LA FONDATION FELÍCIA FUSTER

Abans

que el gran compàs no em paralitzi

amb la geometria de la mort

no em despulleu.

No em despulleu del temps

ni d’aquells mots

que, fins gebrats, jo feia càlids.

Sé que el meu cant

avui

no arribarà

ni a les òrbites baixes

i el món em pesarà. Tant és.

Deixeu-me.

Deixeu-me el formigueig

d’aquest cap ple de festa

i les ales dels ponts. Deixeu-me blanca,

calç apagada, encesa, poca cosa,

no res,

amb els peus nus.

Sé caminar descalça. I més.

I encara sé:

només el que s’esborra

té importància.

 

(Felícia Fuster, Aquelles cordes del vent, 1987)

 

 

La fondation Felícia Fuster a pour objectif de soutenir la création des jeunes artistes de la peinture, de la sculpture et de la gravure et de promouvoir la langue catalane à l’étranger en appuyant les démarches d’étudiants avancés en linguistique ou en littérature catalane ne résidant pas en Espagne. Son autre vocation concerne la promotion et la préservation du travail pictural et littéraire de Felícia Fuster. Elle est une galerie d’art, une maison d’éditions et un lieu de connaissance. Située près de la Plaza Molina à Barcelone, la fondation accueille cinq-cents œuvres de Fuster ainsi que l’ensemble de ses manuscrits et des éditions de son œuvre.

 

Fuster (1921-2012) est une poète, une peintre et une traductrice catalane ayant passé la majeure partie de sa vie à Paris. Née dans le quartier de la Barceloneta, elle s’initie en bas âge aux travaux manuels. Pendant la guerre civile, elle réside à Castellterçol chez ses grands-parents et à Barcelone où elle poursuit ses études. Après la guerre, elle entre à l’École Supérieur des Beaux Arts de Sant Jordi où elle devient professeure de dessin en 1947. En 1951, elle s’installe définitivement à Paris où elle travaille dans des agences de publicité. Elle commence à publier ses poèmes dans les années 80. Avant sa mort, elle crée la fondation Felícia Fuster.

 

Elle publie son premier recueil de poésie, Una cançó per a ningú i trentra diàlegs inútils à l’âge de 63 ans. En 1987, elle publie Aquelles cordes del vent et I encarra, deux recueils autres livres de poèmes. Elle médite sur la guerre des Balkans dans Versió original (1996) et poursuit ses expérimentations dans Sorra del temps absent (1988). Elle traduit de la poésie chinoise et japonaise et compose des tankas et des haïkus, notamment dans Postals no escrites (2001), récit de voyage au Japon. Elle traduit aussi L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar.

 

Sources

http://www.fundacioffuster.org/

FUSTER, Felícia. Obra poètica : 1984-2001. Barcelona : Proa, 2010.

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