Isabel Coixet

 

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Source de l’image: http://confidencialcolombia.com/es/1/2001/15435/Isabel-Coixet.htm

 

Isabel Coixet est une réalisatrice catalane née à Barcelone en 1962 qui, depuis son plus jeune âge, est fascinée par le cinéma. D’ailleurs, après des études en histoire, elle finit  par écrire son mémoire sur le cinéma.  En sortant de l’université, Isabel Coixet ne perd pas cette passion pour le 7e art et elle devient rédactrice pour la revue Fotogramas.

Elle réalise son premier court-métrage, Mira y verás, en 1984 et se démarque au Festival de Cine de Alcalá de Henares. Parallèlement, Coixet oeuvre aussi dans le domaine de la publicité. D’ailleurs, depuis l’année 2000, elle possède sa propre compagnie de production, Miss Wasabi.

C’est en 1989 que sa carrière au cinéma prend véritablement son envol avec le film Demasiado viejo para morir joven qui lui vaut d’être en nomination aux Premios Goya – prix décernés par l’Academia de las artes y las ciencias cinematográficas de España – pour meilleure nouvelle réalisatrice. En 1996, elle réalise Cosas que nunca te dije, une coproduction Espagne/États-Unis, qui est en nomination pour meilleur scénario original aux Goya. Deux ans plus tard, Coixet réalise une autre coproduction avec la France cette fois: A los que aman. L’action du film se déroule en Espagne au XVIIIème siècle.

En 2003, Isabel Coixet connaît un succès international avec Mi vida sin mí. Elle remporte le Goya du meilleur scénario adapté et est en nomination pour meilleure réalisation. Mi vida sin mí est aussi sélectionné à la Berlinale, le festival international du film de Berlin. Il lui vaut en plus le prix catalan Butaca du meilleur film et le Premio Nacional de Cine de Cataluña. La même année, Isabel Coixet réalise  le documentaire Viaje al corazón de la tortura.

En 2004, elle participe au projet collectif de courts-métrages ¡Hay motivo!. Puis, en 2005, Coixet s’illustre encore une fois avec son film La vida secreta de las palabras. Elle se mérite, entre autres, le Goya du meilleur film, de la meilleure réalisation et du meilleur scénario ainsi que le Butaca du meilleur film. En 2006, elle participe de nouveau à un projet collectif, Paris, je t’aime, avec des réalisateurs de renom comme les frères Coen, Gus Van Sant et Alfonso Cuarón.

La réalisatrice se tourne ensuite vers le documentaire et participe, en 2007, au projet Invisibles produit par Javier Bardem qui remporte le Goya du meilleur documentaire. En 2008, Coixet adapte un livre de Philip Roth à l’écran et se démarque encore une fois en étant en compétition à la Berlinale.

En 2009, elle travaille sur un autre documentaire, La mujer es cosa de hombres, et tourne un film en Espagne et au Japon: Mapa de los sonidos de Tokio. Ce long-métrage met en vedette un acteur catalan, Sergi López, et il est sélectionné à Cannes. Il est aussi en compétition pour représenter l’Espagne aux Oscars 2009.

Depuis 2010, Isabel Coixet a realisé le court-métrage Aral. El mar perdido (2010), les documentaires Escuchando al juez Garzón (2011) -qui gagne le Goya du meilleur documentaire – et Marea blanca (2012), ainsi que les films Ayer no termina nunca (2013), Mi otro yo (2014) et Learning to Drive (2014) sélectionné au festival international de Toronto. Son plus récent projet, Nadie quiere la noche est en compétition pour neuf Goya 2016 dont meilleur film et meilleure réalisation.

Dans ses oeuvres, Isabel Coixet aborde souvent des sujets sociaux et  universels comme la jeunesse, la détresse, l’amour ou la solitude. Il est possible de lire une étude de ses films écrite par Isabelle Steffen-Prat (Université Lille III) ici; on y traite principalement des thèmes de l’ici et de l’ailleurs.

Parallèlement à sa carrière de cinéaste, la réalisatrice s’implique dans des mouvements comme celui des Indignés. Elle utilise aussi la place publique pour prendre position contre l’indépendance catalane dans des articles et des entrevues.

 

Sources

Vers l’indépendance de la Catalogne

Marche à Barcelone en 2010
Marche à Barcelone en 2010

Le Parlement catalan a adopté le 9 novembre 2015 une résolution pour relancer l’indépendance de la Catalogne et la création d’une République indépendante de l’Espagne. L’échéancier de ce processus est prévu pour l’année 2017. Au cours de cette année, probablement l’Europe se verra augmenter d’un nouvel État au regard des dernières élections du 27 septembre 2015 qui a permis aux deux partis favorables à l’indépendance de la Catalogne d’avoir plus que la majorité des sièges au parlement régional.

Pour comprendre le cheminement de cette idée d’indépendance et son ancrage dans l’esprit des Catalans, il faut remonter le temps et s’arrêter un instant sur le pourquoi et le comment du sursaut nationaliste catalan. Les Catalans partent du principe que le catalan est une nation souveraine au regard de son histoire, de sa culture, sa langue propre, son identité, ses coutumes. Ils estiment qu’ils sont étouffés sous le régime espagnol et qu’ils ne peuvent pas se développer sur aucun plan économique ou culturel. Il faut rappeler le lourd tribut de ce peuple comme se défaire de sa langue et culture à coup de décrets tels que Decrets de Nueve Planta signé par Philipe V qui interdisent la pratique de la langue catalane dans l’administration et la suppression des institutions catalanes.

Le premier parti indépendantiste catalan est né en 1922 par Francec Macià qui se choisit la voix insurrectionnelle pour aboutir à son but, ce qui échoue. Lors de la proclamation de la Seconde République espagnole en 1931, Macià renonce à l’idée d’une république catalane et opte pour un gouvernement catalan surnommé le Generalitat qui voit le jour en 1932. Ce gouvernement est étouffé sous Franco et il faut attendre 1977 pour le voir rétabli et approuver en 2005 par le parlement catalan. Mais il faut attendre 2010 pour voir réellement une prise de conscience de l’identité catalane. C’est cette année-là que le texte élargissant l’autonomie de la région et reconnaissant l’existence de la « nation » catalane est rejeté par le tribunal constitutionnel à Madrid. Un million de personnes descend dans la rue et défile à Barcelone, depuis le nationalisme s’est accru.

Et les revendications plus que jamais mieux abouties il est question désormais de l’indépendance de la Catalane et de l’union même des pays catalans qui engloberait le Roussillon, la Cerdagne, la Frange d’Aragon, les Îles baléares, la Principauté d’Andorre entre autres. 2017 sera donc une année décisive pour les Catalans.

 

Sources :