano qui ferment la chanson, ces deux instruments essentiels pour Elefantes qu’aident toujours à bien conclure leur travail d’une façon puissante, mais sans laisser de côté la nostalgie.

Finalement, il faut dire qu’Elefantes n’est pas un groupe très commercialisé comme Rosalía par exemple. Le groupe ne compte qu’avec un peu plus de cinquante chansons réparties en cinq albums de studio. Malgré cela, pour une petite dégustation musicale du groupe catalan, je trouve que ces deux chansons pourront faire l’affaire et captiver l’oreille de tout ce qui veuille les écouter. 

Vidéo “Azul”: https://www.elefantes.net/wp-content/uploads/Elefantes-Azul-Vinilo-yoast-facebook.jpg

Wikipedia. Elefantes (banda). [En ligne] https://es.wikipedia.org/wiki/Elefantes_(banda) [Consulté le 22 octobre 2019]

Tradition de décembre en catalogne: une crèche et… un Caganer!

À la recherche des traditions catalanes, j’en ai trouvé une qui m’a laissé bouche bée, non seulement par la surprise qu’elle m’a donnée, mais du divertissement que cela m’a causé. La plupart des gens ne pensent guère à ces petits détails qui rendent un pays, une région ou une ville culturellement riche et diversifiée.

En décembre, nous pouvons trouver des crèches de différentes tailles, avec de nombreux accessoires et différents personnages. Ces derniers, appartiennent strictement à la naissance du fils de Dieu. Parmi les plus connus on retrouve Jésus, Marie ou Joseph, ainsi que des anges, des bergers et des moutons. En Catalogne, cette tradition change un peu et implique un personnage plutôt drôle : Le Caganer!

Ce petit personnage est un paysan vêtu de manière traditionnelle catalane : il porte un pantalon bleu, une chemise blanche et une barretina (chapeau rouge) et date de l’époque baroque, entre la fin du XVIIe et le XVIIIe siècle. Sa particularité est assez génial! le petit homme est dans la position typique pour faire caca… oui les amis! Il est assis, son pantalon est baissé (on peut voir ses fesses) et tout sous lui, un caca à terre. Dans la crèche, il est cachée derrière un arbre. Il faut mentionner que l’église est consciente et d’accord avec la place qu’il a dans le paysage.

 Il est apparu pour la première fois peint sur des carreaux, en tant que personnage, dans certaines histoires. Avec le temps, il a commencé à avoir une partie importante dans la crèche.

Cette tradition est attribuée à la conviction qu’elle donne de la chance et de la prospérité à l’année suivante, car les matières fécales sont un fertilisant pour la terre. En général, il est considéré comme une figure amusante.

Il y a beaucoup de variances et personnifications de ce petit homme. Des vedettes du football, des présidents ainsi que des chanteurs ont été créés en tant que caganer. Le petit bonhomme est un des favoris pour beaucoup, à tel point qu’il y existe une association, les Amics del Caganers, qui sont chargés de faire connaître cette tradition.

Vous savez maintenant quel nouveau personnage peut faire partie de votre crèche en décembre pour vous remplir de fortune et de prospérité!

Sources:

Ajuntament de Barcelona. Cultura popular. [en ligne] https://lameva.barcelona.cat/culturapopular/es/fiestas-y-tradiciones/personajes-y-elementos-festivos/caganer [consulté le 21 octobre 2019]

El Web de l’Associació Amics del Caganer. Mise à jour en 2019. [en ligne] https://www.amicsdelcaganer.cat/ [consulté le 21 octobre 2019]

Wikipedia. Mise à jour en 2019. [en ligne] https://es.wikipedia.org/wiki/Caganer [consulté le 21 octobre 2019]

Un souper à la catalane

Le mercredi 16 octobre dernier, je suis allée souper chez Bo’Dégat, un petit restaurant espagnol. Situé sur Beaubien dans Rosemont-La-Petite-Patrie, Bo’Dégat est un restaurant de tapas plutôt nouveau. Au moment où on entre dans ce restaurant, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un endroit plutôt moderne. La décoration est très moderne, mais rappelle tout-de-même l’Espagne. On retrouve beaucoup de bois ainsi que de jaune à travers la pièce. De plus, on retrouve quelques cadres où on peut apercevoir des affiches d’anciens films espagnols et même français. En un mot, je décrirais cet endroit comme étant chaleureux. 

Aussitôt rentrées dans le restaurant, la propriétaire, Carmen Martinez, est venu nous accueillir ma mère et moi. Dès notre arrivée, elle était très souriante; une très bonne hôtesse. Comme il s’agissait de notre première visite chez Bo’Dégat, elle nous a recommandé quelques tapas en particulier. Étant végétariennes, les options étaient moyennement limitées. Elle nous a donc même offert des changements à quelques de ses plats typiques. Carmen expliquait que la grande majorité de ses tapas étaient typiques à la Catalogne. D’ailleurs, elle-même vient de la Catalogne. En attendant notre repas, elle discutait avec nous. Étant de la Catalogne moi-même, on abordait différentes villes d’où venaient nos familles respectives. Carmen avait des éléments bien intéressants à dire sur cette région. Elle a certainement rendu notre souper une expérience unique.

L’ambiance, en général, était parfaite. On entendait de la musique parfois espagnole, parfois catalane. Ce n’était ni trop fort, ni trop faible; juste parfait pour pouvoir l’entendre tout en discutant et pouvoir s’entendre. Comme il s’agit d’un petit restaurant, il y avait seulement deux autres clients. Cela était tout simplement idéal, pour nous, mais aussi pour la propriétaire, qui était la seule employée, à part le chef cuisinier. À première vue, on peut croire qu’il s’agit d’un restaurant chic, mais au contraire, c’était plutôt décontracté, ce qui a rendu notre expérience encore plus agréable. 

Les ”Croquetas de jamón”,la ”Tostada de escalivada con manchego y olvivada” et le ”Pa amb tomàquet”.

Venu le moment de commander, nous avons choisi quatre tapas différents à partager. Il s’agissait de la ‘’Tortilla española’’ (l’omelette espagnole), les croquettes de jambon, la ‘’Pa amb tomaquet’’ (pain grillé avec tomate râpée et huile d’olive) ainsi qu’une marinade de poivrons rouges et aubergines grillées avec fromage manchego sur un pain grillé. Les cannellonis d’épinards catalane à la sauce parmesan avaient l’air délicieux, mais malheureusement, il n’y en restait plus. Dès le moment où la serveuse arrivait avec nos plats, on pouvait déjà sentir la bonne odeur. Bien que le jambon ne soit pas ce que je préfère dans la vie de tous les jours, j’ai bien apprécié les croquettes. Elles étaient très croustillantes; parfaitement cuites. Par la suite est arrivé le pain grillé avec tomate et huile. Une autre portion a été commandée tellement c’était délicieux. Les tomates étaient vraiment fraîches. En ce qui la concerne la ‘’Tortilla española’’, en commençant à la manger, j’ai été plutôt surprise. Elle était bien différente de celles que j’ai toujours mangées en Espagne. Elle était différente, mais tout-de-même très bonne. Finalement est venu le moment de gouter à la marinade de poivrons rouges et d’aubergines. Je n’ai jamais particulièrement aimé les aubergines. J’ai tout-de-même décidé d’y gouter. Heureusement, c’était délicieux. Nous avons vraiment apprécié notre premier repas espagnol à Montréal. 

Autant l’ambiance, la nourriture et le service sont de très bonnes raisons pour revenir à ce restaurant qui transformé mon mercredi plutôt ennuyeux à une merveilleuse soirée en bonne compagnie. 

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Source:

BO’DÉGAT: Tapas et vins. Repéré à https://bodegat.com

 

Le phénomène de Rosalía et son passage à montréal

Le 2 août dernier, la chanteuse catalane Rosalía est venue à Montré-al lors du festival de musique Osheaga. Il s’agissait de sa première visite dans notre métropole.

Rosalía, lors de son passage au festival Osheaga.

Rosalia Vila Tobella, jeune femme de 26 ans, a grandie près de Barcelone en Catalogne. Depuis un très jeune âge, elle s’intéresse beaucoup à la musique. Elle a d’ailleurs étudié à l’école de musique en Catalogne, où elle en a appris davantage sur le flamenco, un genre de musique qu’elle apprécie énormément. Ces dernières années, Rosalía est devenue très populaire non seulement en Espagne, mais aussi en Amérique Latine. Cela est dû, entre autres, à ces multiples collaborations avec des chanteurs latinos, tels que J Balvin, et plus récemment, Ozuna. Certes, dans ces collaborations, Rosalía s’est dirigée vers le style de reggaeton, qui est évidemment très apprécié en Amérique latine. Toutefois, on retrouve tout-de-même des traces de flamenco dans ses chansons. Cette manière de mélanger ces deux styles si distincts l’un de l’autre l’a beaucoup inspiré lors de la composition de son album le plus récent ‘’El mal querer’’, sorti le 2 novembre 2018. Ce dernier est son deuxième album en carrière, et a été coproduit avec le chanteur espagnol El Guachineo. Cet album comprend cinq singles, le plus populaire étant ‘’Malamente’’, dont le vidéoclip a plus de 109 millions de vue. Cette chanson lui a d’ailleurs obtenu cinq nominations aux Latin Grammy awards en 2018. Elle a gagné deux de ces cinq nominations. 

Rosalía, lors des Latin Grammy Awards en 2018.

En outre, depuis l’année précédente, elle ne cesse d’être nominée pour de prix de grands prestiges, tels que les Vidéos Music Awards et encore une fois les Latin Grammy Awards en 2019. De plus, sa chanson ‘’Con altura’’, une collaboration avec le chanteur J Balvin, fait partie du ‘’summer playlist’’ de l’année 2019 de l’ex-président américain Barack Obama, ce qui est perçu comme étant un grand prestige dans ce pays. Rosalía ne cesse d’accroître sa popularité à travers le monde, et ce n’est que le début pour elle. 

Malheureusement, comme le dit si bien l’expression, chaque médaille a son revers. En effet, au cours de sa courte carrière, la chanteuse catalane a déjà été le sujet de maintes controverses, qui malheureusement, sont encore d’actualités aujourd’hui. La première a pris jour aux États-Unis. Comme mentionné plus tôt, Rosalía a reçu plusieurs nominations et prix pour sa musique. Toutefois, la grande majorité de ses nominations comprennent le mot ‘’latin’’, par exemple ‘’Best latin artist’’, ou bien les ‘’Latin Music Awards’’. Donc, beaucoup croient qu’elle essaie de s’approprier la communauté latina. Dans une entrevue, elle a d’ailleurs dit qu’elle-même se considérait latina. Cela a reçu des réactions plutôt négatives. Toutefois, pensons à Enrique Iglesias par exemple. Pendant plusieurs années, il était surnommé le ‘’latin king’’, et tout comme Rosalía, il est espagnol. Personne n’a jamais critiqué ce surnom. De plus, même si à maintes reprises, elle s’est proclamée en tant que latina, elle demeure tout-de-même très fière de son pays. Peu importe elle est où dans le monde, autant pendant des entrevues qu’à ses concerts, elle aborde toujours son pays natal qu’est l’Espagne. 

Son entrevue tant controversée pour la chaîne Youtube de Billboard.

Non seulement fait-elle partie d’une controverse aux États-Unis, elle en fait partie d’une moyennement similaire dans son pays natal, l’Espagne. Cela a débuté lors de la sortie de son plus récent album ‘’El mal querer’’, datant de l’année dernière. Sur cet album, on peut constater que le flamenco est très présent. Cela est justement ce qu’une grande partie des espagnols critiquent. En effet, le flamenco ne provient pas de la Catalogne, sa région natale, mais bien de l’Andalousie. Il y a très longtemps de cela, les Gitans en Andalousie étaient perçus comme étant inférieurs au nord de l’Espagne. Le flamenco était une manière pour eux de se révolter, de combattre ce préjudice. Donc, le fait qu’une catalane l’utilise dans sa musique n’a pas été apprécié. Les Gitans accusent Rosalía d’appropriation culturelle. Toutefois, beaucoup contredisent cela en disant que d’autres communautés telles que le nord de l’Afrique se sont influencées du flamenco, et personne ne les a accusés d’appropriation culturelle. De plus, certains Gitans tentent d’expliquer à leurs compatriotes que même si elle ne vient pas du même endroit qu’eux, elle permet au reste du monde de profiter de ce magnifique art qu’est le flamenco. 

Son plus récent album: El mal querer.

Malgré ces controverses, Rosalía demeure une artiste incroyable. Lors de son passage à Montréal au mois d’août dernier, la chanteuse catalane a performé sur l’une des deux scènes principales. Certains fans attendaient depuis plusieurs heures déjà pour pouvoir être le plus près de la scène possible. J’en faisais partie. En tant qu’espagnole, cela me rend très fière de voir une jeune femme espagnole connue même ici au Canada. Après un certain moment, la musique s’est fait entendre et elle est apparue au tout milieu de la scène. Elle a débuté avec son succès ‘’Pienso en tu mirá’’. Après avoir chanté quelques chansons, telles que ‘’Catalina’’ et ‘’Que no salga la luna’’, Rosalía a descendu de la scène pour aller parler à ses fans. Ces moments ont été capturés et ont été mis sur les grands écrans afin que tous puissent en profiter. On pouvait voir à quel point elle apprécie réellement ses fans. Vice-versa, on ressentait réellement l’amour que ses fans ont pour elle. Une d’entre elle, située à la première rangée, avait d’ailleurs un tattoo de la chanteuse sur son avant-bras. En le voyant, autant la fan que Rosalía étaient plutôt émotives. Grâce aux grands écrans, tous ont pu assister à ce moment si spécial. De plus, à un certain moment, elle a dit au public qu’elle venait de Barcelone, et à quel point elle est fière d’être espagnole. C’est à ce moment que plusieurs ont levé leur drapeau de l’Espagne avec fierté. C’était un beau moment à voir. Elle a fini son concert avec une de ses chansons récentes ‘’Aute Cuture’’. Ainsi se termina une très belle soirée certainement inoubliable. 

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Sources :

Ibieta, P. (18 décembre 2018). Why Rosalía’s El mal querer is being accused of cultural appropriation. [Billet de blogue]. Repéré à https://www.phoenixnewtimes.com/music/why-rosalias-el-mal-querer-is-being-accused-of-cultural-appropriation-11073106

Rodríguez Pabón, J. (21 novembre 2018). The controversial Rosalía scandal for her new album. [Billet de blogue]. Repéré à https://latinamericanpost.com/24696-the-controversial-rosalia-scandal-for-her-new-album?fbclid=IwAR3vf515VSdNG9SUZhrCZ%20nWqlJEgMPdce03TLulc_TMeDmYPNA186YL94c8

Telemundo Entretenimiento. (14 août 2019). Controversia al llamar a Rosalía Latinx. [Billet de blogue]. Repéré à https://www.youtube.com/watch?v=amdhND8lijg&fbclid=IwAR2X2EoxRKh-_gRDC583eBC9hCN28UvA0LRMWZYhugopVYmSTKkH5UqjPKc&app=desktop

Le Régime Méditerranéen, patrimoine immatériel de l’Humanité

“Nous ne nous asseyons pas à la table pour manger, mais pour manger ensemble. » disait Plutarque au Ier siècle après J.-C., et il n’y aurait meilleure façon de décrire, sommairement, le Régime Méditerranéenne.Alors qu’au XXIème siècle, un nouveau régime fait son apparition chaque mois sur les comptes instagram, le régime méditerranéen a su non seulement résister aux tendances des magazines santé, mais il s’est également mérité une place permanente dans la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO. Et pourquoi ? Outre ses grands bénéfices pour la santé, il est aussi le fruit d’un partage international unique au monde.


Le Bassin Méditerranéen compte, à lui-seul, 21 pays sur tout son littoral, ayant tous leurs traditions culinaires ; or c’est le fait d’avoir cette zone géographique en commun qui a fait en sorte qu’un ensemble d’aliments, de coutumes, de méthodes et de valeurs soient partagés par ces différents peuples.


Si un ou plusieurs de ces éléments peuvent apparaître dans les traditions gastronomiques des pays du bassin, seulement 7 communautés, au sein de 7 pays, sont retenus par le classement de l’UNESCO comme représentantes du Régime : Agros en Chypre, les îles de Hvar et Brac en Croatie, Soria en Espagne, Coron en Grèce, Cilento en Italie, et Chefchaouen au Maroc. Malgré la distance géographique, ces pays sont liés par un patrimoine culturel commun qui comprend des techniques et des méthodes d’exploitation du territoire afin de subvenir aux besoins alimentaires de leur population, un climat similaire qui permet la culture d’aliments communs, et une série de valeurs et de traditions qui régissent ce système socio-économique.


Parmi ceux-là, l’on trouve quatre grands principes. Premièrement, le principe de Frugalité dresse une liste hiérarchisée d’aliments qui favorise la consommation de céréales, légumineuses, légumes, fruits et végétaux, véritable base de la pyramide alimentaire méditerranéenne. En contrepartie, il modère la consommation de volaille, poisson, produits laitiers et œufs, et limite les apports en viande rouge, charcuterie et sucreries. À cela, l’on rajoute l’Huile d’Olive et le Sel, deux grands piliers de la culture méditerranéenne, et l’on citerait également le vin, pour que soit complète la triade « pa vi i oli », comme diraient les Catalans.


Les trois autres principes régulent, quant à eux, l’exploitation du territoire pour obtenir ces mêmes ressources : le principe de Saisonnalité dicte la consommation de ces mêmes produits en fonction de cycles saisonniers ; celui de Diversité insiste sur la variété des aliments, et le principe d’approvisionnement local limite leurs origines au territoire habité.


De nombreuses études ont démontré que cette organisation alimentaire était optimale pour la santé, en ce qu’elle limitait les risques de maladies cardio-vasculaires liées au cholestérol, d’où la popularité du régime dans le monde de la santé. L’exercice physique est, bien entendu, à rajouter, mais l’on s’imagine que pour les chasseurs et agriculteurs de l’Antiquité, la question ne se posait même pas.


Finalement, ce système vit et survit au moyen de valeurs fondamentales, telles que l’Hospitalité, le Dialogue, la Solidarité, la Convivialité, la Continuité et la Transmission. Celles-ci ressortent dans chacune des étapes du régime, depuis l’exploitation, jusqu’à la transformation, la préparation, et surtout, la consommation des aliments. Alors que les marchés ouvrent un dialogue entre les membres de la communauté, les cuisinent permettent la transmission de ces savoirs, et les repas en famille assurent la convivialité des différents membres.


Si tous ces éléments sont présents dans la gastronomie des pays, fruit de ce mélange de « mar i muntanya », il est un plat, le plus emblématique de cette culture, qui serait à même de représenter également le Régime Méditerranéen : el pa amb tomaquet, ou, pain avec tomate, selon Manuel Vazquéz Montalbán, véritable « prodige de koiné culturelle qui matérialise la rencontre entre la culture européenne du blé, celle, américaine, de la tomate, l’huile d’olive méditerranéenne et le sel, ce même sel de la terre qui consacra la terre chrétienne. Et il apparaît que les catalans auraient inventé ce prodige alimentaire il y a moins de deux siècles, mais avec tant de conscience dans leur recherche qu’ils en ont fait une marque de leur identité, au même titre que la langue ou le lait maternel »1.
Et l’on peut s’imaginer que, comme le disait Plutarque, les Catalans mangent cela ensemble.

1. Traduction libre, tirée de : WIKIPEDIA. Pan con tomate. Mise à jour le 13 septembre 2019. [En ligne]. https://es.wikipedia.org/wiki/Pan_con_tomate [consulté le 9 octobre 2019]

UNESCO, Patrimoine Culturel Immatériel. La diète méditerranéenne. Mise à jour le X 2019. [En ligne]. https://ich.unesco.org/fr/RL/la-diete-mediterraneenne-00884 [consulté le 12 septembre 2019]

WIKIPÉDIA. Régime méditerranéen. Mis à jour le 14 septembre 2019. [En ligne]. https://ca.wikipedia.org/wiki/Dieta_mediterr%C3%A0nia [consulté le 03 octobre 2019]

VIQUIPÈDIA. Dièta mediterrània. Mis à jour le 3 octobre 2019. [En ligne]. https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gime_m%C3%A9diterran%C3%A9en [consulté le 03 octobre 2019]

SOS CUISINE. Les 7 grands principes de la diète méditerranéenne. Mis à jour le 23 juin 2014. [En ligne]. https://www.soscuisine.com/blog/les-7-grands-principes-de-la-diete-mediterraneenne/?lang=fr [consulté le 03 octobre 2019]

Un souper catalan chez olivieri

Durant le mot de mars dernier, Olivieri (une librairie et un bistro) sur la rue Côte-Des-Neiges offrait un souper trois services catalan. Ce menu était offert dans le cadre du cercle de lecture d’Olivieri qui était consacré au livre L’Autre de l’auteur catalan Marta Rojals. Cet évènement était organisé par le groupe Lisez l’Europe. Il s’agit d’un regroupement d’institutions culturelles européennes qui a comme mission de présenter la littérature européenne contemporaine à Montréal

Le souper commençait avec une entrée d’aubergines et de poivrons grillés, le tout accompagné de pain à la tomate. Le pain à la tomate est un plan qui est souvent servi dans les bistros et restaurants en Catalogne. C’était très bon!

Le pain à la tomate
Aubergines et poivrons grillés

Le plat principal était constitué de riz noir, moules, calamars et palourdes. Étant une personne qui apprécie les fruits de mer, j’ai beaucoup apprécié ce plat. Les trois fruits de mers présents font partie de ceux que je préfère!

Riz noir, moules, calamars et palourdes

Le troisième et dernier service, le dessert, était composé de miel, fromage frais de brebis et beignets. Nous avons ici un dessert léger après un bon repas. Je l’ai beaucoup apprécié.

Miel, fromage frais de brebis et beignets

Ce souper catalan fut très apprécié par moi et mes ami·e·s. Le tout fut accompagné de cava, qui est un vin mousseux catalan. Si vous allez à Barcelone, vous vous devez d’arrêter quelque part pour prendre du cava!

Source: http://www.goethe.de/ins/ca/mon/prj/lie/frindex.htm

L’indépendantisme catalan, un romantisme ?

Les mots d’Aurélie Chamerois, correspondante barcelonaise pour plusieurs grands médias français, interpellent : “Les indépendantistes catalans ne vivent pas dans le même monde que ces journalistes parisiens ; ce sont des romantiques, des poètes, trop imprégnés de l’œuvre de Verdaguer”.

Ces mots soulèvent une question essentielle : le mouvement indépendantiste catalan serait-il indissociable d’une idéologie romantique qui constituerait sa base et son fondement ?

Le romantisme, mouvement culturel apparu en Allemagne et en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle, est d’abord une révolte à l’encontre de la raison et de la culture dominante des Lumières, avec ses codes et ses conventions. Le culte de l’individualité s’impose comme trait principal du romantisme, et une revendication de l’imagination individuelle se fait ressentir. Une esquisse de l’homme révolté se trace et s’exprime dans la littérature, la peinture, la musique et même la politique.

Ce mouvement de révolte et d’individualisme est bien connu des Catalans, notamment à travers la Renaixença du XIXe siècle, renaissance linguistique et littéraire reflétant une volonté de raviver la culture et la langue catalanes dans toute leur ampleur et spécificité. Un certain idéalisme se fait donc valoir, avec un regard tourné vers le passé et les conquêtes d’antan. L’influence de la littérature, notamment avec Jacint Verdaguer et son exaltation des origines légendaires de la Catalogne, contribue indéniablement à la revendication d’un État catalan indépendant de l’Espagne, sur le plan culturel et politique à la fois : en effet, dès ses premiers pas, le romantisme catalan revêt une forte dimension politique.

Ce lien entre culture et politique, entre romantisme et indépendantisme, se résume en les mots : “Catalanuya es una nació”. Une nation qui puise sa force dans l’abondance de sa culture, avant même de s’ériger par ses institutions et son économie. Une nation qui s’est constituée au fil des siècles sans État propre, mais avec une culture, un vécu, qui lui sont spécifiques, la hissant au même niveau que les puissances politiques les plus prédominantes à l’échelle internationale. Une nation qui s’ancre et s’imprègne dans le souvenir de son passé, mais aussi dans le pacifisme de sa révolte.

C’est un indépendantisme romantique, presque mélancolique, qui dans le rêve du passé, imagine son futur.

Laura Pérez i Vernetti

L’auteure Laura Pérez i Vernetti a gagné le 12 avril dernier le Grand Prix du Salon de la bande dessinée de Barcelone. Le Salon se tient à chaque printemps depuis 1981 à la Fira de Barcelona, le palais des congrès de Barcelone. Ce prix est donné tous les ans à un artiste catalan pour l’ensemble de son oeuvre.

La dessinatrice présente dans le paysage de la bande dessinée catalane depuis la fin des années 1980, a été récompensée pour ses livres “révolutionnaires et sans cesse en quête de nouvelles formes esthétiques et narratives”.

Elle s’intéresse depuis ses premiers coups de crayons à la poésie. Ses bandes dessinées Pessoa & cia (2011), El caso Maiakovski (2014) et Yo, Rilke (2016) mettent en images la vie et l’oeuvre de ces poètes du XXe siècle.

Portada de 'Ocho poemas. Novela gráfica' y Laura Pérez Vernetti en el Salón del Cómic de Lucca

Sa ligne claire s’adapte au poète, chaque bande dessinée a son style.

Depuis la création du Grand Prix, en 1988, seules trois femmes l’ont reçu, dont Laura Pérez i Vernatti. En entrevue, elle avoue que ce prix la touche non seulement parce qu’il reconnaît le travail d’une femme dans le milieu éditorial de la bande dessinée, mais également parce qu’il reconnaît la persévérance d’un auteur qui essaie de faire des comics poétiques, un nouveau genre qu’elle nomme “poémic”.

Página de 'Poémic'

http://www.rtve.es/rtve/20161123/laura-perez-vernetti-poetisa-del-comic-espanol/1445829.shtml

https://www.ara.cat/cultura/Laura-Perez-Vernetti-Premi-Barcelona_0_1996000539.html

 

Joan Ramis i Ramis

Depuis 1713, Maó, le principal port de la petite île de Menorca, appartient aux Britanniques. C’est là que naît Joan Ramis i Ramis en 1746 ; c’est là aussi qu’il mourra, soixante-douze ans plus tard. Jusqu’à ses dix-neuf ans Joan suit des cours de rhétorique et de philosophie à l’Université de Mallorca. Il passe ensuite son examen de droit à Avignon où il s’initie à la poésie, au théâtre.

Avignon, de nos jours

Sous contrôle français de 1756 à 1763, les Baléares font de nouveau partie de l’Empire britannique. C’est l’époque des Lumières ; Rousseau est en exil ; Kant reçoit chez lui des intellectuels ; le monde est sous l’empire de la Raison.

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paysage de Menorca

De retour à Maó, Joan Ramis est nommé juge du tribunal de la vice-amirauté. C’est à cette époque de sa vie qu’il commence à écrire des pièces de théâtre en catalan. S’il rencontre le succès tout d’abord avec ses pièces Lucrèce, ou Rome libérée (1769) en alexandrins rimés, Arminda (1771) et Rosaura, ou l’amour fidèle (1783), il cesse petit à petit de publier en catalan et écrit surtout des livres d’histoire. Il est un des premiers à faire une étude sur la préhistoire des îles espagnoles (Antigüedades célticas de la isla de Menorca, 1818). Mais ses œuvres historiques, très fouillées, ne sont pas appréciées comme l’était son théâtre.

Il est un des fondateurs de la Societat Maonesa de Cultura. C’est dans sa maison que se réunissent les membres de ce club d’intellectuels minorquins entre 1778 et 1783.

À cause de sa situation dans la Méditerranée, Menorca est sujette à de nombreux changements . Entre 1782 et 1798, l’île demeure sous le contrôle des Espagnols ; puis la Grande-Bretagne récupère Menorca entre 1798 et 1802, période durant laquelle Joan Ramis i Ramis refuse toute charge officielle. À partir de la sécession de Minorque à l’Espagne en 1802, il occupe les postes de “jutge d’impremtes i llibreries, examinador de mestres de primeres lletres”. À sa mort ses livres tombent sans bruit dans le proverbial oubli.

Joan Ramis i Ramis

Alors qu’ailleurs en Europe le XVIIIe siècle symbolise l’ouverture aux idées nouvelles de démocratie et d’égalité, en Catalogne, depuis la défaite de 1714, le Siècle de Lumières est plutôt obscur. Les sciences médicales voient un peu de progrès avec la fondation du Col·legi de Cirurgia de Barcelona en 1760 ;  les quelques érudits qui portent l’idéal de connaissance sont autodidactes et vivent à Barcelone ou à Cervera. Les Baléares sont délaissées par leurs intellectuels, qui fuient les îles pour le continent pour mieux se faire entendre : le philosophe Pou i Puigserver et le géographe Felip Bauzà.

Ce n’est donc qu’à la fin du XIXe siècle que les pièces de théâtre de Joan Ramis i Ramis seront redécouvertes par les écrivains catalans.

https://www.escriptors.cat/autors/ramisj/index.php

https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0054132.xml?s_q=Joan%20Ramis#.UzQ0QIWKXJk

Sur le mouvement intellectuel Il·lustració : https://www.enciclopedia.cat/EC-GEC-0033496.xml

 

 

Sant Jordi

La Sant Jordi, une fête en Catalogne qui fait penser à une sorte de Saint Valentin catalane avec des échanges de roses et de livres, est en réalité l’une des célébrations les plus originales et festives de la Catalogne. En effet, d’un coté, c’est une fête populaire qui est célébrée le 23 Avril de chaque année et dont son origine est un mélange  de diverses traditions datant d’époques différentes. C’est une journée qui associe la culture au romantisme car les femmes se doivent de recevoir une rose et les hommes un livre.

D’un autre coté, le 23 Avril n’est pas uniquement la journée des amoureux en Catalogne mais aussi et avant tout une journée qui rend hommage à la légende de Sant Jordi, dont l’origine remonterait à la nuit des temps. D’après la légende, Sant Jordi (Saint Georges) aurait tué un dragon qui menaçait toute la communauté et du même coup il aurait sauvé une princesse des griffes de ce terrifiant dragon. Ainsi, certaines versions nous racontent que du sang du dragon sortit un bouquet de roses rouges que Georges tendit à la princesse. D’où la tradition, qui remonte au Moyen Âge, d’offrir des roses, auxquelles une foire est alors consacrée autour de la Sant Jordi.

Toutefois, au delà de cette légende,  les annales de l’histoire confirment l’existence de ce héros légendaire, Sant Jordi.  Né au cours du IIIe siècle, il fut un militaire au service des ordres de l’empereur Romain, Dioclétien, martyrisé et décapité le 23 Avril 303 par ce dernier pour avoir refusé d’exécuter son ordre de persécuter les chrétiens. Par cet acte de bravoure, un culte lui a été consacré dans le monde chrétien et en Catalogne et en devint le patron au XVe siècle.

La Sant Jordi, c’est aussi un symbole de l’identité catalane devenue, dès 1930, une fête littéraire commémorant la langue et la culture catalanes. Également connu comme le patron des amoureux en Catalogne, cette croyance vient de l’ancienne coutume médiévale qui consista à visiter la chapelle de Sant Jordi du palais de la Generalitat, où se déroulait habituellement une foire aux roses ou « aux amoureux ». Ainsi, avec le temps, la fête des amoureux évolua peu à peu en celle du livre et de la culture catalane pour devenir officiellement la Journée du Livre en 1930.

En général, la journée du 23 Avril coïncide avec de nombreux événements littéraires dont celui de l’anniversaire de la mort de deux génies de la littérature à savoir Shakespeare et Cervantès, tous deux morts le 23 avril 1616. Ce qui expliquerait pourquoi depuis 1995 l’UNESCO a fait de cette journée la ”Journée mondiale du livre et du droit d’auteur”. Chaque 23 avril, la Sant Jordi est célébrée à travers la Catalogne toute entière. Lecture de poésie, représentations de Castells, activités pour les enfants autour de la légende et bien sûr, ventes de livres et de roses résument une telle journée. C’est la fête dans toutes les rues catalanes en ce jour là!

Sources:

http://www.spain.info/fr_CA/reportajes/la_fiesta_sant_jordi.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sant_Jordi

www.catalunyaexperience.fr/sant-jordi

Crédit Photo:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sant_Jordi