La légende d’Otger Catalò ou le mythe fondateur d’un peuple.

Comme tous les pays, l’on s’attache aux mythes fondateurs des villes et des peuples, récits oraux et légendes s’entremêlent souvent et donnent au fil du temps de très belles fables ou le mythe prend place.

Ainsi pour la Catalogne, plusieurs récits mythiques racontent l’origine des montagnes, la découverte de la vierge noire ou celui du compte Arnau qui paraît il avait un pied sur terre et l’autre en enfer. Nous retrouvons également des contes célèbres comme celui de Peau d’âne, mais très différent de celui que nous connaissons, car le malheureux héros ici est un jouvenceau qui voulait surprendre de vilaines sorcières et fut transformé en baudet (je mets un lien en bas de l’article pour ceux ou celles qui voudront lire le conte en entier et d’autres contes catalans[1]). Nous trouvons notamment l’exemple de la légende qui forme les quatre barres du drapeau de la Catalogne. Mais parmi les légendes fondatrices de la Catalogne, deux mythes sont liés à la Vierge noire et à Guifré le Velu, fondateur de la dynastie des comtes de Catalogne. Ainsi lorsqu’on évoque les mythes fondateurs de la Catalogne, l’on se rend compte qu’ils sont construits autour de la religion et de l’identité catalane. Cependant et autour justement de la Vierge noire et de l’honneur de la chevalerie, nous arrivons au personnage mythique d’un prince allemand Otger Catao. Bien sûr comme tout mythe ou légende celle-ci est contestée notamment par les factions proches d’idéologies conservatrices, mais admise toutefois par une partie importante de la population locale.

La légende raconte qu’Otger Golant ou Catalo pour les Catalans aurait été le seul survivant d’une attaque des Maures vers 756. Grièvement blessé, il fut traîné jusqu’à une grotte par son chien qui le guérit (on retrouve un chien au collier d’or dans les armoiries d’Otger Catalo). Une fois les forces récupérées, il convoqua neuf chevaliers catalans afin de combattre à ses côtés les Maures. La légende intervient ici. Car, il est mentionné dans l’histoire que les neufs chevaliers qui déposèrent leurs épées devant l’autel de la Vierge noire et jurèrent de débarrasser la terre sainte et la rendre aux chrétiens, soit les barons de la Farma se trouvent des seigneurs ; Cervelló, Erill, Ribelles, Montcada, Cervera, Pinós, Anglesola, Alemany et Mataplana et avec Otger Catalò qui ont vécu à des époques différentes parfois même avec un décalage de deux siècles. Ces chevaliers du nombre de neufs, et de dix avec Otger Catalo. Ce chiffre de neuf va se retrouver au cœur même dans la construction de la Catalogne, divisée en neuf comptés puis en neuf communautés religieuses.

Ces barons étaient les plus audacieuses de la terre catalane, souvent représentés autour d’un cercle avec Otger au milieu et les épées brandies, jurant dévouement à la Vierge noire, Notre-Dame de Montgrony. Otger_cataló

À sa mort Otger aurait remis son épée qu’il tenait lui aussi du cavalier Saint-Jordi au grand-père de Guillem qui aura la charge de la transmettre à un chevalier capable de défendre la patrie si elle se trouve menacée de nouveau par les Maures. Devenu moine Saint-Guillem garda l’épée et un jour que les Maures attaquèrent de nouveau le pays, la cloche de l’ermitage de Saint-Guillem-de Combret[2] sonna si fort toute seule qu’on l’entendit dans toutes les Pyrénées.

Otger Catalò aurait eu une lignée dont les membres vivants porteraient les noms de famille : Catalan (en Allemagne et en Espagne), Catalò (en Espagne et au Portugal) et Cathala (en France).

[1] http://pyreneescatalanes.free.fr/Decouvrir/Legendes.php

http://www.crdp-montpellier.fr/produits/ultreia/pdf/Ultreia-legendes.pdf

http://www.soysanador.com/archivos/catalunya1-un.debate-a-ciegas.html#.Vqj_NirhDIU

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Ermitage_Saint-Guillem_de_Combret

2 réflexions sur « La légende d’Otger Catalò ou le mythe fondateur d’un peuple. »

  1. Article très intéressant. J’aime beaucoup ce genre de petites anecdotes et légendes qui, mine de rien, nous permettent d’en apprendre davantage et de retenir certains faits historiques ou géographiques plus facilement.

  2. Merci pour ce texte. Les légendes font du bien, elles nourrissent notre imaginaire. Cela, je crois, est tonique pour l’esprit.
    À mon avis les mythes et légendes des différents pays, dans leur essence, sont empreints d’une grande vérité en cela qu’ils sont des révélateurs du caractère distinct du peuple et de la terre d’où ils émanent. Puis au deuxième regard, celui que l’on pose au travers un grand angulaire, on se rend compte qu’à certains égards ces histoires sont universelles, elles nous rejoignent tous.
    Les mythes et légendes seraient, somme toute, les magnifiques motifs d’une immense courtepointe. Il faut les conserver et les partager.

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