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Un souper à la catalane

Le mercredi 16 octobre dernier, je suis allée souper chez Bo’Dégat, un petit restaurant espagnol. Situé sur Beaubien dans Rosemont-La-Petite-Patrie, Bo’Dégat est un restaurant de tapas plutôt nouveau. Au moment où on entre dans ce restaurant, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un endroit plutôt moderne. La décoration est très moderne, mais rappelle tout-de-même l’Espagne. On retrouve beaucoup de bois ainsi que de jaune à travers la pièce. De plus, on retrouve quelques cadres où on peut apercevoir des affiches d’anciens films espagnols et même français. En un mot, je décrirais cet endroit comme étant chaleureux. 

Aussitôt rentrées dans le restaurant, la propriétaire, Carmen Martinez, est venu nous accueillir ma mère et moi. Dès notre arrivée, elle était très souriante; une très bonne hôtesse. Comme il s’agissait de notre première visite chez Bo’Dégat, elle nous a recommandé quelques tapas en particulier. Étant végétariennes, les options étaient moyennement limitées. Elle nous a donc même offert des changements à quelques de ses plats typiques. Carmen expliquait que la grande majorité de ses tapas étaient typiques à la Catalogne. D’ailleurs, elle-même vient de la Catalogne. En attendant notre repas, elle discutait avec nous. Étant de la Catalogne moi-même, on abordait différentes villes d’où venaient nos familles respectives. Carmen avait des éléments bien intéressants à dire sur cette région. Elle a certainement rendu notre souper une expérience unique.

L’ambiance, en général, était parfaite. On entendait de la musique parfois espagnole, parfois catalane. Ce n’était ni trop fort, ni trop faible; juste parfait pour pouvoir l’entendre tout en discutant et pouvoir s’entendre. Comme il s’agit d’un petit restaurant, il y avait seulement deux autres clients. Cela était tout simplement idéal, pour nous, mais aussi pour la propriétaire, qui était la seule employée, à part le chef cuisinier. À première vue, on peut croire qu’il s’agit d’un restaurant chic, mais au contraire, c’était plutôt décontracté, ce qui a rendu notre expérience encore plus agréable. 

Les ”Croquetas de jamón”,la ”Tostada de escalivada con manchego y olvivada” et le ”Pa amb tomàquet”.

Venu le moment de commander, nous avons choisi quatre tapas différents à partager. Il s’agissait de la ‘’Tortilla española’’ (l’omelette espagnole), les croquettes de jambon, la ‘’Pa amb tomaquet’’ (pain grillé avec tomate râpée et huile d’olive) ainsi qu’une marinade de poivrons rouges et aubergines grillées avec fromage manchego sur un pain grillé. Les cannellonis d’épinards catalane à la sauce parmesan avaient l’air délicieux, mais malheureusement, il n’y en restait plus. Dès le moment où la serveuse arrivait avec nos plats, on pouvait déjà sentir la bonne odeur. Bien que le jambon ne soit pas ce que je préfère dans la vie de tous les jours, j’ai bien apprécié les croquettes. Elles étaient très croustillantes; parfaitement cuites. Par la suite est arrivé le pain grillé avec tomate et huile. Une autre portion a été commandée tellement c’était délicieux. Les tomates étaient vraiment fraîches. En ce qui la concerne la ‘’Tortilla española’’, en commençant à la manger, j’ai été plutôt surprise. Elle était bien différente de celles que j’ai toujours mangées en Espagne. Elle était différente, mais tout-de-même très bonne. Finalement est venu le moment de gouter à la marinade de poivrons rouges et d’aubergines. Je n’ai jamais particulièrement aimé les aubergines. J’ai tout-de-même décidé d’y gouter. Heureusement, c’était délicieux. Nous avons vraiment apprécié notre premier repas espagnol à Montréal. 

Autant l’ambiance, la nourriture et le service sont de très bonnes raisons pour revenir à ce restaurant qui transformé mon mercredi plutôt ennuyeux à une merveilleuse soirée en bonne compagnie. 

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Source:

BO’DÉGAT: Tapas et vins. Repéré à https://bodegat.com

 

Le Régime Méditerranéen, patrimoine immatériel de l’Humanité

“Nous ne nous asseyons pas à la table pour manger, mais pour manger ensemble. » disait Plutarque au Ier siècle après J.-C., et il n’y aurait meilleure façon de décrire, sommairement, le Régime Méditerranéenne.Alors qu’au XXIème siècle, un nouveau régime fait son apparition chaque mois sur les comptes instagram, le régime méditerranéen a su non seulement résister aux tendances des magazines santé, mais il s’est également mérité une place permanente dans la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO. Et pourquoi ? Outre ses grands bénéfices pour la santé, il est aussi le fruit d’un partage international unique au monde.


Le Bassin Méditerranéen compte, à lui-seul, 21 pays sur tout son littoral, ayant tous leurs traditions culinaires ; or c’est le fait d’avoir cette zone géographique en commun qui a fait en sorte qu’un ensemble d’aliments, de coutumes, de méthodes et de valeurs soient partagés par ces différents peuples.


Si un ou plusieurs de ces éléments peuvent apparaître dans les traditions gastronomiques des pays du bassin, seulement 7 communautés, au sein de 7 pays, sont retenus par le classement de l’UNESCO comme représentantes du Régime : Agros en Chypre, les îles de Hvar et Brac en Croatie, Soria en Espagne, Coron en Grèce, Cilento en Italie, et Chefchaouen au Maroc. Malgré la distance géographique, ces pays sont liés par un patrimoine culturel commun qui comprend des techniques et des méthodes d’exploitation du territoire afin de subvenir aux besoins alimentaires de leur population, un climat similaire qui permet la culture d’aliments communs, et une série de valeurs et de traditions qui régissent ce système socio-économique.


Parmi ceux-là, l’on trouve quatre grands principes. Premièrement, le principe de Frugalité dresse une liste hiérarchisée d’aliments qui favorise la consommation de céréales, légumineuses, légumes, fruits et végétaux, véritable base de la pyramide alimentaire méditerranéenne. En contrepartie, il modère la consommation de volaille, poisson, produits laitiers et œufs, et limite les apports en viande rouge, charcuterie et sucreries. À cela, l’on rajoute l’Huile d’Olive et le Sel, deux grands piliers de la culture méditerranéenne, et l’on citerait également le vin, pour que soit complète la triade « pa vi i oli », comme diraient les Catalans.


Les trois autres principes régulent, quant à eux, l’exploitation du territoire pour obtenir ces mêmes ressources : le principe de Saisonnalité dicte la consommation de ces mêmes produits en fonction de cycles saisonniers ; celui de Diversité insiste sur la variété des aliments, et le principe d’approvisionnement local limite leurs origines au territoire habité.


De nombreuses études ont démontré que cette organisation alimentaire était optimale pour la santé, en ce qu’elle limitait les risques de maladies cardio-vasculaires liées au cholestérol, d’où la popularité du régime dans le monde de la santé. L’exercice physique est, bien entendu, à rajouter, mais l’on s’imagine que pour les chasseurs et agriculteurs de l’Antiquité, la question ne se posait même pas.


Finalement, ce système vit et survit au moyen de valeurs fondamentales, telles que l’Hospitalité, le Dialogue, la Solidarité, la Convivialité, la Continuité et la Transmission. Celles-ci ressortent dans chacune des étapes du régime, depuis l’exploitation, jusqu’à la transformation, la préparation, et surtout, la consommation des aliments. Alors que les marchés ouvrent un dialogue entre les membres de la communauté, les cuisinent permettent la transmission de ces savoirs, et les repas en famille assurent la convivialité des différents membres.


Si tous ces éléments sont présents dans la gastronomie des pays, fruit de ce mélange de « mar i muntanya », il est un plat, le plus emblématique de cette culture, qui serait à même de représenter également le Régime Méditerranéen : el pa amb tomaquet, ou, pain avec tomate, selon Manuel Vazquéz Montalbán, véritable « prodige de koiné culturelle qui matérialise la rencontre entre la culture européenne du blé, celle, américaine, de la tomate, l’huile d’olive méditerranéenne et le sel, ce même sel de la terre qui consacra la terre chrétienne. Et il apparaît que les catalans auraient inventé ce prodige alimentaire il y a moins de deux siècles, mais avec tant de conscience dans leur recherche qu’ils en ont fait une marque de leur identité, au même titre que la langue ou le lait maternel »1.
Et l’on peut s’imaginer que, comme le disait Plutarque, les Catalans mangent cela ensemble.

1. Traduction libre, tirée de : WIKIPEDIA. Pan con tomate. Mise à jour le 13 septembre 2019. [En ligne]. https://es.wikipedia.org/wiki/Pan_con_tomate [consulté le 9 octobre 2019]

UNESCO, Patrimoine Culturel Immatériel. La diète méditerranéenne. Mise à jour le X 2019. [En ligne]. https://ich.unesco.org/fr/RL/la-diete-mediterraneenne-00884 [consulté le 12 septembre 2019]

WIKIPÉDIA. Régime méditerranéen. Mis à jour le 14 septembre 2019. [En ligne]. https://ca.wikipedia.org/wiki/Dieta_mediterr%C3%A0nia [consulté le 03 octobre 2019]

VIQUIPÈDIA. Dièta mediterrània. Mis à jour le 3 octobre 2019. [En ligne]. https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gime_m%C3%A9diterran%C3%A9en [consulté le 03 octobre 2019]

SOS CUISINE. Les 7 grands principes de la diète méditerranéenne. Mis à jour le 23 juin 2014. [En ligne]. https://www.soscuisine.com/blog/les-7-grands-principes-de-la-diete-mediterraneenne/?lang=fr [consulté le 03 octobre 2019]