Archives de catégorie : gastronomie

Le Régime Méditerranéen, patrimoine immatériel de l’Humanité

“Nous ne nous asseyons pas à la table pour manger, mais pour manger ensemble. » disait Plutarque au Ier siècle après J.-C., et il n’y aurait meilleure façon de décrire, sommairement, le Régime Méditerranéenne.Alors qu’au XXIème siècle, un nouveau régime fait son apparition chaque mois sur les comptes instagram, le régime méditerranéen a su non seulement résister aux tendances des magazines santé, mais il s’est également mérité une place permanente dans la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO. Et pourquoi ? Outre ses grands bénéfices pour la santé, il est aussi le fruit d’un partage international unique au monde.


Le Bassin Méditerranéen compte, à lui-seul, 21 pays sur tout son littoral, ayant tous leurs traditions culinaires ; or c’est le fait d’avoir cette zone géographique en commun qui a fait en sorte qu’un ensemble d’aliments, de coutumes, de méthodes et de valeurs soient partagés par ces différents peuples.


Si un ou plusieurs de ces éléments peuvent apparaître dans les traditions gastronomiques des pays du bassin, seulement 7 communautés, au sein de 7 pays, sont retenus par le classement de l’UNESCO comme représentantes du Régime : Agros en Chypre, les îles de Hvar et Brac en Croatie, Soria en Espagne, Coron en Grèce, Cilento en Italie, et Chefchaouen au Maroc. Malgré la distance géographique, ces pays sont liés par un patrimoine culturel commun qui comprend des techniques et des méthodes d’exploitation du territoire afin de subvenir aux besoins alimentaires de leur population, un climat similaire qui permet la culture d’aliments communs, et une série de valeurs et de traditions qui régissent ce système socio-économique.


Parmi ceux-là, l’on trouve quatre grands principes. Premièrement, le principe de Frugalité dresse une liste hiérarchisée d’aliments qui favorise la consommation de céréales, légumineuses, légumes, fruits et végétaux, véritable base de la pyramide alimentaire méditerranéenne. En contrepartie, il modère la consommation de volaille, poisson, produits laitiers et œufs, et limite les apports en viande rouge, charcuterie et sucreries. À cela, l’on rajoute l’Huile d’Olive et le Sel, deux grands piliers de la culture méditerranéenne, et l’on citerait également le vin, pour que soit complète la triade « pa vi i oli », comme diraient les Catalans.


Les trois autres principes régulent, quant à eux, l’exploitation du territoire pour obtenir ces mêmes ressources : le principe de Saisonnalité dicte la consommation de ces mêmes produits en fonction de cycles saisonniers ; celui de Diversité insiste sur la variété des aliments, et le principe d’approvisionnement local limite leurs origines au territoire habité.


De nombreuses études ont démontré que cette organisation alimentaire était optimale pour la santé, en ce qu’elle limitait les risques de maladies cardio-vasculaires liées au cholestérol, d’où la popularité du régime dans le monde de la santé. L’exercice physique est, bien entendu, à rajouter, mais l’on s’imagine que pour les chasseurs et agriculteurs de l’Antiquité, la question ne se posait même pas.


Finalement, ce système vit et survit au moyen de valeurs fondamentales, telles que l’Hospitalité, le Dialogue, la Solidarité, la Convivialité, la Continuité et la Transmission. Celles-ci ressortent dans chacune des étapes du régime, depuis l’exploitation, jusqu’à la transformation, la préparation, et surtout, la consommation des aliments. Alors que les marchés ouvrent un dialogue entre les membres de la communauté, les cuisinent permettent la transmission de ces savoirs, et les repas en famille assurent la convivialité des différents membres.


Si tous ces éléments sont présents dans la gastronomie des pays, fruit de ce mélange de « mar i muntanya », il est un plat, le plus emblématique de cette culture, qui serait à même de représenter également le Régime Méditerranéen : el pa amb tomaquet, ou, pain avec tomate, selon Manuel Vazquéz Montalbán, véritable « prodige de koiné culturelle qui matérialise la rencontre entre la culture européenne du blé, celle, américaine, de la tomate, l’huile d’olive méditerranéenne et le sel, ce même sel de la terre qui consacra la terre chrétienne. Et il apparaît que les catalans auraient inventé ce prodige alimentaire il y a moins de deux siècles, mais avec tant de conscience dans leur recherche qu’ils en ont fait une marque de leur identité, au même titre que la langue ou le lait maternel »1.
Et l’on peut s’imaginer que, comme le disait Plutarque, les Catalans mangent cela ensemble.

1. Traduction libre, tirée de : WIKIPEDIA. Pan con tomate. Mise à jour le 13 septembre 2019. [En ligne]. https://es.wikipedia.org/wiki/Pan_con_tomate [consulté le 9 octobre 2019]

UNESCO, Patrimoine Culturel Immatériel. La diète méditerranéenne. Mise à jour le X 2019. [En ligne]. https://ich.unesco.org/fr/RL/la-diete-mediterraneenne-00884 [consulté le 12 septembre 2019]

WIKIPÉDIA. Régime méditerranéen. Mis à jour le 14 septembre 2019. [En ligne]. https://ca.wikipedia.org/wiki/Dieta_mediterr%C3%A0nia [consulté le 03 octobre 2019]

VIQUIPÈDIA. Dièta mediterrània. Mis à jour le 3 octobre 2019. [En ligne]. https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gime_m%C3%A9diterran%C3%A9en [consulté le 03 octobre 2019]

SOS CUISINE. Les 7 grands principes de la diète méditerranéenne. Mis à jour le 23 juin 2014. [En ligne]. https://www.soscuisine.com/blog/les-7-grands-principes-de-la-diete-mediterraneenne/?lang=fr [consulté le 03 octobre 2019]

Un souper catalan chez olivieri

Durant le mot de mars dernier, Olivieri (une librairie et un bistro) sur la rue Côte-Des-Neiges offrait un souper trois services catalan. Ce menu était offert dans le cadre du cercle de lecture d’Olivieri qui était consacré au livre L’Autre de l’auteur catalan Marta Rojals. Cet évènement était organisé par le groupe Lisez l’Europe. Il s’agit d’un regroupement d’institutions culturelles européennes qui a comme mission de présenter la littérature européenne contemporaine à Montréal

Le souper commençait avec une entrée d’aubergines et de poivrons grillés, le tout accompagné de pain à la tomate. Le pain à la tomate est un plan qui est souvent servi dans les bistros et restaurants en Catalogne. C’était très bon!

Le pain à la tomate
Aubergines et poivrons grillés

Le plat principal était constitué de riz noir, moules, calamars et palourdes. Étant une personne qui apprécie les fruits de mer, j’ai beaucoup apprécié ce plat. Les trois fruits de mers présents font partie de ceux que je préfère!

Riz noir, moules, calamars et palourdes

Le troisième et dernier service, le dessert, était composé de miel, fromage frais de brebis et beignets. Nous avons ici un dessert léger après un bon repas. Je l’ai beaucoup apprécié.

Miel, fromage frais de brebis et beignets

Ce souper catalan fut très apprécié par moi et mes ami·e·s. Le tout fut accompagné de cava, qui est un vin mousseux catalan. Si vous allez à Barcelone, vous vous devez d’arrêter quelque part pour prendre du cava!

Source: http://www.goethe.de/ins/ca/mon/prj/lie/frindex.htm

La gastronomie d’hiver dans le Val d’Aran

Région à part du reste de la Catalogne en raison de sa langue distincte et de son isolement géographique, le Val d’Aran est une région pleine de surprises et de curiosité qui fascinent même les Catalans eux-mêmes. Néanmoins, l’un des aspects les plus intéressant selon moi est la cuisine aranaise et, plus particulièrement, les plats consommés pendant l’hiver. Venant d’un pays où l’hiver durent pendant plusieurs long (et froid!) mois, la cuisine hivernale m’intrigue tout naturellement, ce pourquoi j’ai décidé d’exploré le sujet plus en profondeur d’autant plus qu’on parle si peu du Val d’Aran, ma curiosité m’oblige à en parler.

Comme on peut s’y attendre, en raison de sa position géographique ainsi que de sa faune et flore particulière, le Val d’Aran est l’une des régions les plus froides du pays. C’est pourquoi, afin de pouvoir faire face au froid, les daubes de volailles et de gibier ainsi que les soupes sont très populaires pendant l’hiver. Par ailleurs, la région est également un carrefour d’intersections entre plusieurs influences françaises, faisant en sorte que des plats comme les raclettes ou bien les fondues de queso et les crespèths (en français, crêpes) sont des plats populaires durant la saison froide. Néanmoins, l’un des plats les plus fascinants de la cuisine hivernale aranaise est la marmite aranaise ou Olha Aranesa en aranais. Plat de référence dans la cuisine traditionnelle du val d’Aran, il s’agit d’un pot-au-feu dans lequel diverses charcuteries et viandes sont mélangés (par exemple, du veau ou de la saucisse) ainsi que des légumes, des haricots blancs et des vermicelles. Le tout est complété par du sel et du poivre ainsi que du lait, du persil, de la chapeleure, de l’ail, des oeufs et, finalement, des boulettes de viande faite à partir de viande hachée. Comme on peut le voir, il s’agit d’un plat riche en aliments qui permettent de contrer le froid et, en prime, est nutritif et possède une importante valeur énergétique. Symbole de la gastronomie autochtone, autre cette soupe, on retrouve également la Patarnes, une soupe au pain et aux pommes de terre très facile à cuisiner pour n’importe qui qui possède sur lui une recette.

La viande est également parmi les aliments les plus trouvés dans la cuisine hivernale, des plats comme les cannelloni de sanglier, la civette de senglar ou le boeuf d’Aran étant populaires sur les tables en période de grand froid. Aussi populaire dans les restaurants sont les cannelloni d’oie, le confit d’esturgeon, le carpaccio de cerf, la truite aux fines herbes, ou des choux farcis à la viande ou des cannelloni d’oie. Certains offrent même des variantes de marmites aranaise ou du ragoût de cerf aux tubercules de vanille. Parmi les produits laitiers également, on retrouve également le fromage frais au miel d’Arana unique à la région mais, surtout, le fromage, l’influence française ayant fait de cet aliment un des plus importants dans la cuisine du territoire.

Finalement, il est nécessaire de parler du pincho, arrivée dans la vallée par l’entremise de chefs basques s’y étant établi. Servi dans  les bars des villages du val d’Aran, la salade, les cors typiques, les pommes de terre sauvages et l’omelette espagnole mélangée aux traditions locales sont venus se greffé au patrimoine culinaire hivernale de la région. Autre preuve du mélange réussi entre traditions locales et traditions étrangères, cela prouve que le territoire gagne à être connu à l’étranger pour sa culture, sa langue et, dans le cadre de cet article, sa cuisine. Sur ce, je vous souhaite “Bon apetís!”

 

Bibliographie

La cuisine d’hiver dans la Val d’Aran

http://www.totiaranalquilerbaqueira.com/fr/hebergement-de-charme-val-aran/gastronomie-typique

Pa amb tomàquet

En Catalogne, on trouve une bonne gastronomie ainsi que de très bons cuisiniers. D’ailleurs, un des plus fameux est Ferran Adrià, père de la cuisine moléculaire, ainsi que les frères Roca, tous nommés comme meilleurs cuisiniers de l’année à plusieurs reprises. On y retrouve aussi une grande concentration d’étoiles Michelin : en 2013, il y en avait 60, ce qui représente un tiers de toutes les étoiles espagnoles![1].

Mais si on demande aux catalans le plat dont ils sont le plus fiers, ils vous diront que c’est le « pa amb tomàquet » ou le pain avec tomate, considéré comme l’incarnation de la cuisine et de l’identité catalanes. Nèstor Lujan, historien de la cuisine catalane, dit que la première référence date de 1884 et, la recette aurait été créée dans le monde rural au cours d’une abondante récolte de tomates. Les gens auraient utilisé les tomates pour ramollir le pain dur et sec [2,3].

Il ne s’agit pas du pain avec des tranches de tomates au-dessus, mais de pain frotté avec des tomates. Pour le faire, il faut prendre de grandes tranches de pain campagnard et les griller légèrement. Les tomates qu’on utilise pour frotter le pain sont des « tomàquet de xucà pa », de petites tomates qu’on n’utilise que pour ça. Les catalans ont toujours ces petites tomates chez eux, qu’on peut acheter en vigne (voir photo). Ces tomates sont très juteuses et on les coupe en demies pour frotter le pain avec le côté coupé. Une fois que le pain est frotté avec la tomate, on ajoute un peu de sel et on l’arrose avec un filet de bonne huile d’olive. Les catalans mangent toujours du « pa amb tomaquet » : pour déjeuner, à l’heure du diner, pour la collation de l’après-midi et même pour le souper. On le mange tout seul ou avec quelque chose au-dessus, comme du fromage, du jambon, des anchois, etc.

 

Une variante très populaire dans les villages est d’ajouter un peu d’ail avant la tomate. Pour cela on prend une gousse d’ail que l’on frotte sur le pain légèrement grillé. C’est le « pa amb tomaquec i all ».

Si jamais vous allez à Barcelone, c’est impossible de ne pas en trouver!!

1.Les Catalans. Henry de Laguérie pg. 24

2.La cuina tradicional catalana a l’abast, pg. 96, Josep Lladonosa i Giró, 2005, Columna Cuina,

  1. 3. en.wikipedia.org/wiki/Pa_amb_tomàquet

 

 

Chef Ferran Adrià

Personnalité maintenant connue grâce à ses talents culinaires, Ferran Adrià est né en 1962 et est originaire de la région de Barcelone. Il commence sa carrière culinaire en 1980 au bas de l’échelle en tant que plongeur. C’est à ce moment qu’il entre en contact avec un nouveau monde rempli de possibilités et qu’il s’intéresse au rudiment de l’art culinaire. Il monte les échelons de cette industrie un a un, jusqu’à avoir la responsabilité d’une cuisine entière durant son service militaire.

C’est à l’âge de 22 ans qu’il aura son premier contrat au restaurant El Bulli, alors inconnu aux yeux du public. En moins d’un an, il devient le chef responsable de la cuisine. À partir de ce moment, il commence à voyager, notamment en France pour en apprendre plus sur les autres types de cuisines. Il rapporte ainsi ses connaissances au restaurant et développe son talent, lui qui tente à tout prix d’obtenir le titre d’un des meilleurs cuisiniers au monde. C’est ainsi que la renommée de l’établissement se forge et que le nom du restaurant devient synonyme d’innovation et de créativité culinaire.

Il est d’ailleurs l’un des pionniers de la cuisine moléculaire en inventant Espuma. C’est une technique qui consiste à extraire les saveurs sucrées ou salées d’un aliment puis, à l’aide d’un siphon, de lui donner sa forme finale qui ressemble à une mousse. Ce procédé culinaire a par la suite été repris au travers le monde.

Le restaurent El Bulli ferme six mois par année, ce qui permet à M. Adrià de voyager et de créér un nouveau menu à chaque année pour l’établissement qui est maintenant classé comme numéro 1 au monde selon Restaurant magazine. Il est encore très présent sur la scène culinaire et sa carrière est loin d’être terminée.

 

 

https://www.thespruce.com/biography-of-chef-ferran-adria-1664996

Nostrum: Un des exemples les plus emblématiques de l’esprit entrepreneurial catalan

Il est impossible de détacher l’esprit entrepreneurial de la Catalogne. Tout au long de l’histoire, Catalogne a été le berceau des entrepreneurs et des marchands ayant ouverts des nouvelles perspectives dans le monde des affaires. De nos jours, la chaine Nostrum prouve encore une fois le caractère créatif, imaginaire du peuple catalan. La marque est née à Barcelone en 1998 par Quirze Salomó.

Fondateur et CEO de Nostrum: Quirze Salomó

Source de l’image: http://franquicias.emprendedores.es/noticias-del-sector/hosteleria-low-cost/casos-de-exito

 

Franchise Expo 2016

Le caractère avant-gardiste catalan qui se fait pleinement sentir dans l’art avec Dali et Picasso, dans l’architecture avec Gaudi et dans la science avec Raymond Llull, façonne la marche glorifiante de l’entreprise catalane Nostrum. En ce qui concerne la stratégie de l’entreprise, le fondateur Quirze Salomó déclare que la chaine en restant dans une échelle de prix allant de 1 à 3 euro, offre aux clients les saveurs de la cuisine familiale et son concept de « fast-good ».

Source de l’image: http://www.econostrum.info/Petits-  prix-et-grandes-ambitions-pour-Nostrum_a19498.html

 

Source de l’image: http://www.nostrum-blog.eu/cuando-en-nuestra-nevera-solo-tengamos-platos-nostrum/

Ce qui fait de Nostrum une source d’inspiration pour les entrepreneurs, réside dans sa volonté d’apporter un nouveau souffle aux habitudes gastronomiques européennes. Cela se traduit par son objectif courageux, qui est de constituer une alternative aux marques américaines. Cet objectif ambitieux a conduit la marque vers des nouvelles directions telle la France. Les branches de la marque en France démontrent que, la marque a réussi à séduire le goût des français. Les habitants de Paris, Bordeaux, Avignon, Aix en Provence, Montpellier, Lyon, Lille ont le privilège d’accueillir les chaines de Nostrum. Par contre, ce succès ne satisfait pas l’entreprise catalane qui vise toujours plus loin. Cela se traduit par le but d’ouvrir, 250 restaurants en France dans 5 ans et 400 restaurants dans les autres régions européennes. Même si le restaurant a dépassé les frontières de la Catalogne, le caractère novateur catalane est toujours au cœur de la marque durant son voyage commercial. Ce caractère novateur se traduit, par la découverte d’un nouveau modèle durant la crise économique espagnole. Selon son fondateur, ce nouveau modèle trouvé malgré les difficultés dues aux crises économiques, constitue un point important de la réussite de la marque.

Source de l’image: https://www.snacking.fr/news-3050-Quirze-Salomo—-Nostrum-vise-les-400-unites-a-5-ans-.php 

BIBLIOGRAPHIE

Articles:

Vidéo:

Carme Ruscalleda i Serra

 

Source de l’image: http://www.gastronostrum.com/wp-content/uploads/2014/04/Carme-Ruscalleda.gif

Carme Ruscalleda i Serra est une chef catalane de renom. Elle est née en 1952 à Sant Pol de Mar dans la province de Barcelone. Elle grandit dans une famille de paysans et de commerçants et elle se joint à l’entreprise familiale de fine épicerie et de charcuteries en préparant des petits plats à emporter. Après des études en commerce, elle ouvre son premier restaurant, le Sant Pau, dans sa ville natale en 1988. Puis, elle ouvre un second restaurant, aussi nommé Sant Pau, à Tokyo en 2004.

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La chef déclare que :

les valeurs de qualité du travail et produits représentaient la devise familiale, des valeurs auxquelles je n’ai jamais renoncé. […] J’ai ouvert [le Sant Pau] avec la volonté d’utiliser des ingrédients de qualité et de les combiner de manière créative.

 

En date de 2010, Carme Ruscalleda i Serra détenait cinq étoiles Michelin – récompense gastronomique -; trois pour son premier restaurant (titre obtenu en 2006) et deux pour celui au Japon. C’était la seule femme ayant été récompensée d’autant d’étoiles. Elle en possède maintenant sept.

Source de l’image: https://cultibar.files.wordpress.com/2013/01/detalle-comedor-restaurante-sant-pau.jpg

En 1992, c’est elle qui représente la cuisine catalane à l’exposition de Séville. La Généralité de Catalogne lui décerne un diplôme touristique la même année et le Creu de Sant Jordi – grande distinction catalane – en 2004. Elle se mérite aussi la médaille d’honneur du parlement de Catalogne en 2013.

« Catalane, moderne et créative » , voilà comment Carme Ruscalleda i Serra décrit sa cuisine. Son apprentissage de l’art gastronomique se fait surtout de façon autodidacte et elle mise beaucoup sur l’originalité sans toutefois oublier l’essence de la cuisine catalane. D’ailleurs, pour la chef, le secret est l’huile d’olive! Son menu change selon les saisons et selon son inspiration. Il est possible de le consulter sur son site web.

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En plus de travailler en cuisine, Carme Ruscalleda publie aussi des livres de cuisine dont Deu anys de cuina al Sant Pau (1998), Cuina per ser feliç (2002), Un any amb Carme Ruscalleda (2004) et Cuina a casa amb Carme Ruscalleda (2005).

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Source des images – nourriture: http://www.ruscalleda.com/gallery2/index.php?url=http://www.ruscalleda.com/ca/menu&locale=ca

Restaurant les Pyrénées, fier point de rencontre des catalans à Montréal !

Restaurant situé en plein cœur du Vieux-Montréal, cet endroit vous   transportera en méditerranée, plus précisément en territoire nord-catalan. Vous y découvrirez, au-delà d’une cuisine raffinée et savoureuse, une ambiance chaleureuse. Moi et trois de mes amis sommes partis à la découverte de cette gastronomie pour y apprécier de nouveaux plats qui nous sont méconnus, mais aussi pour y comprendre une culture immense qui s’y rattache.

Après avoir mangé de bons plats que nous avons appréciés, nous avons discuté avec Jeremy, fier catalan d’origine, qui travaille au restaurant depuis plus de 4 ans. D’origine basque du côté de sa grand-mère, et catalane de ses parents, il nous a fait découvrir le côté historique et culturel du restaurant.

En premier lieu, l’endroit aborde fièrement les couleurs de la catalogne. Même de l’extérieur vous allez retrouver l’endroit facilement grâce à ses drapeaux catalan et français. Si vous appréciez le bon vin sachez qu’une sélection catalane s’y trouve avec des origines perpignanaises, entre autres. En lui demandant quels étaient les autres éléments rattachés à la catalogne, Jeremy a porté à notre attention plusieurs petits détails qui nous avaient échappés. Par exemple, le logo du restaurant, en plus de ses couleurs jaune et rouge, représente le pic du Canigou, sommet emblématique des Pyrénées situé dans le Conflent, vu du haut. (Comme sur une carte topographique). Avant de continuer dans la discussion, Jeremy a pris le soin de « nous payer la traite » comme on dit en québécois en nous faisant boire la boisson par excellence : le Muscat de Rivesaltes. Ce vin était autrefois servi durant les occasions spéciales et est de nos jours plus banalisé et se boit plus régulièrement. L’histoire ne s’arrête pas là. Le Muscat était le contenu, mais il manquait le contenant. Pour rester dans la thématique catalane, nous avons bu le vin dans un puru catalan. Ce genre de carafe a la particularité d’avoir un long bec verseur qui se boit à la main tendue (voir photos) directement dans la bouche. Une expérience amusante et inoubliable!

Lorsque je lui ai demandé quelle était la proportion de catalan versus de québécois qui fréquentait le restaurant, il m’a répondu qu’il y avait environ 2/3 de la clientèle qui était québécoise et/ou non d’origine catalane et l’autre tiers étant des gens de la grande famille catalane. Le premier groupe fréquente le restaurant pour y faire une découverte gastronomique tandis que le deuxième utilise le restaurant comme quartier général des catalans de Montréal. Des assemblées de groupes catalans se rencontrent annuellement ou bien lorsqu’un catalan établit au Québec reçoit sa famille en visite de la catalogne, pour ne pas trop les dépayser, les invites dans ce restaurant.

Entre temps, un des cuisiniers se joint à notre conversation pour partager sa culture. Aussi originaire des Pyrénées, il vient à point pour répondre à ma prochaine question. Je lui demande quelles sont les particularités qui rendent unique les plats de la catalogne du Nord par rapport à la gastronomie française en générale ou même du reste de la catalogne. Ce dernier et Jeremy sont unanimes : ce qui fait la particularité de leur cuisine ce sont leurs viandes. Les viandes ainsi que les produits de la mer font partis de l’alimentation des catalans et c’est ce qu’ils ont voulu transmettent à travers leur menu. La partie végétarienne de leur menu n’est pas aussi présente en catalogne, mais on m’a expliqué que, dans un souci de plaire à une clientèle plus large, qu’il fallait faire des ajustements. De plus, du fait que le restaurant se trouve au Québec et que certains produits se trouvent qu’en catalogne, ils doivent composer avec des contraintes de disponibilités des produits ainsi que de prix. Ils ont ajouté aussi que dans le menu il y manquait peut-être certains éléments auxquels ils auraient, eux, voulu retrouver. Ils pensent a deux plats en particulier, qui ne sont pas dans le menu, mais qui sont disponibles sur demande. Il s’agit des bols de picolat (boulettes de viande avec haricots) et d’un dessert incontournable : les bougnettes (type de beigne). Tous deux plats roussillonnais, ils seront vous charmer ! (parole de chef!)

En terminant, ça l’a été une expérience formidable tant pour nos papilles gustatives, que pour notre enrichissement personnel sur la culture catalane. Je conseil fortement ce restaurant si vous aussi vous voulez en apprendre plus sur la gastronomie des Pyrénées et de sa culture en générale. Ambiance décontractée et agréable, ce fut une très belle sortie entre amis.

ps:

Kim, Sabrina, Didier et Moi (Damien) avons tous essayé des plats différents et voici nos appréciations : 

Kim, tes appréciations sur le calmar farcis au boudin noir : «Délicieux! Un bon agencement des goûts. J’en aurais pris une deuxième portion!».

Sabrina, tes appréciations sur le confit de cuisse de canard : «Très gouteux! Une belle présentation dans l’assiette avec une portion raisonnable».

Didier, tes appréciations sur la quiche aux poireaux : «Savoureuse! L’accompagnement avec une salade se marie bien avec la pièce de résistance qu’est la quiche».

Damien, mes appréciations sur la morue grillée : « Excellente! L’assiette est très colorée et le poisson fond dans la bouche!».

En terminant, notre appréciation du dessert du jour, le sabayon aux pommes caramélisées : «Wow! Frais et léger, ça termine bien un bon repas!».

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L’Aplec del Caragol

La Catalogne possède de  très nombreuses fêtes liées à la gastronomie. Des fêtes traditionnelles ou pour célébrer la récolte de certain produits. Ces fêtes sont des éléments très important car c’est surtout un moyen de plus pour se retrouver, de socialiser et de s’amuser. Ces fêtes sont des évènements très rassembleur et agissent comme un véritable ciment dans la société catalane.

Il y en a une qui m’est particulièrement chère car elle vient de la ville natale de ma femme, l’Aplec del Caragol de Lleida. Cette fête se déroule annuellement au mois de mai depuis 1980. La première édition a rassemblé 300 personnes regroupés en “colles” et 4000 visiteurs. Une “colla” est un groupe de personnes, avec un nom souvent drôle, portant un chandail de couleur et un mouchoir autour du cou un peu à la manière des “colles” de castellers. Ces groupes se retrouvent au “Camps Elisis” sur les bord de la rivière Segre pour célébrer l’escargot et l’excès. Dans cette région l’escargot est très populaire et les gens en raffolent littéralement. Il est très commun de se retrouver en famille et amis la fin de semaine afin d’en manger comme nous le ferions ici avec nos barbecue.

Depuis la première version l’Aplec a pris beaucoup d’ampleur et a même été déclarée fête nationale d’intérêt traditionnel par la Generalitat de Catanlunya en 2002. Aujourd’hui il y a environ 100 “colles” et 200.000 visiteurs. En 2012, 12 tonnes d’escargots ont été dévorés de toutes les manières possible. Cette manifestation gastronomique intègre des concerts de musique populaire, des fanfares, des activités pour les enfants, des concours et beaucoup d’alcool!

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La fête commence par un souper le vendredi ou chaque “colla” est responsable de la préparation des escargots et autres mets. Les activités durent jusqu’à dimanche après-midi. Pendant ce temps, les visiteurs peuvent déguster les différentes recettes et participer aux activités proposées. Le dimanche matin toutes les “colles” se retrouvent dans la partie haute de la ville afin de faire “la rua”, un défilé à travers Lleida. Traditionnellement les habitants leur lance de l’eau depuis leur balcon.

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Finalement les “colles” arrivent au pont et les organisateurs leur donne un ruban comme preuve de participation à cette édition qu’ils rajoutent fièrement sur leurs étendards avant d’entrer au “Camps Elisis” pour manger le dernier repas de cette grande fête.

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Sources:

Marta Pérez i Morguí

http://aplec.org/

http://ca.wikipedia.org/wiki/Aplec_del_Caragol_de_Lleida

La Fundacio Institut Catala de la Cuina i de la Cultura Gastronomica

À la lecture de ce titre, vous vous demandez bien qu’elle fondation je vous amène encore à découvrir. Il s’agit d’une fondation privée à but non lucratif. Ses membres sont des professionnels de la restauration, des producteurs alimentaires ou des distributeurs.

La fondation a crée sa propre marque : Cuina Catalana ( la cuisine catalane). Il s’agit en fait d’une marque culturelle. Nous avons vu en cours que la cuisine catalane faisait partie du patrimoine immatériel de l’UNESCO. L’objectif de la création de cette marque était entre autre la prise de conscience et la différence de la cuisine afin de démontrer la richesse culturelle qu’elle constitue.

En 2006, ils ont constitué le corpus de la cuisine catalane. Cette étape a nécessité une compilation et une validation des différents moeurs gastronomiques et des recettes propres à la catalogne. En 2011, ce corpus a été révisé et augmenté. Un an après, il a gagné le premier prix du prestigieux concours: Gourmand World Cookbook.

La marque Cuina Catalana est aujourd’hui gage de qualité et certification de produit catalan.

http://www.cuinacatalana.eu/es/pag/marca-que-es/
http://www.cuinacatalana.eu/es/pag/marca-que-es/

http://www.cuinacatalana.eu/es/pag/marca-que-es/