Le phénomène de Rosalía et son passage à montréal

Le 2 août dernier, la chanteuse catalane Rosalía est venue à Montré-al lors du festival de musique Osheaga. Il s’agissait de sa première visite dans notre métropole.

Rosalía, lors de son passage au festival Osheaga.

Rosalia Vila Tobella, jeune femme de 26 ans, a grandie près de Barcelone en Catalogne. Depuis un très jeune âge, elle s’intéresse beaucoup à la musique. Elle a d’ailleurs étudié à l’école de musique en Catalogne, où elle en a appris davantage sur le flamenco, un genre de musique qu’elle apprécie énormément. Ces dernières années, Rosalía est devenue très populaire non seulement en Espagne, mais aussi en Amérique Latine. Cela est dû, entre autres, à ces multiples collaborations avec des chanteurs latinos, tels que J Balvin, et plus récemment, Ozuna. Certes, dans ces collaborations, Rosalía s’est dirigée vers le style de reggaeton, qui est évidemment très apprécié en Amérique latine. Toutefois, on retrouve tout-de-même des traces de flamenco dans ses chansons. Cette manière de mélanger ces deux styles si distincts l’un de l’autre l’a beaucoup inspiré lors de la composition de son album le plus récent ‘’El mal querer’’, sorti le 2 novembre 2018. Ce dernier est son deuxième album en carrière, et a été coproduit avec le chanteur espagnol El Guachineo. Cet album comprend cinq singles, le plus populaire étant ‘’Malamente’’, dont le vidéoclip a plus de 109 millions de vue. Cette chanson lui a d’ailleurs obtenu cinq nominations aux Latin Grammy awards en 2018. Elle a gagné deux de ces cinq nominations. 

Rosalía, lors des Latin Grammy Awards en 2018.

En outre, depuis l’année précédente, elle ne cesse d’être nominée pour de prix de grands prestiges, tels que les Vidéos Music Awards et encore une fois les Latin Grammy Awards en 2019. De plus, sa chanson ‘’Con altura’’, une collaboration avec le chanteur J Balvin, fait partie du ‘’summer playlist’’ de l’année 2019 de l’ex-président américain Barack Obama, ce qui est perçu comme étant un grand prestige dans ce pays. Rosalía ne cesse d’accroître sa popularité à travers le monde, et ce n’est que le début pour elle. 

Malheureusement, comme le dit si bien l’expression, chaque médaille a son revers. En effet, au cours de sa courte carrière, la chanteuse catalane a déjà été le sujet de maintes controverses, qui malheureusement, sont encore d’actualités aujourd’hui. La première a pris jour aux États-Unis. Comme mentionné plus tôt, Rosalía a reçu plusieurs nominations et prix pour sa musique. Toutefois, la grande majorité de ses nominations comprennent le mot ‘’latin’’, par exemple ‘’Best latin artist’’, ou bien les ‘’Latin Music Awards’’. Donc, beaucoup croient qu’elle essaie de s’approprier la communauté latina. Dans une entrevue, elle a d’ailleurs dit qu’elle-même se considérait latina. Cela a reçu des réactions plutôt négatives. Toutefois, pensons à Enrique Iglesias par exemple. Pendant plusieurs années, il était surnommé le ‘’latin king’’, et tout comme Rosalía, il est espagnol. Personne n’a jamais critiqué ce surnom. De plus, même si à maintes reprises, elle s’est proclamée en tant que latina, elle demeure tout-de-même très fière de son pays. Peu importe elle est où dans le monde, autant pendant des entrevues qu’à ses concerts, elle aborde toujours son pays natal qu’est l’Espagne. 

Son entrevue tant controversée pour la chaîne Youtube de Billboard.

Non seulement fait-elle partie d’une controverse aux États-Unis, elle en fait partie d’une moyennement similaire dans son pays natal, l’Espagne. Cela a débuté lors de la sortie de son plus récent album ‘’El mal querer’’, datant de l’année dernière. Sur cet album, on peut constater que le flamenco est très présent. Cela est justement ce qu’une grande partie des espagnols critiquent. En effet, le flamenco ne provient pas de la Catalogne, sa région natale, mais bien de l’Andalousie. Il y a très longtemps de cela, les Gitans en Andalousie étaient perçus comme étant inférieurs au nord de l’Espagne. Le flamenco était une manière pour eux de se révolter, de combattre ce préjudice. Donc, le fait qu’une catalane l’utilise dans sa musique n’a pas été apprécié. Les Gitans accusent Rosalía d’appropriation culturelle. Toutefois, beaucoup contredisent cela en disant que d’autres communautés telles que le nord de l’Afrique se sont influencées du flamenco, et personne ne les a accusés d’appropriation culturelle. De plus, certains Gitans tentent d’expliquer à leurs compatriotes que même si elle ne vient pas du même endroit qu’eux, elle permet au reste du monde de profiter de ce magnifique art qu’est le flamenco. 

Son plus récent album: El mal querer.

Malgré ces controverses, Rosalía demeure une artiste incroyable. Lors de son passage à Montréal au mois d’août dernier, la chanteuse catalane a performé sur l’une des deux scènes principales. Certains fans attendaient depuis plusieurs heures déjà pour pouvoir être le plus près de la scène possible. J’en faisais partie. En tant qu’espagnole, cela me rend très fière de voir une jeune femme espagnole connue même ici au Canada. Après un certain moment, la musique s’est fait entendre et elle est apparue au tout milieu de la scène. Elle a débuté avec son succès ‘’Pienso en tu mirá’’. Après avoir chanté quelques chansons, telles que ‘’Catalina’’ et ‘’Que no salga la luna’’, Rosalía a descendu de la scène pour aller parler à ses fans. Ces moments ont été capturés et ont été mis sur les grands écrans afin que tous puissent en profiter. On pouvait voir à quel point elle apprécie réellement ses fans. Vice-versa, on ressentait réellement l’amour que ses fans ont pour elle. Une d’entre elle, située à la première rangée, avait d’ailleurs un tattoo de la chanteuse sur son avant-bras. En le voyant, autant la fan que Rosalía étaient plutôt émotives. Grâce aux grands écrans, tous ont pu assister à ce moment si spécial. De plus, à un certain moment, elle a dit au public qu’elle venait de Barcelone, et à quel point elle est fière d’être espagnole. C’est à ce moment que plusieurs ont levé leur drapeau de l’Espagne avec fierté. C’était un beau moment à voir. Elle a fini son concert avec une de ses chansons récentes ‘’Aute Cuture’’. Ainsi se termina une très belle soirée certainement inoubliable. 

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Sources :

Ibieta, P. (18 décembre 2018). Why Rosalía’s El mal querer is being accused of cultural appropriation. [Billet de blogue]. Repéré à https://www.phoenixnewtimes.com/music/why-rosalias-el-mal-querer-is-being-accused-of-cultural-appropriation-11073106

Rodríguez Pabón, J. (21 novembre 2018). The controversial Rosalía scandal for her new album. [Billet de blogue]. Repéré à https://latinamericanpost.com/24696-the-controversial-rosalia-scandal-for-her-new-album?fbclid=IwAR3vf515VSdNG9SUZhrCZ%20nWqlJEgMPdce03TLulc_TMeDmYPNA186YL94c8

Telemundo Entretenimiento. (14 août 2019). Controversia al llamar a Rosalía Latinx. [Billet de blogue]. Repéré à https://www.youtube.com/watch?v=amdhND8lijg&fbclid=IwAR2X2EoxRKh-_gRDC583eBC9hCN28UvA0LRMWZYhugopVYmSTKkH5UqjPKc&app=desktop

2 réflexions sur « Le phénomène de Rosalía et son passage à montréal »

  1. J’avais entendu de Rosalia l’année passée par un ami qui l’aime à mourir.
    C’est vrai qu’elle a conquis des cœurs en Amérique latine avec sa musicalité différente et son interprétation. J’ai pensé qu’elle venait d’une ville flamenca. Oh! C’était une surprise quand j’ai su qu’elle était catalane. Merci pour ton post, car j’ai clarifié beaucoup plus de faits par rapport à sa vie et sa musique.

  2. Merci pour ton article Sarah ! Je ne connaissais pas du tout Rosalia, et j’avoue que je suis surpris de la découvrir à travers une controverse liée à l’appropriation culturelle. Ce terme ne cesse de faire la une des journaux ces derniers temps, et il semblerait que tout le monde se sente en droit d’accuser autrui pour « vol de culture » ; c’est un terrain très dangereux dans lequel personne ne veut s’aventurer, de peur d’être accuser. Le cas de Rosalia m’interpelle particulièrement puisque si je suis aussi « blanc » qu’elle, du fait mes racines européennes, j’ai pourtant été élevé dans une culture « européenne », mais je suis né et j’ai grandi au Mexique… Si le cas de Rosalia n’illustre pas universellement toute la controverse de l’appropriation culturelle, il me semble être représentatif des relations ambigües qui unissent, encore aujourd’hui, la péninsule ibérique au continent américain.

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