Carme Pinós

Carme Pinós est une architecte catalane née en 1954 à Barcelone. Depuis son enfance, l’art et l’architecture la fascinent et font partie de son quotidien. En effet, sa famille était très ouverte à l’art et Carme se souvient que lorsqu’elle était petite, elle allait voir « des monuments ».

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Elle fait ses études à l’Escola Tècnica Superior d’Arquitectura de Barcelona aux côtés d’Albert Viaplana et d’Enric Miralles – son futur conjoint – et obtient son diplôme en 1979. Elle se perfectionne ensuite en étudiant aussi l’urbanisme en 1981.

Elle ouvre par la suite une agence avec Enric Miralles; le couple travaillera ensemble jusqu’en 1991. Leurs réalisations les plus reconnues incluent une école à Badalona (pour laquelle ils gagnent le Premio FAD en 1986) et une à Morella  (pour laquelle ils se méritent le Premio Nacional de Arquitectura del Consejo Superior de los Arquitectos de España en 1995), ainsi que le célèbre cimetière d’Igualada (2).

En 1991, Carme Pinós fonde sa propre agence: Estudio Carme Pinós. Elle y termine certains projets déjà commencés dans son ancienne agence et en commence d’autres. Ses réalisations comptent notamment le parc et la passerelle de Petrer (ci-dessous), le Parc de Ses Estacions à Palma et un building de la Wirtschaftsuniversität Wien.

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L’un de ses projets les plus marquants demeure le Torre Cube (2004-2005) à Guadalajara, au Mexique. Elle se mérite d’ailleurs le prix ArqCatMón (Catalan Architecture in the World) du College of Architects of Catalunya pour cette réalisation.

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Source des images: http://www.noticiasarquitectura.info/especiales/torre_cube.htm

 

L’architecte travaille sur des projets variés et originaux, « from urban layouts, parks, bridges, seafronts, office towers, cultural and sports centers, universities and schools to housing facilities and furniture design » (source). En 2012, Carme Pinós lance sa collection OBJECTS qui comprend des objets créés, produits et commercialisés par son studio. On y trouve de nombreuses étagères, des tables et des gardes-robes. Le site web officiel permet même l’achat en ligne.

Dans le domaine de l’architecture, les femmes sont beaucoup moins nombreuses que les hommes. Dans un Q&A pour The Architects’ Journal,  elle souligne d’ailleurs que « for a woman it is always more difficult to socialise in a male dominated environment », mais elle encourage les femmes à prendre leur place en disant: « be clear about what you want and have the courage to achieve it ». C’est d’ailleurs ce qu’elle a elle-même fait en se séparant d’Enric Miralles et en créant sa propre agence. Elle déclare même que, à ce moment, la majorité des architectes devaient probablement penser qu’elle ne ferait pas long feu en architecture et finirait par disparaitre de la carte, que « esta mujer ahora va a desaparecer del mapa ». Or, elle a persévéré, car l’architecture est pour elle une passion qu’elle décrit comme une discipline complète et actuelle.

Source de l’image: http://www.objects.es/media/images/estudio/18%20(jun.2009).jpg

En plus de travailler sur ses nombreux projets, publications et expositions, l’architecte prend aussi plaisir à enseigner. Elle a été professeure à l’université de Colombia (New York), à Harvard (Cambridge), à l’école polytechnique fédérale de Lausanne, à la kunstakademie de Düsseldorf et à l’Escola Tècnica Superior d’Arquitectura de Barcelone.

Carme Pinós est décorée du Premi Nacional d’Arquitectura i Espai Públic en 2008 de la Généralité de Catalogne et de la creu de Sant Jordi en 2015 : « chaque année, le gouvernement Catalan décerne à différentes personnalités ou entités la croix de Saint Jordi, pour leur contribution à la culture et la défense des valeurs civiques de Catalogne ». Elle était aussi finaliste pour le prix de Women in Architecture 2015.

Sources

  • https://undiaunaarquitecta.wordpress.com/2015/09/08/carme-pinos-i-desplat-1954/
  • http://elpais.com/elpais/2015/07/02/eps/1435850356_281571.html

 

« Avant qu’ils ne deviennent Buñuel, Lorca et Dalí »

1910 voit arriver à Madrid La Residencia de Estudiantes, résidence fondée par quelques universitaires.  Indépendante de l’État, elle garanti à ses pensionnaires, des jeunes aux talents prometteurs,  une liberté de pensée peu encouragée à l’époque.  De grands intellectuels,  dont Albert Einstein, George Wells, Paul Valéry, John Maynard Keynes et bien d’autres s’y sont rendus pour discuter et pousser la réflexion avec ses résidents.

Au début des années 20, les astres s’alignent pour y réunir les pensionnaires suivants :

Luis Buñuel, Federico García Lorca et Salvador Dalí.   Oui,  il s’agit bien du cinéaste Buñuel  ( Un chien andalou, L’âge d’or ) , de Salvador Dali (La persistance de la mémoire, Cabaret Scene ) et du dramaturge espagnol Garcia Lorca ( La maison de Bernarda Alba, Noces de sang ). Tous trois n’ont pas 25 ans, tous trois se lient d’amitié dans ce creuset de la création situé au  21-23 Pinar, à Madrid.  Ils échangent, s’influencent les uns les autres.

On voudrait y être quelques instants non ?

Ce sera possible de faire une incursion dans cet univers du 4 au 27 février prochains.  Le Théâtre Denise-Pelletier présentera « Le miel est plus doux que le sang »,  pièce créée en 1994 par Simone Chartrand et Philippe Soldevila.

« Lolita », personnifiant la muse au parfum d’anarchie et l’étincelle qui allume les consciences politique, partage la scène avec ces trois artistes encore à l’aube de leur vie adulte avant qu’ils aient nourri l’imaginaire collectif.

La metteur en scène Catherine Vidal :

« …on sent peu à peu une conscience naître en eux, avec ce qui se profile  lentement à l’horizon :  les années les plus noires que connaîtra l’Espagne  avec la guerre civile, le fascisme… »

Le Théâtre Denise-Pelletier est un théâtre de Montréal. Il est situé au 4353 rue Sainte-Catherine est, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal

La pièce Le miel est plus doux que le sang : Entrevue avec Philippe Soldevida à Radio-Canada (Medium large – 3 février 2016)

Danielle Bélisle

http://next.liberation.fr/culture/2011/08/04/genese-madrilene_753089

http://www.denise-pelletier.qc.ca/media/shows/Version%20finale_communiqu%C3%A9%20LE%20MIEL%20EST%20PLUS%20DOUX%20QUE%20LE%20SANG%20.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sidence_d%27%C3%A9tudiants_de_Madrid

https://www.google.ca/search?q=th%C3%A9%C3%A2tre+denise-pelletier&oq=Th%C3%A9%C3%A2tre+denise&aqs=chrome.1.69i57j0l5.21420j0j9&sourceid=chrome&es_sm=93&ie=UTF-8

La petite soeur de Montserrat

Montserrat n’est pas seulement le berceau de la « Moreneta ». Il y a également une petite île volcanique des Antilles voisine d’Antigua et de la Guadeloupe. L’île a été découverte en 1493 par Christophe Colomb qui lui donne le nom de « Montserrat » en souvenir du monastère situé dans les montagnes de la Catalogne. L’île ne sera toutefois pas colonisée par les Espagnols. Ce fut plutôt les Anglais et les Irlandais qui s’y installèrent. La France a également pris possession de l’île pour la perdre définitivement aux mains des Britannique avec le Traité de Versailles en 1783. L’île est depuis lors dépendante du Royaume-Uni.

L’île est souvent décrite comme l’île d’émeraude des Antilles à cause de sa ressemblance avec l’Irlande côtière. Elle abrite un stratovolcan actif, La Soufrière, qui a entraîné la destruction de la partie sud de l’île et particulièrement Plymouth, la capitale d’antan, en 1997. Les coulées pyroclastiques (formées de gaz, de cendres et de blocs rocheux de tailles variables) sont encore aujourd’hui choses fréquentes. Ainsi, l’escalade du volcan est interdite au public, mais des points de vue ont été installés à l’Observatoire ou sur Jack Boy Hill. Seuls les experts peuvent se rendre à Plymouth pour étudier la région. Par exemple, un groupe d’étudiants en géologie de l’Université Laval ont pu se rendre à Plymouth et voir deux autres sites pour étudier les effets écologiques, biologiques, etc. Plymouth est alors surnommée « La Pompéi moderne ».

L’île volcanique a eu son lot d’évènements historiques et géographiques la rattachant, certes de manière infime, à la Catalogne. Or, les deux Montserrat puisent leur origine dans des mythes et légendes fondés sur des mœurs de l’époque. L’île de Montserrat fait référence à Christophe Colomb et à Pompéi. La montagne Montserrat, quant à elle, tire son origine de plusieurs mythes. Les deux mythes fondateurs sont liés à la “Moreneta” et à Guifred le Velu.

La Vierge aurait été découverte par des enfants qui ont été guidé par une lumièere et un choeur céleste vers la grotte enfermant la Vierge. Les parents, le curé et l’évêque tentent de déplacer la statue, mais cette dernière semblait vouloir rester sur sa montagne. Son poids fut si grand que les transporteurs n’ont pu la descendre plus loin. Ils ont alors érigé un monastère sur la montagne.

Les représentations de la « Moreneta » la montrent toujours parmi les rochers et souvent avec une scie ou des anges maniant la scie fournissant une explication poétique et religieuse au relief de Montserrat qui signifie la montagne sciée.

La légende de Fra Garí souligne l’importance du rôle du pape et atteste l’existence de monstres mi-hommes mi bêtes. Selon la légende, la fille de Guifred le Velu était possédé et pour se débarrasser du démon, Guifred demande de l’aide à Fra Gari. Ce dernier la guérit, mais sera désormais sous le joug du démon. Il viole alors la fille et la tue pour cacher son crime. Pour se faire pardonner, Fra Gari se rend à Rome. Pour son châtiment, il est transformé en monstre mi-homme mi bête. Son châtiment prendra fin lorsqu’un nouveau-née lui donnera le pardon. Un jour, il est abandonné au château de Guifred. Le bébé de la comtesse lui donne le pardon et il reprend sa forme humaine. Il leur explique la situation et leur montre l’endroit où il a enterré leur fille. En voulant lui prodiguer une sépulture décente, il la déterre et miracle, elle était toujours vivante.  Fra Gari devient alors le directeur de conscience de la famille. 

Une autre légende entoure la pierre “Cavall Bernat”, un sommet du Montserrat. Selon la légende, un bûcheron transportant des fagots de bois à Llobregat rencontre le diable. Pour l’aider, le diable lui prête un cheval appelé Bernat qui est rapide comme l’éclair. En échange, le diable lui demande que dans dix ans, le bûcheron lui offre un cheval aussi rapide. Dix ans plus tard, le bûcheron oublie son pacte avec le diable et ce dernier le menace. La femme du bûcheron est allée prier la Vierge, qui exauça ses vœux. Une lumière illumina le ciel et le diable et le cheval avaient disparus. À leurs places, une énorme pierre pointée vers le ciel s’érigea.

Le Montserrat est un lieu unique en Catalogne. Il attire les pèlerins en quête de la « Moreneta » et les curieux en quête de paysages naturels. Sa petite sœur des Caraïbes n’est que l’expansion de cette culture catalane forte qui influence même les grands voyageurs tels que Christophe Colomb. Les deux endroits sont des bijoux de la nature ayant des histoires aussi rocambolesques les unes que les autres.

 

Sources

http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amsudant/Monserrat.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Soufri%C3%A8re_(Montserrat)

http://cdlm.revues.org/4371

http://www.capcatalogne.com/La-legende-de-Fra-Gari-Montserrat—6671.phtm

http://www.voyageurs-du-net.com/montagne-montserrat-barcelone