Archives de catégorie : histoire

Le début du XXe siècle et le chemin vers la standardisation du catalan

Le tournant du XXe siècle a vu grandir en Catalogne un mouvement de revendication identitaire, et c’est tout naturellement par la langue que s’est exprimée principalement cette première grande phase de ce qui deviendra rapidement le catalanisme politique.

Cependant, cette langue, perçue comme vecteur d’un futur mouvement de masse d’identification à la culture catalane, formait, en dépit du nombre de locuteurs, une sorte de géant au pied d’argile. En effet, le catalan n’était pas encore une langue standardisée, et nul besoin de s’étendre sur le sujet pour comprendre comment cette dure réalité menaçait de tuer dans l’œuf les balbutiements du catalanisme politique.

Une standardisation du catalan s’imposait, mais deux mouvements eux, s’opposaient: d’un côté, les partisans d’une langue traditionnelle, fortement castillanisée et se basant beaucoup sur l’espagnol pour pallier les lacunes du vocabulaire à l’époque plus ou moins riche selon les domaines; de l’autre, des fervents défenseurs d’une sorte de démocratisation de la langue catalane, aux standards basés sur la langue parlée, avec des compromis pour y représenter les variantes régionales jusqu’à une certain point.

Finalement, les « traditionnaliste » ne sont pas parvenu à maintenir en vie leur projet d’une langue basée sur celle de la littérature, entre autres à cause d’un manque de diffusion de leur variante, souvent restreinte à des publications dans des domaines réservés à certains érudits, en littérature principalement. À cet égard, les Jocs florals étaient associés d’ailleurs à ce mouvement.

Emblème des Jeux floraux au XIXe siècle

C’est donc une forme de démocratisation qui s’est effectuée jusque dans les années 1930 en Catalogne, et plus tard dans les autres pays catalans, à une échelle moins importante toutefois. Avec des institutions dont l’Institut d’Estudis Catalans, la langue catalane s’est vue standardisée sur les plans de l’usage, de la grammaire, de l’orthographe et du vocabulaire, ce qui a grandement outillé le mouvement identitaire catalan, qui est parvenu à implanté une langue « achevée », pour ainsi dire, dans le système scolaire de la Deuxième République espagnole, soit de 1931 à 1936.

Logo de l’Institut d’Estudis Catalans

 

Pompeu Fabra, « père » du catalan moderne.

En bref, le premier tier du siècle représente une période clef pour la langue catalane, et il est clair que sans celle-ci, la diffusion de la culture et de la langue en Catalogne serait tout autre… pour ne pas dire, presque inexistante!

Sources :

http://www.laviedesidees.fr/Catalanisme-histoire-d-un-concept.html

http://www.academia.edu/4020822/Approche_à_une_comparaison_historique_entre_le_cas_catalan_et_le_norvégien_une_étude_de_cas_dans_la_standardologie

Images :

http://www.bnc.cat/var/bnc_site/storage/images/visita-ns/exposicions/la-primera-victoria-de-la-renaixenca.-150e-aniversari-de-la-restauracio-dels-jocs-florals-de-barcelona-1859-2009/6911-1-cat-ES/La-primera-victoria-de-la-Renaixenca.-150e-aniversari-de-la-restauracio-dels-Jocs-Florals-de-Barcelona-1859-2009_large.gif

http://locampusdiari.com/wp-content/uploads/2016/10/IEC_DosJunts_COLOR.jpg

http://blocs.xtec.cat/pompeu/files/2009/02/pompeu-fabra.jpg

L’Homme de Tautavel

Située à 27 km de Perpignan dans la région des Pyrénées orientales, la ville de Tautavel est maintenant un lieu touristique connu. C’est en en 1971 que l’archéologue Henry de Lumley et son équipe, suite à sept années de fouilles, découvre dans la grotte de l’Arago, un crâne humain daté de 450 000 ans. C’est pourquoi il sera nommé l’homme de Tautavel en prenant le nom de la ville.

Il y a une division au sein des chercheurs quant à la classification des ossements trouvés. Certains prétendent que le crâne appartient à la catégorie d’Homo erectus européens, alors que d’autres le classe avec l’espèce Homo heidelbergensis. Suite aux fouilles archéologiques, ce sont des fragments d’ossements d’environ 70 individus différents qui sont trouvés et classifiés. La manifestation physique la plus ancienne est une dent datant de 550 000 ans. C’est pourquoi il est difficile de classer spécifiquement le crâne du spécimen d’Arago 21.

La grotte de l’Arago détient beaucoup d’informations sur notre passé biologique et culturel, puisqu’elle fut l’objet de différentes périodes d’occupation qui ont laissé des traces quant au mode de vie des occupants. Grâce aux traces de pollens et des plantes recueillies, il est possible de d’imaginer concrètement la végétation de l’époque.

Le Musée de Préhistoire de Tautavel, inauguré en 1992, offre un aperçu de l’ensemble des découvertes sur le plus vieil homme retrouvé en sol français dans un parcours très intéressant d’une durée d’environ 1h30. Grâce à des reconstructions grandeur nature, il est facile de s’immerger dans l’environnement et le quotidien de cet homme préhistorique.

Les types d’outils retrouvés dans la grotte datent de l’industrie lithique. Il était fabriqué à l’aide d’éclats de pierre qui prenaient des formes différentes en fonction de leur utilisation. Grâce à eux, nous pouvons savoir qu’ils étaient de bons chasseurs. Certaines traces retrouvées laissent par ailleurs supposer un comportement de forme anthropophagique.

http://www.tautavel.com/articles-5/99-168-le-musee-de-prehistoire-de-tautavel/

http://www.hominides.com/html/lieux/musee-prehistoire-tautavel.php

«Maulets» : Les jeunes indépendantistes!

Si je vous parle du terme « Maulet » , ça ne vous dit surement pas grand-chose.

Si par contre je vous parle de la guerre de succession entre Philippe V et Charles d’Autriche au début du XVIIIe siècle… vous êtes sûrement plus connaisseur. C’est pourtant cette guerre qui est à l’origine du terme. En effet, « Maulet » à un groupe armé composé principalement de paysans d’origine Valencienne pour contrer la noblesse qui prenait pour Philippe V.  De ces paysans alliers à Charles III, aussi des marchands qui avaient des relations commerciales avec les alliés du souverain, ont joints l’armée.« Maulet », qui signifie  « esclave » en arabe populaire était donc ces paysans qui expulsaient les plus importants nobles qui fraternisaient avec l’ennemi ( Philippe V) du pays valencien. Après la victoire des bourbons, les « Maulets », comme plusieurs autres partisans de Charles d’Autriche, ont été persécutés.

PS: ces  nobles traitres , ont les appelaient « botiflers » , restée expression catalane , comme vue en classe!

Le terme « Maulet » a été repris par une organisation politique indépendantiste  formée de jeunes en 1988. C’est plus précisément l’aile jeunesse d’une coalition de partis de gauche Catalunya Libre (catalogne libre). Dans une optique post-franquiste , l’intérêt de cette organisation était l’unification des territoires de la catalogne pour ensuite y faire l’indépendance. Elle fut très active dans les années 90 pour ses manifestations et ses frasques avec la police espagnole. Aussi dans les années 90 , des organisations de gauches armées dont Terra Lliure (l’équivalent un peu du Front de libération du Québec chez nous, mais multiplié par 10) ont entaché l’image du séparatisme de gauche en posant des gestes radicaux dont plusieurs attaques à la bombe. Une vaste opération policière pour arrêter ces débordements dirigés par nul autre que Baltasar Garzón ( magistrat très connu) va avoir pour effet l’arrestation de plusieurs terroristes politique. Les maulets vont prendre la peine de se dissocier de ses terroristes et sont d’ailleurs les seuls de leur coalition de gauche à échapper à « l’opération Garzòn ».

Vers la fin des années 90 , l’organisation des maulets était très présente dans les manifestations altermondialistes et anti-capitalistes, entre autres. Certaines divisions internes ont fait cependant quitter certains membres au cours de ces mêmes années, mais le noyau de ce mouvement a survécu à cette décennie difficile.

De 2000 à 2008 , les maulets vont créer une offensive indépendantiste en faisant la promotion d’une identité territoriale. Ils vont faire campagne sur le fait que les Catalans n’ont pas le dernier mot quant à leur indépendance territoriale et énergétique face à l’Espagne. ( plusieurs interventions dans le domaine agricole, nucléaire et  hydrologique,entre autres). De plus, ils ont fait plusieurs interventions au sein de mouvements étudiants et syndicalistes. En 2008, plusieurs événements ont été réalisés pour souligner le vingtième anniversaire du mouvement et même la réalisation d’un DVD expliquant l’histoire du mouvement ainsi que le témoignage de plusieurs de ses membres( titre:« Maulets: 20 anys en lluita»).

De 2007 à 2012 commence un processus d’unification entre deux groupes de gauches indépendantistes jeunesse soit les maulets et le CAJEI (coordonnateur des jeunes de gauche indépendantistes). La nouvelle organisation qui s’appellera «Arran» aura comme cheval de bataille l’indépendance de la catalogne, le socialisme et le féminisme.

Voici le site web du mouvement Arran : http://arran.cat/

Voici un extrait du DVD sur les maulets :

 

 

 

 

 

Les origines de la Sardane : Une danse et une identité

Il faut apparemment remonter au XVe siècle avant Jésus-Christ pour retrouver les origines de cette danse. Elle est liée à la déesse Cérès, de l’agriculture, des moissons et de la fécondité. Cette danse exécutée par les Crétois, puis les Étrusques, les Hellènes et finalement les Grecs l’ont importée dans les Pyrénées orientales. Les historiens estiment que la danse crétoise était connue des Étrusques avant les Grecs. Or à cette époque les Étrusques et Saradan étaient membres d’une même ethnie à l’origine. Ainsi plusieurs historiens de l’antiquité évoquent cette danse nous citerons parmi-eux :

Hésiode, le poète grec qui faisait allusion aux anciennes danses lydiennes au VIIe siècle avant notre ère. « J’invoque Hippa, nourrice de Bakkhos, qui célèbre les mystères sacrés de l’illustre Sabos par des danses nocturnes, aux lueurs du feu, et par des hurlements horribles. Entends mes prières, mère terrestre, ô, Reine ! Soit que tu hantes, en Phrygie, la sainte montagne de l’Ida, soit que tu te réjouisses sur le Tmôlos, lieu cher aux danses lydiennes, vient, joyeuse, aux mystères sacrés [1]».

Strabon, le géographe[2] grec situe cette danse dans la région de la Cerdagne au premier siècle, lorsque les Sordons ou les Sordes s’étaient regroupés dans les massifs montagneux poussés par les Romains qui avaient récupéré les bonnes terres cultivables de la plaine. Il cite cette danse en rond en tant que danse d’offrande à la lune, pratiquée par les Ibères qui occupaient la partie occidentale du littoral roussillonnais.

Le Livre vermeil de Montserrat[3] qui désigne des rondes de danses en cercles, où l’on se donne la main « ball a redon » en catalan.

Ainsi les historiens pensent que la danse en cercle, appelé sardane aurait pu être inspirée notamment des danses berbères vu que les Sardan ont séjourné au moins deux siècles en Afrique du Nord avant d’immigrer aux alentours de l’an -1000 en Europe. Cette danse en cercle a été introduite dans les Pyrénées orientales par les Sardons eux-mêmes bien avant que les Phocéens de Massalia et Alalia (autrement les Grecs) qui fondent le comptoir d’Ampurias vers -580.

Cependant, certains pensent que l’ancêtre de la Sardane est le contrepâs, dansé par les Catalans avec les pas courts et les pas longs de l’actuelle sardane. La plupart des contrepas s’enchaînaient avec une sardane courte. Le Contrepàs était dansé notamment dans la région du Vallespir toujours sous forme de ronde était accompagné par quatre musiciens. La sardane actuelle descend de cette sardane courte dont elle ne se différencie que par l’augmentation du nombre des mesures et la présence d’un plus grand nombre d’instruments dans la cobla[4].

La sardane actuelle est née, au milieu du xixe siècle, sous l’impulsion d’un musicien de Figueres nommé Pep Ventura qui reforme la sardane et la cobla pour lui donner son amplitude actuelle, mais aussi avec le concours du chorégraphe de Toroella de Montgri et Miquel Pardas.

La Sardane au-delà d’une danse folklorique et populaire est une danse collective, soutenue par une mélodie jouée souvent par une fanfare. La Sardane appartient à l’identité de tout un peuple. Les Catalans.

 

[1]Hésiode, cité par Leconte de Lisle in https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Leconte_de_Lisle_-_H%C3%A9siode.djvu/124

[2] Né à Amasée dans le Pont (actuelle Amasya en Turquie) vers 64 av. J.-C. mort entre 21 et 25 apr. J.-C.

[3] Le Livre Vermeil de Montserrat est une collection de manuscrits de la fin du xive siècle, conservés au monastère de Montserrat en Catalogne. Il tient son nom de la reliure en velours rouge, réalisée au xixe siècle.

[4] La cobla est un ensemble instrumental catalan avec onze à treize musiciens qui utilisent des instruments de musiques comme le flabiol avec tambourin, trompette, trambone ou contrebasse.

La cobla est essentiellement destinée à l’interprétation de la sardane, mais peut accompagner d’autres danses et peut aussi donner des concerts dans différents styles musicaux, autres que la sardane.

sources :

http://andresordes.e-monsite.com/pages/origine-de-la-sardane.html

http://pyreneescatalanes.free.fr/Decouvrir/Traditions/Sardanes.

php

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/

https://www.youtube.com/watch?v=kgIAtq92BGEhttp://www.ille-sur-tet.com/index.php/tradition/la-sardane

La légende d’Otger Catalò ou le mythe fondateur d’un peuple.

Comme tous les pays, l’on s’attache aux mythes fondateurs des villes et des peuples, récits oraux et légendes s’entremêlent souvent et donnent au fil du temps de très belles fables ou le mythe prend place.

Ainsi pour la Catalogne, plusieurs récits mythiques racontent l’origine des montagnes, la découverte de la vierge noire ou celui du compte Arnau qui paraît il avait un pied sur terre et l’autre en enfer. Nous retrouvons également des contes célèbres comme celui de Peau d’âne, mais très différent de celui que nous connaissons, car le malheureux héros ici est un jouvenceau qui voulait surprendre de vilaines sorcières et fut transformé en baudet (je mets un lien en bas de l’article pour ceux ou celles qui voudront lire le conte en entier et d’autres contes catalans[1]). Nous trouvons notamment l’exemple de la légende qui forme les quatre barres du drapeau de la Catalogne. Mais parmi les légendes fondatrices de la Catalogne, deux mythes sont liés à la Vierge noire et à Guifré le Velu, fondateur de la dynastie des comtes de Catalogne. Ainsi lorsqu’on évoque les mythes fondateurs de la Catalogne, l’on se rend compte qu’ils sont construits autour de la religion et de l’identité catalane. Cependant et autour justement de la Vierge noire et de l’honneur de la chevalerie, nous arrivons au personnage mythique d’un prince allemand Otger Catao. Bien sûr comme tout mythe ou légende celle-ci est contestée notamment par les factions proches d’idéologies conservatrices, mais admise toutefois par une partie importante de la population locale.

La légende raconte qu’Otger Golant ou Catalo pour les Catalans aurait été le seul survivant d’une attaque des Maures vers 756. Grièvement blessé, il fut traîné jusqu’à une grotte par son chien qui le guérit (on retrouve un chien au collier d’or dans les armoiries d’Otger Catalo). Une fois les forces récupérées, il convoqua neuf chevaliers catalans afin de combattre à ses côtés les Maures. La légende intervient ici. Car, il est mentionné dans l’histoire que les neufs chevaliers qui déposèrent leurs épées devant l’autel de la Vierge noire et jurèrent de débarrasser la terre sainte et la rendre aux chrétiens, soit les barons de la Farma se trouvent des seigneurs ; Cervelló, Erill, Ribelles, Montcada, Cervera, Pinós, Anglesola, Alemany et Mataplana et avec Otger Catalò qui ont vécu à des époques différentes parfois même avec un décalage de deux siècles. Ces chevaliers du nombre de neufs, et de dix avec Otger Catalo. Ce chiffre de neuf va se retrouver au cœur même dans la construction de la Catalogne, divisée en neuf comptés puis en neuf communautés religieuses.

Ces barons étaient les plus audacieuses de la terre catalane, souvent représentés autour d’un cercle avec Otger au milieu et les épées brandies, jurant dévouement à la Vierge noire, Notre-Dame de Montgrony. Otger_cataló

À sa mort Otger aurait remis son épée qu’il tenait lui aussi du cavalier Saint-Jordi au grand-père de Guillem qui aura la charge de la transmettre à un chevalier capable de défendre la patrie si elle se trouve menacée de nouveau par les Maures. Devenu moine Saint-Guillem garda l’épée et un jour que les Maures attaquèrent de nouveau le pays, la cloche de l’ermitage de Saint-Guillem-de Combret[2] sonna si fort toute seule qu’on l’entendit dans toutes les Pyrénées.

Otger Catalò aurait eu une lignée dont les membres vivants porteraient les noms de famille : Catalan (en Allemagne et en Espagne), Catalò (en Espagne et au Portugal) et Cathala (en France).

[1] http://pyreneescatalanes.free.fr/Decouvrir/Legendes.php

http://www.crdp-montpellier.fr/produits/ultreia/pdf/Ultreia-legendes.pdf

http://www.soysanador.com/archivos/catalunya1-un.debate-a-ciegas.html#.Vqj_NirhDIU

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Ermitage_Saint-Guillem_de_Combret

Le dernier exécuté

Salvador_Puig_Antich

C’est en 1974 que se produisit la dernière condamnation à mort en sol espagnol. L’exécuté en question fut Salvador Puig Antich, un militant antifranquiste et anticapitaliste catalan. Celui-ci a exercé ses activités au sein du groupe anarchiste intitulé le Mouvement Ibérique de Libération (MIL).

 Pris dans une embuscade

 Pour financer l’insurrection antifranquiste et la propagation des idéaux anarchistes, le MIL avait recours à plusieurs méthodes qui, bien qu’elles fussent plutôt hétérodoxes, concordaient avec lesdits idéaux anarchistes. Parmi celles-ci figurent les vols de banques auxquels Salvador Antich Puig a participé à quelques reprises.

Or, suite à de nombreux vols effectués avec succès, le MIL tomba sous la mire du régime franquiste. Pour contrecarrer cette organisation, la police franquiste a mis au point une embuscade visant à arrêter certains de ses membres. Cette opération ne s’est pas déroulée comme prévu et s’est terminée par un échange de coups de feu entre les policiers espagnols et les militants du MIL.

Cet échange de coups de feux a causé la mort d’un policier espagnol et à l’arrestation de Puig Antich. Bien que la police espagnole n’ait aucune preuve de sa culpabilité, il fut accusé du meurtre du policier et condamné à mort.

Un martyr malgré lui

La mise à mort de Salvador Antich Puig, en 1974, visait davantage à asseoir la légitimité du régime en place que de trouver un réel coupable. Ainsi, le jeune militant est devenu un symbole de la contestation antifranquiste malgré lui dans une Espagne aux prises avec près de quarante ans de dictature.

Pour les intéressés, voici la bande-annonce du film sur sa vie.

https://www.youtube.com/watch?v=bmMxcszQiCA

Sources

http://en.wikipedia.org/wiki/Salvador_Puig_Antich

http://www.independent.co.uk/news/world/europe/spain-seeks-justice-for-final-victim-of-ailing-francos-garrotte-415202.html

MUHBA : Refugi 307

 

307

Refugi 307 est un refuge, situé dans le quartier Poble Sec, qui a servi pendant la Guerre Civile espagnole  (1936-1939) à protéger les citoyens des bombardements aériens. Il est possible d’en faire la visite guidée (disponible en catalan, castillan et anglais) d’environ une heure, une heure et demie, tous les dimanches sous réservation.

Expérience intense en émotions qui vous mènera au travers 400 mètres de tunnels et vous pourrez, grâce à votre guide et les réactions, questions et commentaires du groupe découvrir  les conditions de vie dans le refuge (conseil/avertissement : si vous choisissez la visite en catalan, la probabilité d’avoir des visiteurs ayant vécu une telle expérience augmente, ce qui rend la visite beaucoup plus émotive).  Il y avait des toilettes, une aire de jeux pour enfants, de l’électricité, une infirmerie, et d’autres installations qui vous seront expliquées tout au long de votre parcours.

Les refuges de la sorte on été construits suite à un décret de Lluis Companys: La Junta de Defensa Passiva de Catalunya et qui avait pour but de trouver des moyens de protéger la population en trouvant, entre autres, pour celle-ci des moyens pour que les citoyens s’organisent tout en gardant des conditions de vies sécuritaires et salubres . Refugi 307 a été creusé et construit dans la montagne (Montjuïc) en 1937 par des habitants du quartier.

En 2011, Refugi 307 a été le lieu d’un théâtre expérimental: Subterraniès, sobreviure entre bombes.

Le coût de la visite est de 3,40  euros ou alors est inclus si vous achetez le billet combiné au coût de 7 euros à la MUHBA Plaça Del Rei, donnant accès à la visite des centres MUHBA (Musées d’Histoire de Barcelone).

Bonne visite!

Sources:

MUHBA  http://www.museuhistoria.bcn.cat/ca

Subterraniès (avec vidéo sur l’évènement)   http://barcelonacultura.bcn.cat/descobreix/subterranies,-sobreviure-entre-bombes,-al-refugi-307#.VS1ygPmG8vk

Pour en savoir plus sur les refuges anti-aériens de la Guerre Civile espagnole de 1936-1939  http://ca.wikipedia.org/wiki/Refugis_antiaeris_de_la_Guerra_Civil_a_Barcelona

La ”Renaixença” musicale

Nous avons abordé en classe le mouvement de renaissance culturelle que connaît la Catalogne  au XIXe. Ce phénomène est aussi présent dans le domaine musical. Une figure importante émerge et propose la création d’un art musical national par excellence. La prémisse étant de composer cette musique en récupérant la grande tradition des maîtres de musique religieuse du Siècle d’Or, mais en incluant la musique du peuple, c’est-à-dire le folklore. Ce penseur n’est nul autre que Felipe Pedrell (1841-1922).
Au début des années 1890, il compose un opéra nationaliste ayant pour titre Els Pirineus (Les Pyrénées) sur un poème de Victor Balaguer auquel il adjoint un manifeste en castillan Por nuestra musica dans lequel il expose sa conception de la véritable musique espagnole savante. Il veut ainsi contrer les versions un peu trop caricaturales de l’espagnolisme bon marché qui font les gorges chaudes dans le reste de l’Europe. L’opéra Carmen de Bizet est justement un de ces stéréotypes qu’il pourfend.

Il institue donc une classe de composition à Barcelone ou il enseigne la composition aux plus grands compositeurs espagnols du XXe siècle: parmi ses élèves figurent Isaac Albéniz, Enrique Granados, Manuel de Falla, Frédéric Mompou et Roberto Gerhard. Malheureusement, les oeuvres du maître catalan sont tombées dans l’oubli et ne sont plus jouées de nos jours.

L’apport de Pedrell aura tout de même contribué à la création d’une École musicale nationale, capable de rivaliser avec les autres nationalismes musicaux en essor en Europe, notamment en Russie, en Norvège et dans les Balkans.

Tarragone, héritage culturel

Autrefois appelée Tarraco, elle fut conquise par les Ibères puis par les Romains. Elle devint la capitale de Tarraconaise, province romaine. Prospère, elle fut une des villes les plus importantes de l’Hispanie. Sous l’Empire romain, on y effectua un aménagement territorial en créant de nouvelles cités et un réseau de communication. Tarraco était reconnue pour ses productions agricoles, plus particulièrement, le vin. Pour les Romains, l’actuelle Tarragone fut une ville considérable tant sur le plan administratif qu’économique.

 Longeant la Méditerranée au Sud de la Catalogne, Tarragone est une ville qui séduit par sa richesse historique et son patrimoine artistique. Elle est d’ailleurs inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000. On peut y retrouver plusieurs centres de loisirs et de nombreux monuments à caractère historique. L’ensemble archéologique de la ville compte quatorze monuments romains dont les murs, le cirque, l’amphithéâtre, l’aqueduc et l’arc de triomphe de Berá.

El arco de Bara

Encore aujourd’hui, il est possible d’observer la grandeur de l’ancienne cité romaine. En plus des structures et des artéfacts archéologiques que l’on peut visiter, Tarragone permet aux touristes une immersion d’une journée dans l’Antiquité. Effectivement, un retour dans le passé est enfin possible ! À travers des spectacles de reconstitutions historiques et des activités de jeux de rôles, les visiteurs comprennent mieux la vie d’un habitant de la ville il y a plus de 2000 ans.

Sources:

http://whc.unesco.org/fr/list/875/

http://www.tarragonaturisme.cat/fr/histoire-vivante

http://www.gencat.cat/culturcat/portal/site/culturacatalana/menuitem.be2bc4cc4c5aec88f94a9710b0c0e1a0/fr_FR/indexc22b.html?vgnextoid=2aeeef2126896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextchannel=2aeeef2126896210VgnVCM1000000b0c1e0aRCRD&vgnextfmt=detall2&contentid=5f6c110e279d7210VgnVCM1000008d0c1e0aRCRD&newLang=fr_FR