Violant d’Hongria

À part Ermessende de Carcassonne, il y a eu d’autres femmes qui ont joué des rôles importants dans l’histoire du Royaume de Catalogne-Aragon.

C’est le cas de Violant d’Hongria, née en 1216, à Heztergom, Royaume d’Hongrie. Fille d’André II d’Hongrie et de sa deuxième épouse Yolande de Courtney, elle épousa Jacques I d’Aragon, dit «le Conquérant» en 1235, à l’âge de 19 ans. Ce mariage causa une grande sensation en Europe. On pensait que le mariage entre Jaume et Violant allait apporter des grandes richesses territoriales au croissant Royaume d’Aragon. Par contre, l’endettement de la Couronne d’Hongrie et la difficile situation entre celle-ci et les seigneur féodaux n’a pas permis l’annexion de grands territoires à la Couronne d’Aragon. Par contre, doit-on dire que, lors de leur mariage, la Couronne d’Hongrie otorga au Royaume d’Aragon le pouvoir sur un compté de Flandes, ainsi que quelques territoires de Némours et Bourgogne.

Dès ses premiers jours en tant que Reine d’Aragon, elle joua un rôle primordiale dans la conquête de Valence. Elle joua un rôle important lors de la signature du Traité d’Almirra, lequel délimitait les frontières entre Aragon et Castille, au sud du Règne de Valence. Elle fut aussi une conseillère très importante de son mari, avec lequel eut 10 enfants, dont Pierre le Grand et Jacques II de Majorque.

Cette femme, Reine d’Aragon, Majorque et Valence, Comtesse de Barcelone, seigneur de Montpellier et d’Aumelas, et Vicomtesse de Millau, décède en 1251 à Huesca, Aragon.

 

 

 

Ressources:

https://ca.wikipedia.org/wiki/Violant_d%27Hongria

https://es.wikipedia.org/wiki/Violante_de_Hungr%C3%ADa

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yolande_de_Hongrie_(reine_d%27Aragon)

Viure, o no viure… that is the question

Les pièces de Shakespeare connurent au début du XIXe siècle, un regain de popularité partout en Europe. Les nombreuses traductions françaises, allemandes, italiennes et espagnoles ont essaimé la parole du Barde — qui atteignit inévitablement la Catalogne.

Dídac Pujol, spécialiste des traductions de Shakespeare à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, explique dans un article publié en 2012 dans la revue Babel, que les motivations derrière les premières traductions catalanes de Shakespeare sont d’ordre nationaliste : “The purpose of translating Shakespeare was to help regain the Catalan culture.” (p.97) Les desseins des traducteurs catalans de Shakespeare sont simples : créer un répertoire théâtral catalan basé sur le canon européen.

Si rien, au premier coup-d’œil, ne semble rapprocher le catalan de la Renaixença de l’anglais élisabéthain, ces deux langues partageaient pourtant, selon Vanessa Palomo, auteure d’une étude sur les traductions shakespearienne de Josep Maria de Sagarra,  la caractéristique d’être à leurs époques respectives en construction. Les possibilités d’inventions linguistiques du catalan à la fin du XIXe siècle étaient donc immenses. Beaucoup d’écrivains aux intérêts divers — des poètes surtout — essaieront de tirer parti de cette flexibilité du catalan. Le jeune Carles Riba publie en 1909 sa traduction des Sonnets ; onze ans plus tard, Magí Morera i Galícia termine son Hamlet catalan.

Mais les bottes franquistes foulent Barcelone le 26 janvier 1939 et l’on confisque dans toute la ville le matériel d’imprimerie. L’usage du catalan est interdit dans les sphères administratives et les œuvres littéraires écrites dans cette langue doivent à partir de ce moment être clandestines. Ce n’est qu’à partir de 1945 qu’on autorise les traductions littéraires – à la condition qu’elles soient bien sûr des “recréations littéraires”, et non de simples traductions. Toute traduction qui  ne répondrait pas à cette condition se verra interdite. Lorsque Josep Maria de Sagarra publie dans les années 1950, avec l’aide financière de Santiago Martí, ses traductions des pièces de Shakespeare, il doit donc les antidater : 1935.

Sagarra, déjà connu pour avoir remporté plus jeune de nombreux prix pour ses poèmes et ses pièces de théâtre, revient en 1940 en Catalogne. Les prolifiques années 1930, il les a terminées à Paris avec des artistes espagnols et français de l’entre-deux-guerres. Il y écrivait des articles qu’il envoyait aux journaux catalans, mijotait un roman et s’était même mis à la traduction de la Divine Comédie en catalan. Mine de rien, il avait pris goût à cette traduction. Mais ce qu’il préférait tout de même, c’était écrire pour la scène. Il avait tourné son œil sur l’oeuvre de Shakespeare : en traduisant un auteur de cette stature, il s’en pourrait s’en donner à cœur joie. Il mêlerait le pittoresque du théâtre populaire catalan, qu’il connaissait bien, et la fracassante langue qui était la sienne, celle de l’époque moderne.

Pujol comme Palomo soulignent les qualités des traductions de Sagarra : le rythme et la rime sont conservés, tout comme le ton général. Le traducteur privilégie cependant l’originalité et l’oralité du texte original au détriment parfois du sens. Si la lecture comparative révèle des différences sémiotiques, la représentation des pièces sur scène donne cependant raison au traducteur ; ses traductions sont faites pour être jouées, être dites et non seulement lues. “Sagarra is one of the best Catalan translators of Shakespeare’s plays precisely because of the fictive orality he constructs, employs and exploits” conclue Pujol en rappelant que Sagarra demandait à des acteurs de lui faire des suggestions pour améliorer ses pièces et ainsi s’assurer qu’on pourrait jouer son Shakespeare.

sources:

Dídac Pujol, “Josep Maria de Sagarra, a Catalan translator of Shakespeare’s plays”, revue Babel, vol 58-1, 2012 – voir également le site très complet de ce professeur de traduction: http://www.didacpujol.com/

Et l’article de Vanessa Palomo:

https://publicacions.iec.cat/repository/pdf/00000243/00000021.pdf

Història de Catalunya

Pour ceux qui ne me connaissent pas, s’il y a une chose que vous devriez savoir à mon sujet, c’est que j’adore les dessins animés. Lorsque je reviens à la maison après une longue et dure journée à l’université, il n’y a rien de mieux qu’un bon épisode d’une série que j’aime accompagné d’une tasse de chocolat chaud pour me redonner de l’énergie. Récemment, une série que je me suis découvert un plaisir fou à regarder est ‘Història de Catalunya’, une série de 39 épisodes de 15 minutes chaque produite par la Télévision catalane afin de célébrer le millénaire du début de l’histoire (politique) de la Catalogne.
Créée sous la supervision de Claudio Biem Boyd et financée par TV3, cette série vit le jour en 1988. À partir de ce moment, et ce, jusqu’en 1989, un nouvel épisode joua sur les ondes tous les samedis avec une reprise de celui-ci chaque jeudi matin pour accommoder les téléspectateurs absents lors de la première. Le principe de la série est tout simple: il s’agit d’une synthèse de l’histoire de la Catalogne qui raconte, de la préhistoire jusqu’aux temps modernes, les évènements ayant marqué le territoire et ces citoyens. En effet, il faut comprendre qu’au moment de la création de ce programme, l’Espagne vient de sortir d’une longue période de dictature pendant laquelle les habitants des territoires de culture et langue catalane ne furent pas enseigné leur histoire à l’école. Autre célébrer le millénaire de la Catalogne, la fin de la dictature fut l’autre raison importante ayant mis la puce à l’oreille de plusieurs qu’enseigner l’histoire de leur pays à la jeunesse catalane n’était pas une mauvaise idée.
Responsable de la trame historique, l’historien Ainaud de Lasartene put également compter sur l’aide de deux autres spécialistes pour l’aider à faire de la recherche dans le but de créer une image la plus authentique possible de la Catalogne d’alors. Joan Solé et Anna Durán furent ceux qui, à l’envers du décor, guidèrent les animateurs afin de s’assurer que chaque maison, chaque costume et détail reflète de manière exacte les périodes explorer dans l’émission. L’équipe fut complétée par Eduard Bonet, coordinateur et personne responsable du travail final que tous purent admirer tous les samedis.
Tout cela nous amène maintenant à parler de la mascotte de la série, Dragui. Créée afin de servir de narrateur, Dragui est un petit dragon aux écailles roses et au sourire contagieux dont la particularité est son incapacité à cracher du feu. Tel que l’explique Biern, l’idée d’utiliser un dragon comme narrateur vient surtout de l’idée de retourner sens dessus dessous l’image négative que présente cette créature comme agent du mal. En effet, après quelques minutes, il apparaît évident que Dragui est sympathique et même, entre champs de batailles, traités et trahisons, capable de faire des blagues. Autre la lourde tâche d’expliquer à tous les évènements du jour, ce dernier est également responsable de briser la monotonie de la narration historique afin de la rendre plus amusante et intéressante pour les téléspectateurs. Après tout, il ne faut pas oublier que cette série fut produite pour les 10 à 12 ans, bien qu’elle peut être vue par tous et même intéresser les plus grands en raison des détails historiques de chaque plan.
Finalement, la série tira sa référence un an après son arrivée sur les ondes, le 23 juillet 1989. Néanmoins, malgré sa courte existence, celle-ci réussit son mandat et marqua les esprits de manière à ce que, aujourd’hui, certains épisodes soient même vus en classe en tant que matériel complémentaire. C’est ainsi que je peux vous parler de cette dernière, mon premier contact avec Dragui et l’histoire de la Catalogne s’étant produit pendant un cours à l’Université de Montréal. Mais peut-être est-ce une bonne chose: après tout, quel mal y a-t-il à se laisser entraîner par ce dernier dans un extraordinaire voyage couvrant plus de mille ans d’histoire?

Bibliographie:

http://hemeroteca.lavanguardia.com/preview/1988/10/23/pagina-61/33050049/pdf.html

http://hemeroteca.lavanguardia.com/preview/1989/07/23/pagina-1/33080799/pdf.html